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Culture - Vient De Paraître

Roger Najjar, un philosophe en herbe ?

Il est à peine plus haut que trois pommes et il a l'âge de jouer aux billes. Pourtant, Roger Najjar, à dix ans, préfère philosopher. En toute candide simplicité...
Minou Drouet aura-t-elle fait des émules ? Le mythe d'écrire dans la prime enfance, si bien analysé par Roland Barthes, n'est-il surprenant que parce qu'il est à la fois émouvant et attachant ? Comment découvrir la vie avant la vie et en parler avec tant d'aplomb, de « vérité » ? Cette vérité qui sort de la bouche des enfants est ici parole d'enfant touché par « l'adultance ». « Adultance » étant le savoureux néologisme d'un auteur libanais en quête, à dix ans, de précisions de terminologie... Roger Najjar, écrivain en herbe, fils d'écrivain (son père Alexandre Najjar a bien dû « commettre » quelques poèmes à l'âge où son fils s'entretient avec une délicieuse philosophie de la vie !), a sans nul doute de la graine culturelle de la famille Najjar car déjà le grand-père, « ténor » du barreau, avait de l'esprit à en revendre...
De la poésie, certes, mais déjà un sens ludique et grave dans le choix des mots, l'art de jongler avec les idées, la subtilité d'agencer des phrases, la finesse de juxtaposer les images.
Voilà le premier opus (comment en serait-il autrement pour ce Mozart des vocables) d'un enfant qui rentre en toute désinvolture, culottes courtes sur godasses empoussiérées par des jeux turbulents, dans la cour des grands.
 Le petit philosophe de Roger Najjar (un ensemble de petits textes joliment enserrés dans une couverture bleue cartonnée aux éditions Dergham, 56 pages) est un mince recueil de pensées, largement mordues de blanc, qui parlent de la pluie et du beau temps...Mais aussi, aux hasards de cette promenade impromptue chez les galopins qui fourragent actuellement dans les ordinateurs, des propos sur le temps, l'égalité, l'amour, la tristesse, le travail, la paresse...Tout cela avec un regard d'enfant, d'une fraîcheur tonique, décapante et, bien entendu, souvent amusante malgré d'évidentes pertinences...Tenez, une « perle », au hasard des pages : « On ne doit pas parler dans les bibliothèques : les écrivains sont dans les livres, il ne faut pas les déranger. »
 Un autre « aphorisme » inattendu ? « La paresse est bonne quand on est fatigué. »
Il est à peine plus haut que trois pommes et il a l'âge de jouer aux billes. Pourtant, Roger Najjar, à dix ans, préfère philosopher. En toute candide simplicité... Minou Drouet aura-t-elle fait des émules ? Le mythe d'écrire dans la prime enfance, si bien analysé par Roland Barthes, n'est-il surprenant que parce qu'il est à la fois émouvant et attachant ? Comment découvrir la vie avant la vie et en parler avec tant d'aplomb, de « vérité » ? Cette vérité qui sort de la bouche des enfants est ici parole d'enfant touché par « l'adultance ». « Adultance » étant le savoureux néologisme d'un auteur libanais en quête,...
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