Trois premiers cas de grippe A ont été détectés au Liban et parfaitement contrôlés, a annoncé samedi le ministre de la Santé, Mohammad Jawad Khalifé, dans une conférence de presse tenue au ministère. « Un Libanais résidant en Espagne et deux Canadiens, une femme et son enfant, arrivés au Liban il y a une semaine, ont été diagnostiqués avec le virus A(H1N1), ajoute-t-il. Nous les avons mis en quarantaine et les prises de sang que nous avons effectuées chaque jour se sont avérées positives. Les patients ont été soignés à temps. Ils sont sains et saufs. »
Le Libanais et vingt et un de ses concitoyens « suivaient une formation dans un centre en Espagne, où des cas de grippe A ont été détectés parmi des Espagnols après leur départ, explique le Dr Khalifé. L'ambassade d'Espagne au Liban a averti les autorités libanaises, qui ont examiné tous les passagers de l'avion à bord duquel ils se trouvaient. Un seul cas a été enregistré. »
Quant aux Canadiens, ils ont été admis aux urgences de l'un des hôpitaux de Beyrouth, qui a reporté les cas au ministère de la Santé. « Les personnes qui ont été en contact avec les patients canadiens ont été surveillés de près », note le ministre. Personne d'entre eux n'a été contaminé.
« Le virus n'existe pas localement, affirme encore le Dr Khalifé. Les cas détectés proviennent de l'étranger. »
Interrogé par L'Orient-Le Jour sur le danger qu'encourt le Liban, vu que de nombreux émigrés vivant dans des pays où le virus a été détecté rentrent pour participer aux législatives, le Dr Khalifé explique : « Nous avons discuté avec l'Organisation mondiale de la santé de la possibilité d'interdire les voyages, c'est-à-dire de lever le niveau d'alerte à 6. Mais il a été convenu que ces mesures ne servent à rien, d'autant que la maladie est curable. Au Liban, nous maîtrisons la situation, à travers le dépistage épidémique, les déclarations recueillies des passagers ainsi que les formulaires qu'ils remplissent sur l'avion. De plus, dans les prochains jours, nous allons recevoir les détecteurs de température qui seront installés à l'aéroport. » Le Dr Khalifé a par ailleurs souligné que les mesures préventives seront aussi renforcées sur les frontières terrestres.
« La maladie ne peut pas être contenue dans le monde, d'autant que le virus est répandu dans plus de 50 États, poursuit-il. Toutefois, nous pouvons, en renforçant les mesures de précaution, contrôler la situation dans chaque pays. C'est ce que nous faisons, notamment à l'aéroport où des brochures explicatives sont distribuées aux passagers pour détecter des cas éventuels. S'ils viennent de pays où le virus est signalé, il est important qu'ils surveillent leur température durant les 48 heures qui suivent leur arrivée au Liban ainsi que la survenue de symptômes respiratoires. »
En ce qui concerne les rumeurs selon lesquelles le prix du Tamiflu aurait doublé, le Dr Khalifé a affirmé que le prix officiel du médicament est fixé à 72 000 LL et que son ministère dispose, par ailleurs, de traitements pour 80 000 cas.
Le corps médical rassurant
Le corps médical est lui aussi rassurant et affirme qu'« il n'y a pas lieu de paniquer ». « La grippe A n'est pas plus mortelle que la grippe saisonnière, qui est à la cause d'un grand nombre de décès par an dans le monde », explique ainsi à L'Orient-Le Jour le Dr Jacques Mokhbat. « Lorsque le virus A(H1N1) est apparu, la communauté médicale s'était alarmée parce qu'il s'agissait d'un virus nouveau, poursuit-il. Mais ce virus est moins méchant que le virus de la grippe saisonnière et ce qui est rassurant, c'est qu'il n'est pas comme la grippe aviaire qui, elle, était très inquiétante. »
Rappelons que le virus A(H1N1) se transmet dans l'air, à l'instar de tous les autres virus de la grippe. La période d'incubation est de 24 à 48 heures. Les symptômes qui doivent alerter demeurent essentiellement une toux sèche, une fièvre, un mal de tête ou un mal de gorge.
Les personnes qui sont le plus susceptibles de développer les complications de la grippe sont, selon les Centre of Disease Control (CDC) aux États-Unis : les nourrissons et les enfants âgées de moins de 5 ans, les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes âgées de moins de 19 ans et qui suivent une thérapie d'aspirine à long terme, les personnes souffrant d'une immunodéficience (personnes souffrant de sida, de cancer, d'insuffisance rénale, diabète, de maladies cardiaques - à l'exception de l'hypertension), d'une hépatite, de maladies pulmonaires chroniques (y compris l'asthme), de maladies hématologiques, neurologiques, et neuromusculaires, de désordres métaboliques (y compris le diabète), ainsi que les agents de santé. En ce qui concerne les mesures préventives à prendre, le Dr Mokhbat conseille :
- de prendre les précautions habituelles vis-à-vis de quiconque tousse ou a de la fièvre avec des symptômes respiratoires, surtout si cette personne rentre d'un pays touché par le virus ;
- de bien se laver les mains ;
- de ne pas tousser en mettant la main en face du nez, mais en mettant la manche en face du nez ou en utilisant un mouchoir ;
- de ne pas se contenter d'une automédication, mais de contacter son médecin.
Et le Dr Mokhbat de conclure que les antiviraux ne peuvent pas être administrés en guise de traitement préventif. Ils ne peuvent être pris que sur avis médical ou si on a été en contact direct avec une personne malade.


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