Je suis fier de vous, car vous avez stoïquement souffert des représentants, il est vrai élus par vous-mêmes, qui ont retourné leur veste et vous ont inlassablement sermonnés, vous les mineurs ignares en matière politico-stratégique. Vous leur avez appris qu'il ne revenait qu'à vous de décider de leur destin en dépit de leur certitude d'éternité.
Je suis fier de vous quand, à l'échéance démocratique et non par la force des pneus incandescents ou des invasions barbares, vous ne craignez pas l'alternance pour sanctionner démagogues et autre populiste.
Je suis fier de vous, qui n'avez pas froid aux yeux et ne quémandez de parapher aucun papier avec une formation paramilitaire pour votre protection, forts dans votre république et votre nation. Le pire État-nation garantit vos prérogatives de loin mieux que la meilleure milice du monde.
Je suis fier de vous, les seuls dans ce petit pays à réclamer des comptes de ceux qui ont promis monts et merveilles. Votre passion de départ n'a d'égale que votre raison, le jour du bilan.
Je suis fier de vous, et conscients des leçons à tirer de votre dernier vote. Vous avez forcé vos nouveaux représentants à plus de constance et surtout plus d'humilité, et vos rivaux, fervents des solutions difficiles, à plus de respect qu'un simple document d'entente.
Je suis surtout fier de vous, les chrétiens du Liban, sans communautarisme aucun, qui, avec toute modestie, avez montré à toutes les autres communautés une grande leçon de démocratie et avec la plus grande galanterie, pendant que les autres dissuadaient leurs coreligionnaires à coup de voitures piégées pour les rivaux, ou pressaient par bus à vote leurs partisans.
Il vous suffira de dire, j'étais aux urnes le 7 juin 2009, pour que l'on vous dise : vous avez sauvé le Liban.


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