Certes, le club catalan n'a pas démenti ses statistiques essentielles : il a connu une possession de balle de 60 %, et de nouveau marqué au moins un but (son compteur but est resté vierge trois fois seulement sur ses 40 matches disputés cette saison toutes compétitions confondues).
Mais ce n'était plus le Barça qui sinon affole les tableaux d'affichage, du moins enchante dans le jeu. Ce fut criant en première période, où l'agressivité de Toulalan et Makoun associée à la vivacité d'Ederson et la vista de Juninho l'ont fait déjouer.
La faute aussi à la circulation de balle blaugrana, largement imprécise et produisant un déchet plus important qu'à l'accoutumée. Symptomatiquement, les couloirs ont été sous-utilisés. Devant, Messi et Henry n'ont pas eu leur rendement habituel. À vrai dire, on ne les a quasiment pas vus.
Les efforts de l'Argentin ont été annihilés par la défense lyonnaise, très attentive à celui qui fait figure de meilleur joueur du monde, resté cantonné à une prestation sans relief. Henry aura joué à l'homme invisible quasiment tout le match. Sa seule apparition, en surgissant au second poteau pour égaliser, fut néanmoins décisive.
La relation avec les arrières latéraux ? Tout sauf féconde : ce n'était pas le Daniel Alves qui monte et centre sans arrêt, et Puyol n'était pas Abidal dans le registre offensif. Comme Busquets n'était pas Iniesta, loin s'en faut. Xavi se retrouvait du coup bien seul pour impulser les attaques.
Les ailes coupées, le Barça voletait donc sans pouvoir décoller. « Le Barça ne s'est quasiment pas procuré d'occasions hormis sur le but égalisateur et le poteau d'Eto'o », a ainsi noté Lloris.
« Est-ce qu'on les a eus à l'usure ? Non, parce qu'on n'a pas marqué un but d'école comme on peut le faire en championnat d'Espagne », a d'ailleurs observé Henry, comme pour pointer le contraste entre ce Barça sobre et le glouton. Avec l'efficacité en point commun.
L'égalisation est d'ailleurs venue d'un corner. « Avant, le Barça ne marquait pas beaucoup sur coups de pied arrêtés, mais cette saison nous les travaillons et ça nous a réussi aujourd'hui », a assuré le buteur. Les détails de ce type font parfois pencher la balance, et Pep Guardiola, s'il reste un apôtre du beau jeu, ne néglige rien.
L'entraîneur barcelonais a vu deux visages à son équipe. « En première période, le Barça n'a pas trop bien joué, a-t-il admis. À la mi-temps, nous avons corrigé ce qui n'allait pas et nous avons produit une belle seconde période surtout en contrôlant l'ensemble du jeu ».
Ce n'était toujours pas le grand Barça, mais Guardiola ne peut accabler ses joueurs pour un résultat finalement satisfaisant. Car, dans une période de trouble (un point pris lors des deux derniers matches de championnat), ce genre de réalisme est aussi la marque d'une grande équipe.


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