Hier soir, Manchester United (qui avait concédé le nul à Old Trafford 2-2 à l'aller) s'est imposé 1 à 0 sur la pelouse du FC Porto au retour grâce à un boulet de canon de Cristiano Ronaldo dès la 6e minute. De son côté, Arsenal, qui était allé chercher le nul en Espagne (1-1), a confirmé avec une large victoire 3 à 0 sur son terrain contre Villarreal, d'abord par Walcott après un mouvement superbe avec Fabregas, ensuite par l'inévitable Adebayor, enfin sur penalty inscrit par Van Persie.
Des histoires de revanche en quelque sorte. En 2004, le FC Porto (vainqueur cette année-là) avait éliminé Manchester United en 8e de finale. Sir Alex Ferguson peut donc savourer. À Villarreal, Robert Pirès aurait bien voulu jouer un vilain tour à son ancienne équipe, Arsenal. Il avait quitté l'équipe londonienne en mauvais termes avec son mentor Arsène Wenger. Malheureusement pour lui, les Gunners ne lui ont pas laissé ce plaisir.
Trois représentants de la « Premier League » en demi-finale, le refrain est connu en C1.
La crise égratignera-t-elle l'hégémonie anglaise ?
L'an passé, déjà, Barcelone était le seul « non anglais » en demi-finale, au milieu des Liverpool, Chelsea et Manchester United. Les deux derniers s'étaient d'ailleurs retrouvés pour une finale disputée jusqu'au bout de la nuit à Moscou (victoire de ManU aux tirs au but). Faut-il s'attendre encore à une issue « 100 % Premier League » ?
Il y a deux saisons, c'était le Milan AC qui tenait le rôle du représentant de l'Europe du Sud, cerné par Chelsea, Manchester United et Liverpool. Les Italiens avaient été au bout, triomphants de Liverpool, pour une finale revanche de celle de 2005 (gagnée par les Reds après un renversement de situation inouï : Liverpool était mené 3-0 à la mi-temps et s'était finalement imposé aux tirs au but).
La crise financière actuelle peut-elle changer la donne dans l'avenir ? Peut-être. Les difficultés liées au crédit rendent les clubs anglais particulièrement vulnérables. Selon le président de la Fédération David Triesman, les clubs sont confrontés à un « danger terrible », une dette colossale, de trois milliards de livres, concentrée sur les plus gros clubs, que même les confortables droits de la Premier League risquent de ne plus suffire à rendre rentables.

