Entrepreneurs et hommes d'affaires palestiniens de Gaza craignent qu'aucune véritable reconstruction du territoire ne soit possible sans la levée du blocus imposé par Israël.
"Il n'y aura pas de reconstruction sans ouverture des points de passage" entre Gaza et Israël, affirme Ali al-Hayek, le directeur de l'Association de hommes d'affaires palestiniens de Gaza, en marge de la conférence de Charm el-Cheikh.
Réunis lundi dans la station balnéaire égyptienne, des représentants de la communauté internationale s'apprêtent à accorder une aide massive aux Palestiniens après l'offensive israélienne à Gaza (27 décembre-18 janvier) qui a provoqué d'importantes destructions, y compris dans le parc industriel local.
"Nous ne voulons pas continuer à recevoir de l'aide humanitaire, nous sommes un peuple libre et digne", poursuit Ali al-Hayek.
Gaza est soumise à un strict blocus israélien depuis que le Hamas en a pris le contrôle par la force en 2007.
Avant le déclenchement de la seconde Intifada en 2000, les secteurs de l'industrie, du bâtiment et de l'agriculture employaient plus de 120.000 personnes à Gaza, selon Paltrade, une organisation privée chargée de recueillir des données pour les Nations unies. Mais depuis juin 2007, les trois sont à l'arrêt, avec un taux de chômage de 94%, selon elle.
En affaire de longue date avec des sociétés israéliennes, Taysir Abou Eida, a fui avec sa famille dès le début des hostilités vers des zones sûres de Gaza. Mais à son retour, l'entrepreneur gazaoui n'a retrouvé que des ruines. Ses trois usines, ses silos et ses camions avaient été détruits, ses champs de pommiers dévastés et seule une de ses neuf maisons avait été épargnée. Il estime ses pertes à 12 ou 13 millions de dollars.
"Si vous étiez venu ici avant la guerre, vous auriez été ébahis. Cet endroit était le plus beau de Gaza avec tous ses arbres, regrette-t-il. Vous quittez votre maison et lorsque vous revenez, tout a disparu, avec vos usines, vos voitures, tout ce que vous possédez."
Selon lui, l'aide internationale sera de peu d'utilité sans la levée du blocus israélien. "L'argent n'a pas d'importance, assure-t-il. Tout ce qu'ils doivent faire, ce sont des pressions sur Israël pour ouvrir les points de passage".
Ali Abou Koumaïl, analyste pour Paltrade, craint lui aussi que sans l'ouverture des points de passage, l'aide internationale aidera certes à "soutenir la société palestinienne mais ne permettra jamais de donner une chance au développement."
Or, Israël estime que ces points de passage doivent rester fermés pour contraindre le mouvement islamiste à cesser ses tirs de roquettes contre son territoire.
Mais pour Ali al-Hayek, ce blocus punit le secteur privé de Gaza, tenant de la frange modérée palestinienne, pas le Hamas.
"Qui dépend des points de passage? Qui les utilise pour les importations et les exportations. Le secteur privé, pas le Hamas", martèle-t-il. Et d'expliquer que le Hamas et les groupes armées se servent des tunnels de contrebande à la frontière égyptienne pour importer ce qu'ils veulent. "Les contrebandiers et les hors-la-loi en profitent, et le secteur privé officiel est puni", poursuit-il.
"Lorsqu'une usine est fermée, les travailleurs vont chercher du travail ailleurs et la première opportunité qu'ils trouvent est la police locale", reprend Ali Abou Koumaïl, en référence à la police du Hamas. "Ou alors, ils peuvent travailler dans un tunnel".
"Il n'y aura pas de reconstruction sans ouverture des points de passage" entre Gaza et Israël, affirme Ali al-Hayek, le directeur de l'Association de hommes d'affaires palestiniens de Gaza, en marge de la conférence de Charm el-Cheikh.
Réunis lundi dans la station balnéaire égyptienne, des représentants de la communauté internationale s'apprêtent à accorder une aide massive aux Palestiniens après l'offensive israélienne à Gaza (27 décembre-18 janvier) qui a provoqué d'importantes destructions, y compris dans le parc industriel local.
"Nous ne...

