Mais ce n'est pas le point le plus important de ces élections. Aujourd'hui, le peuple libanais se réveille différent. Le peuple libanais a encore une fois montré au monde entier de quel bois il se chauffe. Le peuple du Cèdre a encore surpris, et il surprendra encore pour des années et des années à venir.
Tout d'abord, une participation monstre pour ces élections législatives, les Libanais qui, pour rien au monde, n'iraient perdre leur temps dans une file, faisaient déjà la queue à 6h du matin pour aller voter ! Environ 3,2 millions étaient inscrits sur les listes électorales, 54 % d'entre eux sont allés voter.
Une peur régnait dans le monde entier. Ces élections ne signifiaient pas seulement le nombre de sièges au Parlement pour chaque parti libanais ; ces élections voulaient dire beaucoup plus. Elles étaient déterminantes pour le Liban, mais aussi pour les pays frontaliers. Qui osait douter de la beauté de ce pays, de la beauté de ce peuple ? Nous nous y sommes tous pris grâce à une pression médiatique au niveau international.
Les résultats sont sans ambiguïté aucune.
Que faut-il retenir de cette victoire du 14 Mars ? Peu importent les promesses de chaque parti, peu importent leurs idées, leurs représentations religieuses. Ce 7 juin 2009, le pays du Cèdre s'est soulevé, il a voulu montrer que sa révolution n'était pas terminée et qu'elle ne faisait que débuter. Cette journée n'est que la suite logique de la manifestation du 14 mars 2005 qui avait ému la majorité d'entre nous. C'est peut-être la seconde journée la plus importante de l'histoire contemporaine du Liban depuis la manifestation.
Le Liban a parlé, le Liban a décidé de ce qu'il voulait et de ce qu'il ne voulait pas. Le Liban a répondu comme il se devait de le faire, par la parole. Le Liban a fait son choix entre la violence et la parole.
En effet, il suffit de se souvenir de cette semaine du 7 mai 2008 où le Hezbollah n'avait trouvé qu'un seul moyen de s'exprimer, celui des armes, où l'on avait tous craint que le fantôme de la guerre civile libanaise ne revienne hanter ce si beau pays. Une nouvelle guerre civile ne signifierait que de nouvelles années d'errements pour le Liban. Ce n'est pas la solution, ce ne devrait pas être la solution. Leur motivation première était que le gouvernement au pouvoir n'était pas représentatif de la population libanaise. Cela justifiait-il alors tant de sang écoulé ? Peu importe, aujourd'hui, l'histoire du Liban a changé et a changé pour toujours. Le Liban s'est exprimé, le Liban ne veut pas d'une nouvelle guerre, le Liban veut la parole avant tout.
En ce 7 juin 2009, le Libanais semblait s'exprimer d'une même voix pour leur dire :
« Vous avez voulu parler avec les armes, nous vous avons répondu par la démocratie... »


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