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Culture - Cimaises

Les transplantations picturales de David Bowes

Entre humour et surréalisme, un peintre américain plutôt fantaisiste expose 13 toiles à l'espace Kettaneh-Kunigk*.
Sous un ciel d'un bleu éclatant, une explosion de couleurs. C'est, en gros, la première impression que véhiculent les acryliques de David Bowes.
L'artiste américain est certainement un joueur. Il s'amuse à délocaliser les personnages et les animaux, les costumes et les fêtes, les monuments archéologiques et les figures mythologiques. Il exerce avec une joie apparente l'art de peindre sans règles, en mélangeant, sur un même espace pictural, différentes époques, genres et styles. L'on verra, par exemple, toujours sous cet azur malicieux, une rencontre entre le monde des fées et celui de la commedia dell'arte, entre le « picturesque » du XVIIIe siècle et le style décoratif Ming. Des figures de saints, de madones et de reines évoluent dans un décor résolument contemporain. Des plantes exotiques et des individus indigènes se trouvent transplantés à l'autre extrémité de la terre.
Au sein de cette fantaisie picturale, de cet atmosphère édénique et féerique se trouve un univers peuplé de symboles, sur lesquels il est conseillé de s'attarder, pour en déchiffrer la signification et passer de l'autre côté du miroir.
Le visiteur s'exerce (et s'amuse) donc à trouver la clé de chaque tableau, imagine lentement son apparence en s'aidant parfois d'objets concrets, d'animaux réduits ou de fragments de nature. L'artiste ne tient pas à livrer le sens de ses œuvres, mais cherche plutôt à suggérer que la partie se joue ailleurs, en dehors de l'image, dans l'invisible. Dans la tête du visiteur.
Avec un esprit doucement provocateur, drôle et épris d'inventions surprenantes, David Bowes, le Bostonien, nous fait voyager dans le temps et dans l'espace.
Ses travaux font alors figure de représentations énigmatiques témoignant à la fois d'une démarche poétique et d'une réflexion intellectuelle. La pensée est mise en images. Les idées mises en scène. Avec un style qui se caractérise par l'inventivité, l'humour et une absence évidente de hiérarchie rationnelle. On l'aura compris, David Bowes brille par son éclectisme. Comme l'affirmait Zola : « Une œuvre d'art, c'est un coin de la nature vu à travers un tempérament. »

* Secteur Clemenceau, Gefinor, bloc E, jusqu'au 4 juillet. Du lundi au vendredi, de 11h00 à 19h00. Samedi, de 11h00 à 15h00. Tél. : 01/ 738706.
espacekettanehkunig@cyberia.net.lb
Sous un ciel d'un bleu éclatant, une explosion de couleurs. C'est, en gros, la première impression que véhiculent les acryliques de David Bowes.L'artiste américain est certainement un joueur. Il s'amuse à délocaliser les personnages et les animaux, les costumes et les fêtes, les monuments archéologiques et les figures mythologiques. Il exerce avec une joie apparente l'art de peindre sans règles, en mélangeant, sur un même espace pictural, différentes époques, genres et styles. L'on verra, par exemple, toujours sous cet azur malicieux, une rencontre entre le monde des fées et celui de la commedia dell'arte, entre le « picturesque » du XVIIIe siècle et le style décoratif Ming. Des figures de saints, de madones...
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