Ses mots sont bien ancrés dans la réalité quotidienne, libellés par ce « je » qu'il promène au fil des airs sur fond d'ukulélé et qui donnent ce sentiment à ceux qui les écoutent d'être des textes
autobiographiques.
Ce natif de la banlieue de Val-de-Marne, né d'un père employé de banque et d'une mère infirmière, et qui passera ses vacances sur les berges de la Loire en compagnie d'un grand-père (également employé de banque, mais surtout amateur de musique) et une grand-mère qui aime déambuler dans les allées du cimetière du Père La Chaise, va réinventer les mots à la manière d'un rêveur. Ses mots décalés, ses personnages ordinaires, ou plutôt « extra ordinaires », son bestiaire qui traverse ses chansons, sortis tous d'un tableau naïf, composent une sorte de fête foraine.
Rititi, ratata...
Autodidacte, c'est à l'âge de quatorze ans que le jeune artiste compose, avec son premier instrument, la guitare, des chansons inspirées de l'héritage anglo-saxon et forme des groupes avec les copains. Mais c'est après un voyage en Amérique du Sud que l'interprète deviendra Thomas Fersen (Thomas pour le prénom d'un footballeur anglais et Fersen pour l'amant de Marie-Antoinette) et se jettera à corps perdu dans l'écriture et la composition. 1987 marque sa rencontre avec Vincent Frerebeau, qui deviendra son producteur et ami.
Son premier 45 tours, Ton héros Jane, passe inaperçu, mais Fersen travaille dur avec son épouse Véronique, pianiste, et sort, en 1990, un deuxième 45 tours tout aussi confidentiel. Mais ce n'est qu'en 1993 que la véritable consécration arrive. Avec son premier album Le bal des oiseaux, dont la couverture est signée Robert Doisneau, il reçoit la Victoire de la musique de la révélation masculine.
Tout se précipite. Après avoir reçu le Grand Prix Charles Cros pour son quatrième album en 1999, il atterrit sur la mythique scène de l'Olympia. Avec ses albums comme Qu4tre (1999), Triplex (2001), Pièce montée des grands jours (2003), La Cigale des grands jours (2004), Le Pavillon des fous (2005), Best of de poche (2007) et Trois petits tours (2008), Thomas Fersen nous invite à explorer son monde intérieur. Un monde fabuleux, mais ultraréaliste, loufoque et beau jusqu'à la démesure. « On dit que je suis paresseux, que je ne fais que ce que je veux, c'est-à-dire pas grand-chose. Je suis désolé. Je n'ai que deux pieds », chante le poète. Une paresse estampillée Thomas Fersen.

