Hala décide de faire soigner à Londres. Elle reçoit une aide financière de son frère. C'était le 22 novembre 2007. Un mois plus tard, Hala quitte l'hôpital et s'installe dans l'appartement qu'ils ont loué à Londres. « Ma famille me rejoint pour passer les vacances de fin d'année, poursuit-elle. Tout allait bien, mais ma mère était inquiète pour Zeina. Elle sentait qu'elle n'allait pas bien. » Des appréhensions qui se sont avérées justes. En effet, de retour au Liban, la petite est hospitalisée. « Ma mère et ma sœur essayaient de me le cacher, se souvient encore Hala. Mais je sentais que quelque chose n'allait pas. Le timbre de leur voix changeait lorsqu'elles appelaient le Liban. En y réfléchissant et en essayant de recouper les pièces, j'ai deviné. »
Hala a senti alors que tout s'effondrait autour d'elle. Elle en a voulu au monde entier. « Pourquoi moi ? » ne cessait-elle de se répéter. Zeina a ainsi rejoint sa mère à Londres pour se faire soigner à son tour. « Nous avons suivi le traitement ensemble, ajoute-t-elle. Nous allions lundi à l'hôpital pour ma chimiothérapie et mercredi pour la sienne. J'ai terminé mes six mois de traitement et elle a poursuivi le sien à Beyrouth. Elle va mieux et suit actuellement le traitement de maintien pour deux ans. Cette période révolue, j'espère que je pourrai enfin dire que nous avons éradiqué le cancer de notre famille. »
Pensez positivement
S'adressant aux parents d'enfants souffrant de cancer, Hala insiste : « J'aimerais, à partir de mon expérience, évoquer certains problèmes que vous pourriez rencontrer. La perte de cheveux est dure pour l'enfant. Il faudrait trouver un moyen de l'aider à surmonter cette perte. Il ne faut surtout pas exacerber le problème pour ne pas l'inquiéter ou lui faire peur. »
« Si l'enfant prend du poids, n'en faites pas une tragédie, indique-t-elle. Cela est dû aux médicaments qu'il prend. Il ne faut pas non plus l'obliger à manger, parce que le manque d'appétit est un autre effet secondaire des traitements. »
L'enfant peut aussi avoir des changements d'humeur. « Faites preuve de patience, mais soyez aussi fermes, conseille Hala. Ne le gâtez pas trop et traitez avec lui comme vous l'aurez fait avec son frère ou sa sœur. Insistez pour que votre enfant continue à étudier. Et surtout ne lui montrez pas que vous avez peur pour lui. Adressez-vous à lui en utilisant des mots simples qu'il peut comprendre. Ne lui mentez pas sur sa situation. L'enfant est plus intelligent que vous ne le pensez et il sent tout. Pensez toujours d'une façon positive et profitez de l'appui et du soutien que vous apportent vos parents et amis. »

