La radio de l'armée israélienne a rapporté dimanche que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, était favorable à un retrait de l'armée de la partie nord du village de Ghajar, situé à la frontière libanaise et divisé entre les deux pays.
M. Netanyahu, en acceptant un retrait, répondrait aux demandes des États-Unis qui souhaitent renforcer le gouvernement de Fouad Siniora avant les législatives prévues en juin, selon cette source.
"Israël nous a toujours habitué à ce genre de marchandage pernicieux et de propagande. Nous voulons un retrait sans condition et sans prix de Ghajar", a dit un communiqué du bureau du Premier ministre libanais.
"La politique israélienne a pour objectif de provoquer la division et la discorde entre les Libanais et l'annonce de ce retrait s'inscrit dans ce cadre", a ajouté le communiqué.
Un haut responsable de l'ONU a indiqué lundi qu'il rencontrerait cette semaine des membres des armées libanaise et israélienne pour discuter d'un retrait d'Israël d'une partie de Ghajar.
Alain Le Roy, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a déclaré devant les journalistes que la réunion tripartite sur le village de Ghajar aurait lieu mercredi près du passage frontalier de Naqura (sud du Liban). Il s'exprimait après une visite à Ghajar lundi. Le responsable de l'ONU devait rencontrer le président libanais, Michel Sleiman, et le Premier ministre, Fouad Siniora, mardi avant de se rendre en Israël jeudi. La force de l'ONU déployée dans le sud du Liban (Finul) avait proposé l'an dernier une formule pour faciliter le retrait des troupes israéliennes de Ghajar. Le cabinet de sécurité israélien devrait se réunir mercredi pour discuter du dossier de Ghajar et annoncer l'intention d'Israël de s'en retirer, selon le quotidien israélien Haaretz.
La partie située en territoire libanais avait été occupée par Israël après la guerre avec le Hezbollah en 2006, l'armée israélienne y ayant érigé une clôture de sécurité afin d'empêcher l'infiltration de combattants du Hezbollah et y maintenant une présence permanente.
Ghajar a été annexé par Israël en 1981 dans le cadre de l'annexion du plateau syrien du Golan, conquis en juin 1967. Mais après le retrait militaire israélien du sud du Liban en 2000, le tracé de la Ligne bleue, la frontière dessinée par l'ONU entre le Liban et Israël, avait placé un tiers du village au Liban et les deux autres tiers dans la zone annexée par l'État hébreu.

