L'entreprise Tierra Viva à laquelle elle achète ces animaux pour quatre dollars pièce s'est d'ailleurs spécialisée dans la vente de coléoptères. Son fondateur German Viasus assure qu'après des années de démarches administratives pesantes, c'est une affaire qui marche. « Pendant des décennies, la Colombie a perdu des espèces uniques en raison du trafic et de la maltraitance à laquelle elles étaient soumises. Mais désormais, des entreprises comme la nôtre ont commencé à envisager de les élever et de les exporter de manière légale », explique-t-il. « Nous exportons principalement des coléoptères au Japon, où ils sont admirés, traités avec respect et font l'objet de dévotion, mais nous commençons à recevoir des demandes des Émirats arabes unis où un cheikh est fanatique de ces merveilleux spécimens et nous a passé une commande pour un millier d'entre eux », se félicite-t-il.
Cet essor touche aussi les batraciens ou les papillons. Les chrysalides, présentées dans des boîtes transparentes, accompagnées de photographies de leur espèce et d'un manuel, des cadeaux pour des êtres chers, sont très appréciées. « Le langage de l'amour est universel et nous découvrons une fascination chez les amoureux de tous les pays pour les papillons colorés. Nous offrons donc la chrysalide pour qu'ils puissent voir grandir la larve et qu'ils laissent ensuite le papillon en liberté comme symbole de leur amour », explique Vanesa Wilches, la directrice de l'entreprise qui les commercialise, Alas de Colombia (Ailes de Colombie). En cinq ans, elle a réussi à exporter des papillons aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en France. Ses ventes annuelles approchent les 75 000 dollars.
Des collectionneurs et hommes d'affaires d'Asie, notamment de Singapour, de Corée ou de Chine, se procurent aussi des poissons originaires de l'est de la Colombie, à travers la coopérative de pêcheurs Coopesca. Selon son patron, José Arturo Gomez, les raies du fleuve Orotoy valent à peine un demi-dollar en Colombie, mais peuvent atteindre 80 dollars à l'autre bout du monde, notamment en Malaisie et au Japon.
Ce commerce légal permet d'éviter la contrebande d'espèces protégées, assure pour sa part Maria Sanchez, coordinatrice de la police de l'environnement. Celle-ci continue toutefois à sévir en Colombie, où cet organisme a saisi en 2008 58 000 animaux qui devaient être vendus dans et à l'extérieur du pays. « En dépit des campagnes de sensibilisation, les habitants des campagnes continuent à vendre des animaux sans tenir compte du climat (où ils seront élevés) ce qui conduit beaucoup d'entre eux à mourir en captivité », déplore-t-elle.


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