Rien n'a été épargné au Stade rennais au cours d'une partie que les hommes de Guy Lacombe n'ont jamais totalement maîtrisé. Alors que les Rouge et Noir avaient cru avoir fait le plus dur sur une tête de Bocanegra (69e), deux tirs croisés d'Eduardo (71e et 82e) ont douché définitivement leurs espoirs, hissant une nouvelle fois Guingamp sur le devant de la scène.
Cette petite ville de 8 000 habitants aime décidément brouiller les cartes et la hiérarchie et se retrouvera, comme en 1996, en Coupe d'Europe (Europa League) où elle fera presque figure d'anomalie.
Pour Rennes, tenu à bout de bras depuis onze ans par le milliardaire François Pinault, la déception est à la hauteur de l'attente. Les Rennais n'ont plus rien gagné depuis la Coupe de France 1971 mais, plus que tout, cette défaite contre le minuscule voisin guingampais a des allures de fiasco.
« Guingamp est un club de Ligue 2, mais une équipe de L1 », avait pourtant prévenu l'entraîneur de Rennes Guy Lacombe. Son jugement a été conforme au scénario de la rencontre avec une équipe guingampaise jouant sans complexes malgré l'enjeu énorme pour le club.
Trop confiants
Avec des défenseurs rugueux à l'image de Koné, le madré Wilson Oruma à la baguette et la technique et la vivacité de Soumah et d'Eduardo, l'En Avant a fait plus que jeu égal avec les Rennais. Après plus d'une heure d'un match stérile, les supporteurs rennais en étaient même venus à réclamer l'entrée en jeu de l'autre artiste maison, Mickaël Pagis, condamné à un triste statut de remplaçant par Guy Lacombe.
Le pire restait à venir pour Rennes et Guy Lacombe, incapables de sauvegarder plus d'une minute leur avantage au score et obligés d'assister au triomphe d'un club à part dans le paysage du football français.
L'entraîneur de Rennes Guy Lacombe s'en est violemment pris samedi à la presse, qui a, selon lui, orchestré « une campagne » en faveur de Mickaël Pagis, remplaçant au coup d'envoi de la finale et dont l'entrée en jeu a été réclamée par les supporteurs rennais.
À la fin de la rencontre, l'abattement régnait parmi les quelque 30 000 spectateurs vêtus de rouge et noir réunis sur une vaste esplanade de Rennes devant un écran géant.
Les supporters jugeaient cependant la victoire de Guingamp « logique » face à une équipe rennaise accusée de manquer à la fois de ferveur et de réalisme.
« Les Rennais sont partis trop confiants, on était sûrs de gagner, ça a été une grande leçon », analysait Jérémie, supporteur de Rennes et étudiant d'une vingtaine d'années. Avant la rencontre, l'apparition de Nicolas Sarkozy dans la tribune du Stade de France diffusée sur les écrans de télévision a été accueillie par des sifflets nourris à Rennes comme à Guingamp, en raison sans doute de la polémique sur son absence annoncée dans un premier temps par l'Élysée.


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