Rechercher
Rechercher

Liban - Exécutif

La guéguerre Siniora-Tabourian au cœur de la dernière séance…

Le dernier Conseil des ministres du gouvernement Siniora s'est tenu hier à Baabda.
Toutes les contradictions du monde se sont retrouvées à la table du dernier Conseil des ministres du premier gouvernement du président Sleiman - un gouvernement qui se chargera d'expédier les affaires courantes dès ce dimanche, à minuit.
La séance de travail, qui a duré plus de trois heures, a débuté par une intervention du chef de l'État, suivie par celle, écrite, du Premier ministre, qui a en réalité dressé le bilan de l'action de ce gouvernement d'union nationale, ou de « la volonté commune », comme il l'a appelé. « Je peux dire, malgré les défis et les difficultés en tout genre, que l'on aurait pu enregistrer de gros progrès à plus d'un niveau si les conditions requises avaient été assurées de l'intérieur comme de l'extérieur de ce gouvernement. Mais malgré cela, nous avons réussi à réaliser la plupart de nos objectifs », a ainsi affirmé Fouad Siniora, donnant comme exemples la redynamisation des institutions constitutionnelles et de tous les secteurs publics, « sans oublier des législatives qui se sont déroulées d'une façon totalement inédites sur le triple plan de la sécurité, de la démocratie et de l'honnêteté », a-t-il tenu à ajouter.
Le laïus du Premier ministre, qui a été très bien accueilli aussi bien par les ministres loyalistes que par ceux de l'opposition, a été suivi par un débat sur l'œuvre accomplie par le gouvernement et sur ses performances. Le ministre des Télécoms, Gebran Bassil, a même été jusqu'à saluer les termes d'« expérience pionnière » utilisés par Fouad Siniora et se féliciter de l'absence de références à la paralysie ou au blocage. « Le plus important est que le président Siniora ait reconnu l'efficacité et la productivité de ce cabinet », a-t-il ajouté, citant, entre autres acquis, les nominations judiciaires, l'adoption du budget 2009, la tenue des élections, etc. Le ministre Bassil a souhaité que ce gouvernement se contente, dans les semaines à venir, d'expédier les affaires courantes « et qu'il ne procède pas à quelque nominations que ce soit comme le laissent entendre plusieurs rumeurs. »
Tout allait très bien dans le meilleur des mondes et l'ambiance de fête aurait primé jusqu'au bout s'il n'y avait eu l'altercation verbale extrêmement violente entre Fouad Siniora et le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Alain Tabourian.
Cela a commencé par l'énumération, par le chef de l'État, des dossiers que le gouvernement n'a pas réussi à mener à terme - et notamment le problème de l'électricité. C'est à ce moment-là que le ministre Tabourian est intervenu pour expliquer qu'il avait accepté de gérer ce ministère « dont personne ne voulait », et que le Premier ministre « ne cessait de multiplier les obstacles » à son encontre. Alain Tabourian s'est alors empressé de distribuer à ses collègues la réponse de la présidence du Conseil à un rapport sur l'état de l'électricité - une réponse particulièrement peu élogieuse à l'endroit du texte préparé par le ministre lui-même. Ce dernier a également distribué un livret qu'il avait envoyé à la présidence du Conseil il y a plus de trois mois et qui planchait sur une stratégie visant à endiguer la faiblesse de la distribution de l'énergie électrique et à réduire le déficit au sein de l'EDL.
Cette agression extrêmement inattendue de la part du ministre Tabourian et sa détermination à faire assumer au Premier ministre toutes les responsabilités ont poussé Fouad Siniora à demander à ce que le dossier soit retiré du débat et que ces insultes à son encontre cessent immédiatement. « Arrête de distribuer », a-t-il dit à Alain Tabourian, avant que la polémique ne dégénère en injures de toute sorte. Cela a poussé le président Sleiman et plusieurs ministres à intervenir pour endiguer le pugilat, qui s'est terminé sur une grosse fâcherie.
Il est à signaler qu'après la séance, Alain Tabourian s'est empressé de distribuer son livret et la réponse de la présidence du Conseil aux journalistes, pendant que Gebran Bassil révélait que les ministres de l'opposition avaient réussi à mettre la main sur des points hors ordre du jour, dont un relatif à l'exemption de la société Solidere du paiement de certaines taxes.
Signalons également que plusieurs ministres s'étaient exprimés avant la séance ; ceux de l'opposition, comme Mario Aoun ou Mohammad Jawad Khalifé défendant le tiers de blocage, et ceux de la majorité le conspuant. « Une très mauvaise expérience qu'il ne faudra pas réitérer », a ainsi jugé Waël Bou Faour, pendant que Mohammad Chatah jurait ses grands dieux que ce tiers de blocage ne serait jamais de mise au sein du prochain cabinet.
On retiendra les prédictions du ministre (Amal) de la Santé, qui a estimé que ce cabinet à venir ne verra pas le jour « avant un ou deux mois en raisons des complexités régionales », jaugeant à « 40, voire 50 % les chances de Fouad Siniora de rempiler au Sérail. Le ministre (Kataëb) du Tourisme a, lui, prévu de passer la saison estivale dans son ministère.
Enfin, indiquons que le Premier ministre et les ministres, qui ont offert au président Sleiman une toile représentant la cueillette des olives, ont été retenus à dîner par le chef de l'État. Tout le monde, naturellement, n'a parlé que de... politique.

Toutes les contradictions du monde se sont retrouvées à la table du dernier Conseil des ministres du premier gouvernement du président Sleiman - un gouvernement qui se chargera d'expédier les affaires courantes dès ce dimanche, à minuit.La séance de travail, qui a duré plus de trois heures, a débuté par une intervention du chef de l'État, suivie par celle, écrite, du Premier ministre, qui a en réalité dressé le bilan de l'action de ce gouvernement d'union nationale, ou de « la volonté commune », comme il l'a appelé. « Je peux dire, malgré les défis et les difficultés en tout genre, que l'on aurait pu enregistrer de gros progrès à plus d'un niveau si les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut