Depuis que Nada Kano, chorégraphe et professeur de danse, n'évolue plus sur scène, elle se consacre à former des danseurs et à monter sa compagnie, baptisée Beirut Dance Company. « Et cela me réjouit tout autant », avoue-telle sans hésitation. Cette jeune formation qui devrait être à ses balbutiements (son premier spectacle était en 2008, avec A corps perdu) prouve qu'elle peut damer le pion à bien des compagnies professionnelles déjà célèbres. Pour Kano, ces danseurs, dont le nombre varie entre cinq et dix selon chaque spectacle et dont l'âge va de 17 à 25 ans, ont un avenir prometteur. Ayant tous effectué des stages à l'étranger, ils font preuve d'une énergie et d'une ouverture d'esprit étonnantes.
La danseuse et chorégraphe, qui, rappelons-le, a suivi une formation en France entre 1987 et 2000 ainsi que plusieurs stages en Europe et aux États-Unis, s'est imprégnée de toutes les facettes qu'offre cette discipline. « Je ne veux pas rentrer dans le débat qui oppose le classique au contemporain, avoue-t-elle, mais me libérer de toutes ces chaînes au service de la recherche chorégraphique. » Et de poursuivre : « C'est comme si mes mouvements étaient mes mots. » Éloquents d'ailleurs, ces mots qui prennent l'allure de corps pour exprimer et magnifier les émotions. Ces circonvolutions aériennes, cette gestuelle dynamique et cette fusion des corps qui deviennent soudain alphabet, écriture et langage émotionnel et sensoriel.
Lorsque Nada Kano parle de sa passion pour la danse, ses yeux brillent. On devine alors que cela va au-delà de la passion. « Un engagement, précise-t-elle. À dépasser les limites, à aller toujours plus loin.» Et plus haut,
ajouterait-on.
Fiche technique
Chorégraphie : Nada Kano
Costumes : Patrick Farah
Éclairage : Hagop Dergogossian
Graphisme : Lara Captan
Assistant répétition : Chadi el-Zein
Danseurs : Kim Baraka, Amanda Dufour, Paddy Eid, Sara Karam et Maya Nasr.

