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Liban - Parution

Comprendre le Moyen-Orient, le défi relevé par Christian Chesnot et Antoine Sfeir

Dépassionné, fouillé, « Orient Occident, le choc ? » de Christian Chesnot et Antoine Sfeir aux éditions Calmann-Lévy est une référence pour tous ceux qui souhaiteraient comprendre un peu mieux les problèmes de la région.

Christian Chesnot n'aime pas trop qu'on le présente comme un ancien otage d'Irak, où il a passé cent vingt-quatre jours en détention en 2004. Il reconnaît que cette page de sa vie lui collera à la peau jusqu'à la fin de ses jours, mais il ne souhaite pas s'y arrêter et a choisi de tourner la page. Pour évacuer les mauvais souvenirs et surmonter l'épreuve, il a d'ailleurs écrit un livre, paru en 2005, avec son compagnon de détention Georges Malbrunot. Depuis, il garde encore à la bouche le goût de la « bamia » que ses ravisseurs lui donnaient à manger midi et soir, mais il n'a plus de rancœur et reste attaché au Moyen-Orient qui a de moins en moins de secrets pour lui.
Contacté par l'éditeur pour écrire le livre, l'idée de départ était de mélanger deux points de vue, celui du journaliste de terrain (lui-même) et celui de l'analyste (Antoine Sfeir). Entre les deux, les visions étaient parfois divergentes, mais les deux hommes ont réussi à offrir aux lecteurs un ouvrage harmonieux qui se veut essentiellement un document de référence. Christian Chesnot explique ainsi qu'avant la mondialisation et la chute du mur de Berlin, il était plus facile de comprendre la région qui était globalement partagée en deux camps, selon l'équilibre imposé par la guerre froide. Mais depuis les années 90, cette situation a changé. Il y a eu l'émergence des chiites, la montée en puissance des jihadistes, l'apparition du Qatar sur la scène régionale. La situation a connu un remodelage quasi total. « Antoine apporte la profondeur historique et moi, le flair du journaliste sur le terrain. Nous sommes complémentaires », dit-il.
Les problèmes de la région sont donc traités par thèmes, non par pays, et cela donne une lecture transversale assez nouvelle d'autant qu'avec la mondialisation, les problèmes sont souvent communs entre plusieurs pays, tout comme le terrorisme est devenu international. Un des chapitres du livre traite par exemple de ce qui est appelé « la génération al-Jazira ». Il expose la révolution médiatique réalisée par la chaîne d'information en continu du Qatar, qui contribue d'ailleurs largement à la mobilisation des populations arabes.
Avec une grande objectivité, les deux auteurs ne portent pas de jugement, mais se contentent de raconter des faits pour faciliter une « lecture dynamique » des événements. Un chapitre traite par exemple du problème de l'eau qui se pose dans la région et qui constitue un enjeu majeur du conflit israélo-arabe.
Les deux auteurs constatent au final que si les problèmes restent nombreux, un nouvel espoir naît pour la région et qu'il est dû au fait qu'en dépit d'une tendance au repli sur soi, la jeunesse et les femmes s'ouvrent au monde extérieur, grâce à Internet. La situation n'est plus aussi figée qu'il y a vingt ou trente ans et le progrès est palpable dans certains domaines, même s'il reste relativement lent.
Les deux auteurs, qui se rendent régulièrement dans la région, expliquent par exemple que le conflit israélo-palestinien reste majeur et qu'on le retrouve partout dans les autres problèmes du Moyen-Orient, mais ils estiment que la solution pourrait résider dans l'émergence d'une citoyenneté, au-delà des sentiments confessionnels, religieux ou des appartenances tribales. Christian Chesnot précise que le dialogue reste, à ses yeux, la seule voie possible pour résoudre les problèmes actuels. Mais le plus important reste que le droit international s'applique à tout le monde et non pas comme il l'est actuellement, avec « une géométrie variable ». Selon lui, deux approches existent pour traiter l'extrémisme : l'approche algérienne, radicale, qui a plongé le pays dans une longue et meurtrière guerre civile, et la seconde par le dialogue, qui prend du temps et mise sur le changement des mentalités. Il relève, à cet égard, le changement d'attitude d'Israël vis-à-vis de l'OLP, d'abord considérée comme l'ennemie absolue et devenue aujourd'hui un interlocuteur valable. Il mise ainsi sur le développement d'un certain réalisme dans l'approche des dossiers conflictuels, d'autant que dans cette région, les repères traditionnels sont en train de sauter. Il évoque ainsi les jeunes Arabes fascinés par les États-Unis, qu'ils détestent par ailleurs. « Ils appuient aussi les islamistes, mais défendent d'autres valeurs, sont attachés à leur arabité mais ne rêvent que d'émigration... », explique-t-il.
Sans rancœur ni animosité, le livre se veut donc un état des lieux dépassionné et objectif et comporte une chronologie de 40 pages, qui commence en 1914 et se termine en 2008. Pour Chesnot, il s'agit donc de dépasser les préjugés et de sortir des clichés, « dans lesquels on est souvent plongé par paresse, par ignorance et parfois volontairement »...
Christian Chesnot n'aime pas trop qu'on le présente comme un ancien otage d'Irak, où il a passé cent vingt-quatre jours en détention en 2004. Il reconnaît que cette page de sa vie lui collera à la peau jusqu'à la fin de ses jours, mais il ne souhaite pas s'y arrêter et a choisi de tourner la page. Pour évacuer les mauvais souvenirs et surmonter l'épreuve, il a d'ailleurs écrit un livre, paru en 2005, avec son compagnon de détention Georges Malbrunot. Depuis, il garde encore à la bouche le goût de la « bamia » que ses ravisseurs lui donnaient à manger midi et soir, mais il n'a plus de rancœur et reste attaché au Moyen-Orient qui a de moins en moins de secrets pour lui.Contacté par l'éditeur...
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