Parallèlement, la présidente démocrate de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a déclaré récemment à un homme d'affaires libanais : « Nous nous préoccupons beaucoup de votre pays. Il n'y aura aucun marché dans la région à ses dépens. L'ouverture de l'administration Obama en direction de la Syrie et de l'Iran ne s'opère pas au détriment du Liban, et il n'en paiera pas le prix. Nous ne cesserons jamais de soutenir la souveraineté, l'indépendance, la libre décision, la démocratie de ce malheureux petit pays qui a tant souffert, et souffre encore, du fait de sa position géographique. »
On le sait, Obama délaisse pour le moment le bâton que Bush brandissait, pour la carotte. Son ouverture est, toujours pour le moment, bien accueillie par la Syrie. En même temps, la réconciliation syro-saoudienne prend corps avec la visite que le président Assad doit rendre à Riyad. Cela après avoir rompu la glace avec Le Caire, par le truchement de Moallem qui s'est entretenu à Charm el-Cheikh avec son homologue égyptien, Ghaith, en présence du chef de la diplomatie saoudienne, Seoud el-Fayçal. La détente interarabe doit se trouver couronnée par le sommet du Qatar, les 29-30 du mois en cours, comme l'a déclaré Amr Moussa. Un sommet précédé ou suivi, on ne sait pas encore, par une rencontre entre le roi Abdallah d'Arabie saoudite, les présidents Moubarak et Assad d'Égypte et de Syrie, et l'émir du Qatar, cheikh Hamad.
Une ère d'apaisement
Selon des sources diplomatiques, les dirigeants arabes ont évoqué, au cours de leurs échanges en Égypte, le cas du Liban. Accordant leurs violons, ils ont décidé d'aider de leurs efforts l'organisation d'élections législatives libanaises régulières. La région entre dans une ère nouvelle d'apaisement, et le Liban devrait en profiter, malgré les probables tentatives de certains radicaux du cru de torpiller ce processus.
On note de la sorte que, se mettant au diapason des Arabes, des représentants du Courant du futur, d'Amal et du Hezbollah se sont réunis récemment, loin des feux de la rampe, en présence de responsables qualifiés de l'armée comme de la police. Pour mieux parer la menace de troubles provoqués par une quelconque cinquième colonne, lors de la campagne électorale, puis lors du scrutin.
Selon certains observateurs, l'anticyclone politique qui commence à intéresser la région devrait émousser fortement le clivage interne. Et même susciter une modification profonde des alliances électorales au profit, notamment, des modérés, et, partant, du nouveau courant centriste, dont on parle principalement dans les régions chrétiennes, où les aounistes le dénigrent, mais qui pointe également du nez à Tripoli où il bénéficierait de l'appui syrien.
Un sondage d'opinion, réalisé pour le compte d'un leader déterminé, donne le président Sleiman en tête des dirigeants politiques préférés des Libanais. Le ministre Baroud vient ensuite. Le président Siniora se classe sixième, et le président Berry n'est que dixième.


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