Avec ses cheveux longs et sa barbe, il a d'ailleurs un air de ressemblance avec ces cavaliers mongols qui ont conquis une partie de l'Asie et de l'Europe il y a plus de 800 ans. « Les armées de Gengis Khan sont parties de la Mongolie et de la Chine pour aller en Russie et en Europe. J'ai pris le chemin contraire, depuis Votkinsk (ville située à l'ouest de l'Oural) jusqu'à Pékin. Et maintenant, je veux repartir de l'autre côté », ajoute-t-il.
Né dans le centre de la Chine, Li est parti en 1990 vivre en Russie, où il s'est marié et a eu un enfant. Il donnait des cours de chinois, tout en préparant son grand voyage. Après deux tentatives qui ont échoué, il a finalement réussi à partir en 2007, réalisant son rêve de voyageur épris de grands espaces. « Il n'y a rien de plus beau pour moi que d'être seul avec mes chevaux dans la magnifique steppe sibérienne. Ce sentiment de solitude et de tranquillité est indescriptible », explique le cavalier, qui, durant sa traversée de la Sibérie, portait une grande cape verte sur les épaules.
Après avoir quitté en août 2007 Votkinsk, ville natale du compositeur russe Tchaïkovski, il a rejoint Pékin le 11 mars. Et un cavalier gallois l'a invité à rejoindre une expédition qui s'élancera de la Grande Muraille, près de la capitale chinoise, le 19 avril, en direction de Londres. Ce voyage, qui devrait durer quatre ans, est destiné à la fois à lever des fonds pour des causes caritatives et célébrer le passage de relais olympique entre Pékin et Londres. «Ce n'est pas sûr à 100% que nous puissions rejoindre Londres, n'importe quoi peut arriver dans un voyage aussi long, nous verrons bien si les cieux nous sont favorables.»
Le fait qu'il parle à la fois chinois et russe sera d'une grande aide pour l'expédition qui voyagera le long de la Grande Muraille et suivra l'ancienne Route de la soie à travers l'Asie centrale. L'expérience qu'il a accumulée sera aussi utile. Pour éviter toute mauvaise rencontre ou des accidents avec les véhicules à moteur entre la Russie et la Chine, Li avait évité les villes. En janvier 2008, la neige l'a bloqué trois mois dans un village. De passage au Bashkortostan, une des républiques de la Fédération de Russie, il a eu une mauvaise surprise, ayant été interpellé par la police qui recherchait un cavalier suspecté du meurtre d'un policier.
L'aventure lui a coûté plus de 11 000 euros, dépensés surtout pour sa nourriture et celle des neuf chevaux qu'il a utilisés tout au long du parcours. Mais il a bénéficié aussi de la générosité des rencontres de passage. Pendant son voyage, il utilisait généralement deux montures, l'une pour lui, l'autre pour ses bagages. Mais à la frontière chinoise, les chevaux ont été bloqués pour un problème de quarantaine. Un passionné du nord-est de la Chine lui a alors offert le cheval qui lui a permis d'achever sa route. Son nom ? Lu'ai, « Amour du voyage » en chinois.

