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Culture - Installation

Correspondances artistiques de Sybille Friedel

Le palais de Beiteddine accueille, à partir de demain vendredi, pour une période de plus d'un mois, les « Traces » de l'artiste française Sybille Friedel, une installation de sculptures et de peintures, réalisée avec la complicité de Nabil el-Azan, qui réveille la voix des grands poètes libanais.
La rencontre de Sybille Friedel avec le Liban ne se résume pas à un simple voyage. Elle prend l'allure d'une connexion intérieure et spirituelle, qui se traduira par la suite par un travail nécessitant plus de deux ans. « Tout a commencé, dit l'artiste, lorsque j'exposais à la Pyramide du Louvre. Trois amies libanaises, présentes à mon exposition, m'ont demandé si je n'avais pas des projets pour le Liban. Une idée qui m'a tout de suite enchantée, car lors de mon premier voyage au pays du Cèdre, j'y avais laissé une partie de mon cœur. »
Après avoir suivi des cours en 1983 avec le calligraphe coréen Ung-Noo-lee, l'artiste tombe sous le charme de l'encre, du papier et du pinceau. On la dira plus tard monomaniaque de la calligraphie chinoise. Mais c'est à partir de cette écriture qu'elle
déclinera son travail vers un vocabulaire en trois dimensions et une sculpture de personnages en bois longilignes qu'elle appellera « Les marcheurs ». Plus tard, au cours de ses pérégrinations dans des destinations lointaines, elle appliquera toujours ce langage artistique, né d'une longue maturité, à celui d'un artiste local. C'est dans ce croisement ou dialogue avec une autre culture qu'elle retrouvera toute la dimension de ses œuvres.

Les murmures des poètes
 « En ce qui concerne le Liban, précise-t-elle, l'expérience était autre. Elle prenait forme dans une réflexion sur l'histoire de ce pays et sur son peuple. »
Ainsi, de ce voyage qu'elle effectue dans ce pays encore blessé et meurtri par la guerre de 2006, Sybille Friedel va recueillir des impressions et des sensations. Elle arpente le Liban, marche, flâne, enregistre et capte. De retour en France, elle retranscrit ces traces visibles ou invisibles. Elle taille, sculpte et peint. Seul le geste compte. Résultat : des allures et des silhouettes monolithiques, du noir sur blanc, du monochrome qu'elle-même voit en couleurs et qu'elle partagera avec Nabil el-Azan.
Le metteur en scène franco-libanais, directeur artistique de la compagnie La Barraca, membre du comité de lecture d'Aneth depuis 1995 et créateur de plusieurs spectacles, notamment du Fou d'Omar, tombe sous le charme du travail de Friedel et lui propose de joindre leurs deux langages respectifs.
C'est après plusieurs débats, devenus de longues conversations amicales, que les deux artistes conviennent d'animer ces « Marcheurs » en les faisant vivre et vibrer. « Nabil el-Azan a choisi différents poèmes en langues française et arabe, me les a lus et traduits ; nous sommes donc tombés d'accord sur certains extraits qui seraient déclamés par diverses voix (dont la sienne) sur fond musical. »
C'est donc le metteur en scène qui, par son vécu et son passé « libanais », donnera le feeling à ces objets inanimés.
Aujourd'hui, après avoir habité les murs de l'église Saint-Germain de Sully-sur-Loire, l'installation cosignée Sybille Friedel et Nabil el-Azan sera présentée dans le cadre des Jeux de la francophonie à partir de demain et cela pour une durée de deux mois au palais de Beiteddine.
Ce sont les murmures de grands poètes libanais (Fouad Abi Zeid, Adonis, Etel Adnan, Nadia Tuéni...) que les visiteurs écouteront en se baladant parmi les sculptures et la peinture de Friedel.
Une balade ni didactique ni muséale, mais personnelle où silence et mots s'unissent en toute harmonie. « Comme une élévation spirituelle qui emmènera chaque visiteur vers son propre imaginaire. »

La rencontre de Sybille Friedel avec le Liban ne se résume pas à un simple voyage. Elle prend l'allure d'une connexion intérieure et spirituelle, qui se traduira par la suite par un travail nécessitant plus de deux ans. « Tout a commencé, dit l'artiste, lorsque j'exposais à la Pyramide du Louvre. Trois amies libanaises, présentes...

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