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Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin - Réactions

Gouvernement : chaque camp réclame des garanties de l’autre…

C'est une interprétation différente des résultats des élections qui est mise en avant par chacune des parties à la veille du début des tractations sérieuses autour de la formule du nouveau cabinet, même si tout le monde, majorité comme opposition, met en évidence la nécessité du principe du partenariat.
Dans une conférence de presse hier, l'ancien président Amine Gemayel a proclamé son soutien à Saad Hariri dans ses efforts pour former un gouvernement, estimant que les Kataëb avaient pleinement confiance qu'il ne ferait « pas de concessions sur les principes pour lesquels nous nous sommes battus et pour lesquels sont tombés les martyrs de la révolution du Cèdre ». Le président Gemayel a mis l'accent sur la nécessité de donner la priorité absolue au Liban, « dans le sens du pacte national, de la révolution du Cèdre et de l'accord de Taëf ». « Nous t'appelons à tenir bon, à ne pas avoir peur des obstacles et des conditions rédhibitoires, ou encore des messages directs qui circulent d'une région à l'autre. Si le message de Aïcha Bakkar est similaire à celui du 7 mai, il reste que le Liban a triomphé ce jour-là (...) », a indiqué M. Gemayel à l'adresse de M. Hariri. « L'essentiel, c'est de ne pas perdre le nord et de rester attaché aux constantes (...), c'est de prendre garde pour ne pas tomber dans le piège des paroles mielleuses comme celles qui ont précédé l'élection du président de la Chambre. Le résultat était le langage de la menace. Nous ne voulons pas la confrontation et les conditions rédhibitoires, mais le partenariat réel qui est la condition de la vie démocratique », a-t-il ajouté.
M. Gemayel a estimé que le nouveau cabinet devrait « recouvrer le prestige et l'autorité de l'État, c'est-à-dire le monopole de la violence légitime ». « Nous savons comment les armes circulent à l'intérieur (...) et d'où vient l'argent. Le rétablissement de l'autorité de l'État passe par la fin de la logique de la souveraineté partielle au détriment de la nation, d'autant qu'il existe des périmètres de sécurité où l'armée ne peut pénétrer », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Les Libanais ont besoin de garanties sur leur capacité à se déplacer d'une région à une autre partout, notamment sur les hauteurs de Ouyoun el-Simane ou à Jezzine. L'armée aussi a besoin de garanties que le drame du capitaine Samer Hanna ne se reproduira pas. »
De son côté, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui a reçu hier l'ambassadrice des États-Unis, Michelle Sison, a souhaité que le Hezbollah participe au nouveau cabinet, tout en ajoutant que la décision de la guerre et de la paix devait être aux mains du cabinet. « Nous n'accepterons rien d'autre. Toute autre partie qui prend cette décision hors du cabinet lie le peuple libanais à une décision qu'il refuse », a indiqué M. Geagea, estimant que le référendum sur la résistance avait bel et bien eu lieu le 7 juin, et que « les résultats du scrutin prouvent que la majorité du peuple libanais souhaite que la décision de la guerre et de la paix soit aux mains du gouvernement ».
Du côté de l'opposition, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a prôné hier le modèle du gouvernement d'entente formé après Doha, estimant qu'il était fort dangereux de retourner en arrière, c'est-à-dire à une formule qui ne prendrait pas en compte l'opposition. « Le partenariat suppose de l'ouverture, du positif, et une volonté de rencontrer l'autre et d'offrir des initiatives, surtout de la part de ceux qui ont la mission de former le cabinet », a-t-il indiqué. Même langage en faveur du « partenariat » chez tous les députés de l'opposition, ponctué cependant de demandes de garanties. À titre d'exemple, le député Hussein Moussaoui (Hezbollah) a estimé qu'il n'était plus question pour l'instant de tiers de blocage. « Si le partenariat est réalisé, cela est excellent ; sinon, nous sommes face à une crise dont nous ne sommes pas responsables. Ce qui s'est produit au Parlement lors de l'élection est une nouvelle preuve que les intentions ne sont pas saines. Nous avons besoin de garanties réelles pour que nous soyons, chrétiens et musulmans, opposants et loyalistes, coopératifs, loin de l'unilatéralisme et de l'hégémonie, face au danger sioniste et aux menaces qui guettent le Liban », a-t-il indiqué.
« Les élections n'ont rien changé sur la scène politique libanaise. Les Libanais en sont encore là où ils étaient (...). Si quelqu'un souhaite tirer des leçons selon lesquelles une partie ou un point de vue politique a triomphé, il a tort. L'opposition tend la main, mais l'initiative est dans le camp adverse. N'est-ce pas à lui de combler le fossé et de résoudre la crise de confiance ? » a affirmé enfin l'ancien député Ammar Moussaoui (Hezbollah), résumant parfaitement le statu quo marécageux dans lequel le pays est plongé, dans l'attente d'un cabinet qui devra venir à bout des angoisses des uns et des autres.
C'est une interprétation différente des résultats des élections qui est mise en avant par chacune des parties à la veille du début des tractations sérieuses autour de la formule du nouveau cabinet, même si tout le monde, majorité comme opposition, met en évidence la nécessité du principe du partenariat. Dans une conférence de presse hier, l'ancien président Amine Gemayel a proclamé son soutien à Saad Hariri dans ses efforts pour former un gouvernement, estimant que les Kataëb avaient pleinement confiance qu'il ne ferait « pas de concessions sur les principes pour lesquels nous nous sommes battus et pour lesquels sont tombés les martyrs de la révolution du Cèdre ». Le...