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Liban - Application De La 1559

Ban : Les armes et les milices, une intimidation avant le scrutin

Ban Ki-moon a relevé des améliorations « considérables », condamnant le réarmement continu du Hezbollah, son « militantisme extraterritorial » et cette « présence armée et milicienne qui crée une atmosphère d'intimidation à la veille des élections ».
Le neuvième rapport bisannuel du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sur le suivi de l'application de la résolution 1559 (portant sur la souveraineté du Liban, son intégrité territoriale et son indépendance politique) a été rendu public hier, à un peu plus d'un mois et demi des législatives du 7 juin prochain.
Dans son texte, le patron du Palais de Verre commence par remarquer que la situation politique et sécuritaire interne a continué de « s'améliorer sensiblement » au cours des derniers six mois : les divisions entre le 14 et le 8 Mars n'ont pas abouti à la paralysie, malgré quelques tensions de temps en temps, et le président Michel Sleiman s'est montré « infatigable » dans sa détermination à renforcer l'unité nationale.
Relevant ensuite les nets progrès vers la normalisation entre le Liban et la Syrie, le rapport énumère quelques événements qui ont jalonné le quotidien de ce pays tant au niveau politique (commémoration des assassinats de Rafic Hariri et de Imad Moghniyé) que sécuritaire (mort d'un militant PSP le 14 février dernier, l'assassinat du Palestinien Kamal Medhat, la mort des 4 soldats libanais le 13 avril), sans oublier le démarrage des travaux du Tribunal spécial pour le Liban le 1er mars et la polémique entre l'Égypte et le Hezbollah depuis le 8 avril, à propos desquels le patron du Palais de Verre se déclare « très préoccupé ».
Commentant ensuite l'application stricto sensu de la 1559, Ban Ki-moon constate que tout a pratiquement été mis à exécution, à l'exception notable des armes détenues par « les milices libanaises et non libanaises, qui représentent une menace pour la stabilité du pays et un défi pour son gouvernement et son armée. Cependant, il rappelle qu'il n'a eu de cesse « d'encourager le Liban et la Syrie à délimiter définitivement leurs frontières communes » (il évoquera le dossier des fermes de Chebaa dans un autre rapport) et indique attendre que Damas nomme ses représentants au sein du comité mixte chargé de cette frontière dont il a relevé la « persistante porosité », déplorant les incessantes violations de l'embargo sur le trafic d'armes illégales, ainsi que les assertions du Hezbollah sur son acquisition ininterrompue de technologies militaires sophistiquées. Ban Ki-moon a tout autant relevé le « grand nombre » de violations, notamment aériennes, de la souveraineté libanaise par Israël qui continue d'occuper la partie nord de Ghajar d'une façon illégale.
Concernant l'extension de l'autorité du gouvernement libanais sur l'ensemble du territoire national, le rapport condamne l'existence et les activités de milices, et les allégations de réarmement et d'entraînements paramilitaires, ainsi que la prolifération des activités de groupuscules islamistes au nord du pays, tout comme les armes des organismes palestiniens prosyriens, auquel le texte du SG de l'ONU consacre plusieurs paragraphes.
Ban Ki-moon évoque ensuite la menace posée par les milices et les groupes armés à la souveraineté et la stabilité du Liban ; une menace « à ne pas sous-estimer comme les événements de mai 2008 l'ont démontré. Ces milices et ces armes créent une atmosphère d'intimidation dans le contexte préélectoral libanais », a affirmé Ban Ki-moon, précisant que la milice la plus « significative » reste la branche armée du Hezbollah, « une violation flagrante de la 1559 », saluant parallèlement la régularité du dialogue national sur la stratégie de défense mené sous les auspices du président Sleiman. Naturellement, Ban Ki-moon assure que le désarmement du Hezbollah, à travers un « processus politique » en bonne et due forme et en harmonie avec l'accord de Taëf, est « fondamental » pour la pleine restauration de la souveraineté libanaise, son intégrité territoriale et son indépendance politique.
Enfin, le secrétaire général des Nations unies a noté une série d'observations : « À l'aune du niveau de tension qui prévalait avant l'accord de Doha, l'application de celui-ci a été particulièrement fluide », écrit-il, relevant que depuis l'élection du président Sleiman, le Liban a connu sa plus grande période de stabilité interne (depuis l'adoption en 2004 de la 1559). « Cependant, je suis inquiet », a-t-il enchaîné, évoquant les incidents sécuritaires impliquant des milices échappant à l'autorité de l'État ou éclatant dans ou autour des camps palestiniens ; des incidents liés à la prolifération d'armes et de groupes armés, « en violation flagrante » de la 1559.
« Le maintien par le Hezbollah de sa capacité paramilitaire est un défi majeur au monopole du gouvernement sur l'usage légitime de la force », dénonce par ailleurs Ban Ki-moon, estimant que l'affaire Égypte-Hezbollah prouve que le parti de Dieu a des objectifs extraterritoriaux. « Cela est une menace à la paix régionale », a-t-il dit, appelant le Hezbollah à mettre un terme à « son militantisme en dehors du Liban et à se transformer en un parti exclusivement politique, en harmonie avec l'accord de Taëf », invitant les leaders libanais à faire en sorte que le dialogue national soit productif, bien plus qu'il ne l'a été jusqu'à présent.
Enfin, évoquant le scrutin 2009, il a salué la volonté des dirigeants libanais de faire en sorte que ces élections soient justes et pacifiques, jugeant qu'il est nécessaire que toutes les parties respectent l'accord de Doha.
Et de conclure : « Je suis heureux de voir que la situation politico-sécuritaire au Liban s'est considérablement améliorée depuis un an, mais je reste pertinemment conscient que le manque de confiance entre les factions, la compétition politique préélectorale et la présence continue de milices pouvant déboucher sur des tensions, une éventuelle future insécurité et instabilité au Liban et ailleurs. » Il a enfin exhorté les Libanais à davantage de coexistence.
Le neuvième rapport bisannuel du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sur le suivi de l'application de la résolution 1559 (portant sur la souveraineté du Liban, son intégrité territoriale et son indépendance politique) a été rendu public hier, à un peu plus d'un mois et demi des législatives du 7 juin prochain.Dans son texte, le patron du Palais de Verre commence par remarquer que la situation politique et sécuritaire interne a continué de « s'améliorer sensiblement » au cours des derniers six mois : les divisions entre le 14 et le 8 Mars n'ont pas abouti à la paralysie, malgré quelques tensions de temps en temps, et le président Michel Sleiman s'est montré...
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