« Du point de vue sécuritaire, nous n'avons aucune information à ce sujet. Nous avons coopéré avec les enquêteurs de la commission d'enquête internationale (...), mais nous ne possédons aucune information pertinente », a-t-il indiqué.
« Nous sommes sortis du Liban tout de suite après, et nos relations avec les autorités libanaises ont été rompues, il n'y avait donc pas moyen de rechercher des informations ou d'enquêter sans coopération avec les services de sécurité libanais », a ajouté le président syrien, en référence au retrait des troupes syriennes du Liban en avril 2005.
Il a par ailleurs souligné qu'il « n'y avait aucune garantie » de non-politisation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Assad a encore affirmé que la Syrie appuie le président libanais Michel Sleiman et éprouve de l'estime pour le général Michel Aoun, qui avait été clairement son ennemi dans le passé et qui est devenu aussi clairement son ami maintenant. Assad a encore rendu hommage au rôle du général Aoun dans l'adoption de l'accord de Doha, rappelant qu'il est rare qu'un leader libanais renonce à ses intérêts personnels pour préserver l'intérêt général.
Au sujet de la chaleur avec laquelle le chef du CPL avait été accueilli lors de sa visite en Syrie, le président syrien a précisé qu'elle était due d'abord à sa « position franche et noble », et ensuite au fait qu'il n'est pas venu seulement en député membre de l'opposition, ancien adversaire de la Syrie, mais aussi « en figure de chrétien d'Orient », thème auquel la Syrie est très sensible. Il a critiqué au passage certaines personnalités libanaises qui se déclaraient « amies » de la Syrie et qui en fait ne cherchaient que leurs propres intérêts et tenaient des propos hostiles à ce pays dans leurs cercles privés. Ces personnalités ont modifié leur position publique lorsque la campagne menée contre la Syrie a éclaté au grand jour, a-t-il noté.
Au sujet du processus de paix dans la région, Bachar el-Assad a estimé qu'une paix est possible avec l'actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a précisé que l'arrivée au pouvoir du chef du Likoud a une incidence tactique, et non stratégique, sur les pourparlers de paix syro-israéliens et fait assumer à Israël le fait que les négociations indirectes entamées sous l'égide de la Turquie n'ont pas effectué une percée réelle car, selon lui, Israël n'était pas prêt. Assad a déploré le fait que ce volet ne semble pas figurer parmi les priorités du nouveau président américain Barack Obama. Le président syrien a encore estimé que la nouvelle administration américaine a donné rapidement des signaux positifs en Irak et en Afghanistan, mais il attend encore des initiatives concrètes dans le processus de paix israélo-arabe, ajoutant que les délégations américaines qui se sont rendues à Damas, surtout celle du département d'État, sont venues pour s'informer bien plus que pour proposer un plan d'action. Il a toutefois insisté sur le rôle primordial des États-Unis dans d'éventuelles négociations syro-israéliennes. Le président syrien a rappelé que les relations syro-iraniennes sont en revanche stratégiques.
Évoquant les traces d'uranium trouvées en Syrie, Assad a répété qu'elles seraient dues aux bombes israéliennes larguées contre le site en septembre 2007. Il a répété que son pays ne développe pas de programme nucléaire et que les Nations unies le savent.
Le président syrien a encore parlé des récentes réconciliations interarabes, affirmant qu'il n'y a pas eu d'entente en profondeur et que le processus en est encore à ses débuts. Il a ajouté que l'étape est très délicate pour les Arabes et confié avoir proposé de réglementer les conflits à défaut de pouvoir les résoudre.


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