Rechercher
Rechercher

Actualités

Les travaux du Tribunal pour le Liban risquent de durer longtemps

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) débute ses travaux dimanche, mais le chemin sera encore long avant que les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri puissent être identifiés et jugés en raison de possibles obstacles politiques, estiment des experts.

En cours depuis quatre ans, l'enquête menée par une commission de l'ONU sur cet assassinat va continuer, aucune accusation formelle n'ayant été jusqu'à présent lancée contre des suspects.

Le greffier du TSL, le Britannique Robin Vincent, a d'ores et déjà donné le ton. "Je pense qu'il est improbable que ce tribunal termine ses travaux avant trois ans, mais plutôt entre trois et cinq ans".

"Je doute que nous puissions voir des résultats tangibles, comme des accusations formelles ou des procès, avant au moins deux ans", a déclaré de son côté à l'AFP Issam Moubarak, professeur de droit international à l'université de la Sagesse à Beyrouth.

"S'il y a ingérence politique, ou des preuves et des témoins qui disparaissent, il y aura du retard", a-t-il ajouté.

Le TSL, chargé de juger les auteurs de l'assassinat de Rafic Hariri, a une existence juridique depuis le 10 juin 2007, conformément à la résolution 1757 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Premier ministre sous la tutelle syrienne devenu opposant à l'hégémonie de Damas au Liban, ce richissime homme d'affaires à la stature internationale a été tué le 14 février 2005 avec 22 autres personnes dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth.

Les deux premiers rapports d'étape de la Commission d'enquête de l'ONU ont conclu à des "preuves convergentes" sur l'implication des renseignements syriens et libanais, citant les noms de proches du président syrien Bachar el-Assad. Damas a nié toute implication.

Progressivement, les rapports sont devenus plus avares en détails, la Commission d'enquête ne citant plus le nom de témoins et encore moins de suspects.

Au sein de la majorité parlementaire libanaise antisyrienne, certains craignent que le récent rapprochement entre Damas et Washington ne se fasse aux dépens du tribunal.

"Nous avons tendance au Moyen-Orient à laisser la politique influencer le système judiciaire", indique M. Moubarak. "Et pour cette raison, nous nous méfions de la reprise des relations entre la Syrie et Washington".

Cependant, des experts croient que le TSL parviendra à remplir sa tâche.

"Je ne pense pas que quiconque puisse interférer dans un tribunal créé par le Conseil de sécurité et composé de juges internationaux et libanais de haut niveau", estime l'ancien procureur général du Liban Mounif Oueidate. "Personne ne peut torpiller ce tribunal".

Pour le ministre libanais de la Justice Ibrahim Najjar, il est capital, pour le salut du pays, de choisir entre "l'impunité et la justice. Soit nous acceptons que ces crimes restent impunis, soit nous voulons que la vérité et la justice soient faites une fois pour toutes".

Le tribunal, avec un mandat de trois ans renouvelables, devra au préalable s'occuper de "la nomination des juges, de la procédure et de la collecte de preuves, un processus qui peut prendre des mois", dit Omar Nachabbé, expert en criminologie. "Les audiences ne devront pas avoir lieu avant bien longtemps".

Mais si le TSL parvenait à démasquer les coupables, beaucoup pensent qu'il représenterait un "modèle" pour l'avenir.

"Ce tribunal a créé un précédent dans la loi internationale et pourrait ouvrir la voie à d'autres tribunaux de ce genre", estime M. Moubarak.


En cours depuis quatre ans, l'enquête menée par une commission de l'ONU sur cet assassinat va continuer, aucune accusation formelle n'ayant été jusqu'à présent lancée contre des suspects.
Le greffier du TSL, le Britannique Robin Vincent, a d'ores et déjà donné le ton. "Je pense qu'il est improbable que ce tribunal termine ses travaux avant trois ans, mais plutôt entre trois et cinq ans".
"Je doute que nous puissions voir des résultats tangibles, comme des accusations formelles ou des procès, avant au moins deux ans", a déclaré de son côté à l'AFP Issam Moubarak, professeur de droit international à l'université de la Sagesse à Beyrouth.
"S'il y a ingérence politique, ou des preuves et des...