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Arabes et Sud-Américains veulent renforcer leur coopération malgré la crise

Les dirigeants des 22 pays arabes et de 12 pays sud-américains étaient réunis mardi à Doha pour un sommet destiné à renforcer les liens entre les deux blocs et promouvoir leur coopération économique malgré la crise mondiale.

Ce deuxième forum ASPA (Amérique latine/Pays arabes) se déroule deux jours avant un autre sommet, très attendu, celui du G-20, qui regroupera jeudi à Londres les grands pays industrialisés et les principaux pays émergents.

Trois des pays présents à Doha (l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, l'Argentine et le Brésil) font partie du G-20.

"Nous ne construirons pas une architecture financière plus juste sans la réforme des organisations internationales", a déclaré dans son discours devant le sommet le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.

"Il n'y a que de cette manière que les pays qui ont le plus contribué à la crise financière, à la dégradation de l'environnement, aux déséquilibres du commerce et à l'insécurité collective assumeront leurs responsabilités", a-t-il encore déclaré, sans toutefois nommer ces pays.

Depuis le premier sommet ASAP, en 2005 à Brasilia, les échanges entre les deux blocs ont quasiment triplé. En 2007, ils atteignaient ainsi près de 18 milliards de dollars, dont 10,6 milliards d'exportations sud-américaines vers les pays arabes, selon la Chambre de Commerce arabo-brésilienne.

Mais au-delà de cet aspect purement économique, ces sommets ASPA ont surtout, aux yeux de certains des participants, une portée géopolitique.

"Nous insistons depuis de nombreuses années sur un monde multipolaire et nous pensons que (le sommet de Doha) constitue une bonne occasion pour qu'il prenne forme", a déclaré mardi à la presse le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file du camp populiste et anti-américain en Amérique latine.

"L'heure de la chute définitive de l'empire américain est arrivée (...) Il est nécessaire d'accélérer le rythme vers la formation d'un monde multipolaire", a poursuivi M. Chavez, pour qui le sommet de Doha "fait partie d'une nouvelle dynamique géopolitique".

Il a également prôné la formation d'une grande alliance énergétique et alimentaire entre les pays arabes et d'Amérique du sud".

Mais le président vénézuélien a aussi pris position avec force en faveur du président soudanais Omar el-Béchir face à la Cour pénale internationale (CPI).

La CPI a délivré le 4 mars un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, une région du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.

Lundi, le sommet arabe avait déjà apporté son soutien total au président soudanais, rejetant le mandat de la CPI.

"C'est une horreur judiciaire et un manque de respect pour les peuples du tiers-monde", a lancé M. Chavez à propos du mandat de la CPI, accusant celle-ci d'avoir "violé le droit international, parce que ce tribunal n'a pas les compétences pour prendre une décision d'une telle importance contre un président en exercice".

M. Chavez a aussi critiqué la présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, également présente à Doha, pour avoir organisé la semaine dernière un "Sommet des progressistes" auquel ont participé le vice-président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Cette attaque verbale a montré qu'en matière de divisions, les pays sud-américains n'avaient rien à envier aux pays arabes, dont le sommet lundi avait mis en évidence le maintien de profondes divergences.

Les dirigeants des 22 pays arabes et de 12 pays sud-américains étaient réunis mardi à Doha pour un sommet destiné à renforcer les liens entre les deux blocs et promouvoir leur coopération économique malgré la crise mondiale.
Ce deuxième forum ASPA (Amérique latine/Pays arabes) se déroule deux jours avant un autre sommet, très attendu, celui du G-20, qui regroupera jeudi à Londres les grands pays industrialisés et les principaux pays émergents.
Trois des pays présents à Doha (l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, l'Argentine et le Brésil) font partie du G-20.
"Nous ne construirons pas une architecture financière plus juste sans la réforme des organisations internationales", a...