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Liban - Diplomatie

Feltman encore plus rassurant après son escale à Damas

Après avoir visité Damas où il a évoqué un éventuel « rôle constructif de la Syrie dans la région », l'émissaire américain est revenu à Beyrouth, affirmant que « seuls les Libanais peuvent décider de l'avenir de leur pays ».

Après une brève visite à Damas samedi, première de son genre pour des responsables américains de ce niveau depuis 2005, le secrétaire d'État adjoint US par intérim au Proche-Orient, Jeffrey Feltman, et le conseiller à la Sécurité nationale chargé du Proche-Orient à la Maison-Blanche, David Shapiro, sont revenus à Beyrouth. Les deux émissaires américains ont poursuivi leur tournée au Liban hier, rencontrant plusieurs personnalités et réitérant le soutien de Washington à l'indépendance Liban « qui n'est pas en contradiction avec la recherche de solutions diplomatiques par le dialogue avec la Syrie ».
Un des dirigeants rencontré par Jeffrey Feltman à Beyrouth a indiqué à L'Orient-Le Jour que le diplomate américain a informé tous ses interlocuteurs « de la volonté américaine de poursuivre le dialogue entamé samedi avec Damas ». « Il a toutefois insisté sur le fait que ceci ne se fera pas au détriment du Liban, a ajouté ce responsable. Il a affirmé également que le Liban ne sera pas sur la table des négociations avec Damas et que la politique américaine au Liban ne changera pas. »
Ce dirigeant a également souligné que Jeffrey Feltman a insisté sur le « très ferme » soutien de Washington à la tenue des élections le 7 juin. Le diplomate américain « a refusé de répondre à la moindre question au sujet du Tribunal spécial pour le Liban. Il a souligné que ce dossier est entre les mains de la justice internationale et que les États-Unis ne s'y immisceront pas », a enfin indiqué ce dirigeant.

Kabalan et Kabbani
Par ailleurs, dans un geste significatif, Jeffrey Feltman et David Shapiro, accompagnés de l'ambassadrice des États-Unis Michelle Sison, ont visité le vice-président du Conseil supérieur chiite, Abdel-Amir Kabalan. Ce dernier a salué « l'ouverture de Washington face à la Syrie », appelant les États-Unis à agir de même à l'égard de l'Iran.
La délégation américaine a également été reçue par le mufti de la République, Mohammad Rachid Kabbani, qui a souligné que « les Libanais tiennent à entretenir de bonnes relations avec les USA, l'Europe et le monde entier ».

Un « engagement ferme »
Depuis Meerab où il a rencontré le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, Jeffrey Feltman a indiqué avoir été « chargé par le président (américain, Barack) Obama et la secrétaire d'État (Hillary) Clinton de transmettre un message aux dirigeants libanais, assurant que la nouvelle administration reste fermement engagée en faveur de la souveraineté et de l'indépendance du Liban ». « Nous continuerons à collaborer étroitement avec les Libanais pour édifier des institutions étatiques suffisamment fortes pour défendre la souveraineté du Liban », a-t-il ajouté.
Il a également réaffirmé que la position américaine concernant le Hezbollah « n'avait pas changé », en réponse à une question sur la décision de Londres d'autoriser des contacts avec la branche politique du parti de Dieu. « Nous ne faisons pas de distinction entre branche politique et branche armée. Il s'agit d'une seule et même organisation, a-t-il souligné. Le peuple libanais a le droit d'avoir un État qui puisse le défendre et répondre à ses besoins. »
Répondant à une question portant sur la teneur de ses discussions avec le chef de la diplomatie syrienne, Jeffrey Feltman a affirmé que « le dialogue avec les autres n'est pas une récompense, mais vise à trouver des solutions et des réponses aux problèmes ». « Il n'y a pas de contradiction entre notre ferme soutien au Liban et les tentatives de résoudre les problèmes par le dialogue avec la Syrie, a-t-il poursuivi. Washington est inquiet de la politique syrienne en ce qui concerne le Liban et d'autres dossiers. Et Damas a des inquiétudes à l'égard de notre politique. Hier (samedi), j'ai donné aux Syriens l'occasion de nous présenter leur vision et nous en avons fait de même. »
« Le Liban doit être aux Libanais qui ont exprimé leur volonté haut et fort le 14 mars 2005, a également affirmé le diplomate. Les décisions libanaises doivent être prises par le peuple libanais. Tel est le principe de notre politique à l'égard du Liban. Et nous souhaitons que tous les pays de la région et les voisins du Liban respectent l'indépendance des décisions libanaises. »
Il a par ailleurs affirmé que les États-Unis n'ont « toujours pas pris de décision concernant la nomination d'un ambassadeur à Damas ».

Les élections et le tribunal
À l'issue de sa rencontre avec le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Élias Audi, Jeffrey Feltman a en outre exprimé la disposition de son pays à dépêcher des observateurs pour veiller au bon déroulement des élections, « si les Libanais y consentent ».
À Bkerké où il a rencontré le patriarche Sfeir, l'émissaire américain a affirmé que « les Syriens ont compris notre position à l'égard du Liban, à savoir que seuls les Libanais peuvent décider de l'avenir de leur pays ». « Notre nouvelle administration reste engagée en faveur du Tribunal spécial pour le Liban, a-t-il ajouté. Attendons le verdict des juges qui recherchent la vérité à la demande des Libanais. »
Soulignons que Jeffrey Feltman a clôturé sa visite au Liban par deux rencontres avec le ministre de la Défense, Élias Murr, et le député Boutros Harb.

À Damas
Auparavant, Jeffrey Feltman et David Shapiro avaient visité Damas où ils ont rencontré le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem. Il s'agit du premier contact à ce niveau depuis celui de Richard Armitage, alors numéro deux du département d'État, en janvier 2005.
Des sources diplomatiques autorisées interrogées par L'Orient-Le Jour ont noté que le président syrien Bachar el-Assad n'a pas reçu la délégation américaine, « contrairement à son habitude en la matière ». « Jeffrey Feltman a demandé aux Syriens d'arrêter les infiltrations de terroristes vers l'Irak, de fermer les bureaux du Hamas à Damas, de coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique, de cesser leurs ingérences au Liban et de reprendre les négociations indirectes avec Israël, ont ajouté ces sources. Les Syriens, eux, ont demandé l'abrogation du Syrian Accountability Act, le retour de l'ambassadeur US à Damas, informant les Américains qu'ils n'enverront pas d'ambassadeur à Beyrouth avant les élections. »
Jeffrey Feltman a pour sa part affirmé après son entretien de quatre heures avec Walid Moallem que « la Syrie peut jouer un rôle important et constructif dans la région ».
Selon lui, les discussions ont été « en adéquation avec le message » du président Obama et de la secrétaire d'État Hillary Clinton qui « ont manifesté leur souhait de s'engager auprès de tous les pays de la région pour faire face aux questions d'intérêt mutuel ».
La visite à Damas est « une illustration concrète » de cet engagement, a-t-il dit, refusant d'en dire plus sur la teneur de ses discussions, notant simplement qu'elles avaient été « constructives » et avaient traité de questions bilatérales, régionales et internationales. « Nous avons trouvé de nombreux terrains d'entente aujourd'hui », a-t-il affirmé.
Interrogé de savoir si l'administration Obama avait l'intention de relancer les négociations de paix indirectes entre la Syrie et Israël par l'intermédiaire de la Turquie, le diplomate a appelé à la patience. « Les États-Unis veulent une paix israélo-arabe globale, a-t-il dit. Il y aura un volet israélo-syrien (de négociations) à un moment donné. Mais, à ce stade, nous avons besoin d'être patients. »
Selon l'agence officielle syrienne SANA, Walid Moallem et ses interlocuteurs ont souligné « l'importance de la poursuite du dialogue bilatéral pour (...) réaliser la paix et la sécurité dans la région ».
« Les États-Unis et la Syrie divergent sur de nombreux sujets importants et c'est une occasion pour nous d'échanger des opinions sur des questions bilatérales et régionales », a expliqué un responsable américain sous le couvert de l'anonymat.
Après une brève visite à Damas samedi, première de son genre pour des responsables américains de ce niveau depuis 2005, le secrétaire d'État adjoint US par intérim au Proche-Orient, Jeffrey Feltman, et le conseiller à la Sécurité nationale chargé du Proche-Orient à la Maison-Blanche, David Shapiro, sont revenus à Beyrouth. Les deux émissaires américains ont poursuivi leur tournée au Liban hier, rencontrant plusieurs personnalités et réitérant le soutien de Washington à l'indépendance Liban « qui n'est pas en contradiction avec la recherche de solutions diplomatiques par le dialogue avec la Syrie ».Un des dirigeants rencontré par Jeffrey Feltman à...
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