Kuznetsova, vainqueur de l'US Open en 2004 et finaliste sur ce même court Philippe-Chatrier en 2006 et de nouveau à New York en 2007, s'est imposée en deux sets 6-4, 6-2 en une heure et 14 minutes.
« J'ai perdu en finale ici contre Justine Henin. Je suis vraiment heureuse d'avoir gagné », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de remise de la Coupe Suzanne Lenglen par Steffi Graf, six fois victorieuse à Roland-Garros.
Quelques instants plus tôt, la Russe avait dit avoir « senti à son entrée sur le court que tout irait bien ».
« J'étais bien dans ma tête et je savais que j'allais jouer mon meilleur tennis, avait-elle ajouté. Dinara est la numéro un, elle est meilleure que moi, mais elle était trop tendue aujourd'hui et j'ai très bien joué. »
« Je me retrouve dans la même situation que l'an dernier », a reconnu Safina, qui s'était inclinée l'an passé devant la Serbe Ana Ivanovic.
Safina avait été la première à reconnaître qu'après deux échecs en finale, à Roland-Garros en 2008 et à l'Open d'Australie cette année, un titre du grand chelem lui manquait « pour légitimer son rang de n° 1 mondiale ».
Le poids de cet enjeu a semblé provoquer en elle samedi une nervosité qui a privé ses coups de leur tranchant habituel et a affecté sa régularité, avec pour symbole sept doubles fautes en neuf jeux de service dont une sur la balle de match.
Sous un ciel gris chargé de menaces d'averses, par une température de 14 degrés et avec un vent inexistant, les deux joueuses ont d'ailleurs balbutié leur entrée dans le match.
Kuznetsova a perdu son service d'entrée à 15-40, Safina a concédé le sien dans la foulée sans marquer un point.
Très vite cependant, Kuznetsova a commencé à dicter les échanges en s'installant à l'intérieur du court alors que Safina, repoussée derrière la ligne de fond, en était réduite à faire l'essuie-glace.
Cette bataille est restée équilibrée au score jusqu'à 4-3. D'une double faute et deux coups dans le filet, la numéro un mondiale a alors offert trois balles de break à son adversaire. Elle a paré la première d'un coup droit d'attaque mais a concédé la deuxième sur un échange conclu par un faux rebond.
Kuznetsova a servi à 5-3 pour le set, mais a gâché cette occasion en concédant un jeu blanc. Ce n'était que partie remise : elle s'est ménagé deux balles de set d'un retour de revers gagnant et a converti la première d'un revers que Safina n'a pu qu'effleurer.
Dans cette neuvième finale de Roland-Garros entre deux joueuses de même nationalité, de même âge (23 ans), qui jouent l'une contre l'autre depuis l'âge de 12 et avaient remporté chacune une de leurs deux oppositions cette année, le mental ne pouvait que jouer un rôle majeur.
Si Safina avait une faiblesse malgré ses 20 matches gagnés sur les 21 disputés depuis qu'elle est devenue n° 1 mondiale le 20 avril, c'était, de son propre aveu, de commencer difficilement ses matches comme lorsqu'elle a perdu le premier set face à Victoria Azarenka en quart de finale.
À 6-4 en 39 minutes, le premier set de la finale venait de le confirmer. Le second n'a pas en revanche confirmé la propension de Kuznetsova à perdre ses deuxièmes sets comme en quart contre Serena Williams et en demi-finale face à Samantha Stosur.
À 3-2 service Safina, juste après l'heure de jeu et une « ola » de pure circonstance car le match n'arrivait pas à enflammer le central, la tête de série n° 7 a fait le break en forçant Safina à la faute.
Elle a confirmé son avantage sur son service, avant d'emporter la rencontre sur la double faute de Safina.

