Près d'une centaine de pays et d'organisations se réunissent mardi à La Haye au chevet de l'Afghanistan pour remobiliser l'action internationale en sa faveur alors que les Etats-Unis viennent d'appeler à de nouveaux efforts pour sa sécurité.
Cette réunion servira de caisse de résonnance à la nouvelle stratégie américaine pour l'Afghanistan dévoilée vendredi par le président Barack Obama. Elle permettra aussi un "cadrage" du sommet centré sur la question afghane que l'Otan tient vendredi et samedi à la frontière franco-allemande, selon un responsable de l'Alliance atlantique.
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, suivi du président afghan Hamid Karzaï, ouvriront la conférence devant quelque 90 délégations, y compris celles des grandes puissances émergentes voisines de l'Afghanistan et du Pakistan, de la Chine et de l'Inde.
Grande première diplomatique, l'Iran aussi sera là.
Une participation sans précédent qui fait suite aux ouvertures à son adresse de M. Obama. Elle traduit aussi à sa manière la gravité de la situation et l'intérêt pour Téhéran d'en finir avec l'afflux sur son sol de réfugiés et d'héroïne en provenance d'Afghanistan.
Aucun entretien n'est cependant prévu entre le délégué iranien et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
Pour enrayer l'insécurité entretenue par les talibans, qui empêche tout développement d'un des pays les plus pauvres du monde, Washington a pressé l'ONU, l'Otan et l'Union européenne de suivre l'exemple américain en fournissant des moyens militaires et civils supplémentaires et de mieux les coordonner.
Mais ceci a un coût, que le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a notamment évalué à deux milliards de dollars par an pour la seule formation de la police et de l'armée afghanes, dans une interview lundi au Financial Times.
Selon un responsable de l'Otan, les Etats-Unis voudraient au moins qu'un fonds fiduciaire de l'Otan destiné à subvenir aux coûts de l'armée et de la police afghane recueille 500 millions de dollars, alors qu'il n'a jusqu'à présent récolté que 25 millions.
Pour M. de Hoop Scheffer, c'est à de riches pays comme le Japon, l'Arabie saoudite et les Etats du Golfe qui seront présents à La Haye d'annoncer leurs premières contributions à ce fonds plutôt qu'aux pays de l'Otan qui dépensent déjà d'"énormes montants" pour leurs troupes.
La Commission européenne a indiqué vendredi qu'elle pourrait aussi annoncer à La Haye une augmentation de son aide à l'Afghanistan.
Par ailleurs, la France et les Etats-Unis devraient discuter lors de cette conférence des rôles respectifs revevant à l'UE et à l'Otan dans la formation de la police afghane, a indiqué samedi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.
Paris souhaite envoyer des éléments de la Force de gendarmerie européenne encadrer les policiers afghans, alors qu'une mission de police européenne Eupol est déjà présente à Kaboul. Washington voudrait que ce soit l'Otan qui les chapeaute, les Européens hésitent.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen, dans sa lettre d'invitation, a indiqué que cette conférence devait avant tout exprimer son "soutien politique" à l'Afghanistan.
"Il est important que la communauté internationale réaffirme son engagement à ne pas laisser tomber l'Afghanistan", à cinq mois d'une élection présidentielle cruciale prévue en août, a souligné un diplomate européen.
"Plus de sept ans après le début de l'intervention de la communauté internationale en Afghanistan, les taliban ne sont pas du tout défaits, le trafic de drogue prospère, le pouvoir à Kaboul reste faible et divisé et le chef d'al-Qaïda Oussama Ben Laden court toujours", a-t-il ajouté.
Cette réunion servira de caisse de résonnance à la nouvelle stratégie américaine pour l'Afghanistan dévoilée vendredi par le président Barack Obama. Elle permettra aussi un "cadrage" du sommet centré sur la question afghane que l'Otan tient vendredi et samedi à la frontière franco-allemande, selon un responsable de l'Alliance atlantique.
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, suivi du président afghan Hamid Karzaï, ouvriront la...


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