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Lifestyle - Société

Le cas exceptionnel de la « centenaire de Kouté »

Dans une Côte d'Ivoire où l'on meurt jeune, le « cas » de la doyenne Salomé fait sensation.
Elle aime toujours les friandises et l'attiéké, la semoule de manioc dont raffolent les Ivoiriens : à 107 ans, voire plus, la doyenne Salomé Agoua Djoman fait figure d'anomalie dans un pays où l'espérance de vie a chuté ces dernières années pour atteindre 51 ans.
Native de Kouté, village enclavé dans la mégapole Abidjan, « elle est la dernière survivante des personnes de sa tranche d'âge », indique à l'AFP sa deuxième fille, Alley Yaba, 74 ans, infirmière à la retraite. Sa descendance - quatre enfants, 42 petits-enfants, 33 arrière-petits-enfants et deux arrière-arrière-petits-enfants, dont la dernière n'a que 45 jours - a profité du week-end de la Pentecôte pour la célébrer à Anono, autre village d'Abidjan où elle vit depuis des années. Sur la terrasse de la villa familiale, faisant la ronde autour de l'honorable dame drapée dans ses plus beaux pagnes, ses proches ont chanté : « Quand je mourrai, j'irai au ciel où des anges m'accueilleront ! » « Sa longévité, elle la doit à sa mobilité : c'est une lève-tôt qui, jusqu'à 80 ans, parcourait des dizaines de kilomètres à pied pour aller à son champ », confie Jacqueline Assagou, 60 ans, la cadette de ses filles.
Son âge est l'objet de spéculations dans la famille en l'absence de documents officiels, l'état-civil étant quasi inexistant dans le pays au tournant du siècle dernier. « Nous estimons qu'elle a entre 107 et 110 ans », explique son gendre Jean Alley, préfet à la retraite. Il affirme avoir calculé son âge à partir de celui de sa première fille, décédée il y a trois ans, et qui aurait 87 ans aujourd'hui. « Il n'y a pas de traces de personnes de son âge dans les statistiques officielles du pays », affirme à l'AFP le démographe Gervais N'da Konan. Selon lui, « l'une des caractéristiques principales de la population ivoirienne est son extrême jeunesse : un peu plus de 40 % a de 0 à 14 ans, alors que la part des personnes de plus de 60 ans ne dépasse guère 4 % ». D'après les derniers chiffres, l'espérance de vie en Côte d'Ivoire tourne autour de 50,9 ans (52,7 ans pour les femmes et 49,2 ans pour les hommes), contre 56 ans il y a une décennie. Une chute ininterrompue, sur fond d'explosion de la pauvreté et de crise politique.
La « centenaire de Kouté » a un régime alimentaire frugal : un café et du pain au petit déjeuner, attiéké à midi. Mais elle ne refuse jamais friandises ou biscuits. Et son corps frêle et recroquevillé, sa vision défaillante et sa voix faible ne l'empêchent pas de partager ses souvenirs pendant des heures. Elle se rappelle ainsi la peur qu'elle éprouvait, jeune fille qui n'avait pas connu les bancs de l'école, devant le colon blanc qui arpentait les broussailles du petit village d'Abidjan devenu capitale économique. Et elle revoit son premier soupirant et futur mari, décédé lui aussi. Salomé se souvient plus vaguement que son pays s'efforce de sortir d'une crise dans laquelle il est plongé depuis un coup d'État manqué en 2002. Elle est toutefois certaine que le problème vient du refus de « l'acceptation de l'autre ».
Elle aime toujours les friandises et l'attiéké, la semoule de manioc dont raffolent les Ivoiriens : à 107 ans, voire plus, la doyenne Salomé Agoua Djoman fait figure d'anomalie dans un pays où l'espérance de vie a chuté ces dernières années pour atteindre 51 ans.Native de Kouté, village enclavé dans la mégapole Abidjan, « elle est la dernière survivante des personnes de sa tranche d'âge », indique à l'AFP sa deuxième fille, Alley Yaba, 74 ans, infirmière à la retraite. Sa descendance - quatre enfants, 42 petits-enfants, 33 arrière-petits-enfants et deux arrière-arrière-petits-enfants, dont la dernière n'a que 45 jours - a profité du week-end de la...
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