Hassan Nasrallah a tenu ces propos en duplex, lors d'un rassemblement organisé dans la banlieue sud, à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinat de son prédécesseur, Abbas Moussaoui, et des dirigeants de son parti, Ragheb Harb et Imad Moghniyé, tué dans un attentat il y a un an à Damas. Dans son discours qui a été retransmis par la chaîne al-Manar, le chef du Hezbollah a exprimé son souhait que « le 14 février, date de l'assassinat du martyr Rafic Hariri, puisse redevenir une journée fédératrice ».
Le secrétaire général du Hezbollah a en outre répondu par la pareille aux propos conciliants tenus par le chef du PSP, Walid Joumblatt, lors du rassemblement de la place des Martyrs, samedi. Rappelons que M. Joumblatt avait affirmé que « nous respectons leurs martyrs comme ils devraient respecter les nôtres ». Hassan Nasrallah a repris ces mots, déclarant que « nous respectons les martyrs de l'autre camp, même si nous ne partagions pas leurs positions politiques ». « Face au martyre, nous nous élevons au-delà des différends politiques et nous les appelons à respecter nos martyrs, parce que certains d'entre eux ne le font pas », a-t-il ajouté.
Les condoléances au PSP
« Chacun a sa propre évaluation des évènements des dernières années et de chaque incident qui s'y est produit, a-t-il poursuivi. J'appelle de nouveau au calme tant au niveau des discours que sur le terrain. Les expériences passées montrent que la rue écoute les chefs. Il faut régler dans leur globalité les violences qui ont eu lieu il y a 48 heures (samedi, à Ras el-Nabeh, où Loutfi Zeineddine a été assassiné). Il faut mettre un terme à la provocation. Il reste que nous condamnons toute personne qui agresse une autre et l'assassine en la poignardant. Nous devons tous pouvoir exprimer nos opinions sans agresser les autres. Je m'adresse aux jeunes : on ne peut pas exprimer les émotions à travers des actes qui pourraient détruire le pays et mener leur auteur en enfer. Le martyre de Loutfi Zeineddine est douloureux pour nous tous. Au nom du Hezbollah, je présente nos condoléances à sa famille, à Chbaniyé, à la Montagne, à la direction et aux partisans du PSP. C'est comme cela que nous devons nous comporter. »
Hassan Nasrallah a aussi salué « les efforts déployés par les différentes parties au cours des dernières 48 heures pour restaurer le calme ». « Nous devons faire face à des développements majeurs, a-t-il poursuivi. Nous nous référons donc à l'État, à ses institutions et notamment à la justice. »
Les prochaines législatives
Le chef du parti de Dieu a par ailleurs appelé ses partisans à participer massivement aux élections « qui ne sont pas un événement passager ». « Les électeurs doivent commencer à préparer leur carte d'identité, à vérifier les listes électorales et à collaborer avec les machines électorales », a-t-il ajouté.
Il a également affirmé que « le Liban n'est pas la Suisse, ni en termes de stratégie de défense ni en matière de politique et d'administration ». « Nous avons des partis dont seuls certains sont transcommunautaires, des collectivités, des confessions », a-t-il noté.
Ripostant aux propos du chef du Courant du futur, Saad Hariri, qui avait affirmé que « le 14 Mars ne prendra pas part au gouvernement s'il ne remporte pas les élections », Hassan Nasrallah a estimé que « le pays ne peut être gouverné que par le biais de l'entente et de la participation de toutes les parties au pouvoir ». « L'accord quadripartite a échoué parce qu'il a ignoré un courant essentiel et incontournable dans la rue chrétienne, a-t-il lancé. L'époque où deux ou trois communautés s'entendaient pour gouverner le pays au détriment des autres est révolue. Il vaut mieux que les responsables polémiquent en Conseil des ministres plutôt que les gens ne s'entre-tuent dans la rue. »
« Que nul ne pense toutefois que l'opposition a peur de gouverner seule, a-t-il martelé. Que personne ne cherche à terrifier les Libanais en les menaçant de ne pas participer au gouvernement, au moment où le monde connaît une grave crise financière. Si nous gagnons le scrutin, je propose simplement à l'opposition d'offrir aux autres de participer à un gouvernement d'union nationale et d'y détenir un tiers de blocage. S'ils refusent, nous formerons seuls le gouvernement et nous serons à la hauteur des responsabilités qui nous seront confiées. »
La défense antiaérienne
Évoquant le conflit arabo-israélien, Hassan Nasrallah a réitéré son analyse selon laquelle « il n'existe que trois positions hypothétiques possibles face à Israël : la collaboration, le compromis humiliant et la résistance ». « Le premier choix est inenvisageable et le second a échoué, a-t-il estimé. (...) Pourquoi veulent-ils sacrifier la résistance gratuitement ? Quelle sera la réponse libanaise aux résultats des élections israéliennes ? La droite israélienne révèle le vrai visage de l'ennemi. Ce sont tous des assassins d'enfants. Tous les actuels dirigeants israéliens ont été vaincus au Liban. Il reste Lieberman qui ne pourra rien faire. »
« Depuis la guerre de juillet 2006, la marine de l'ennemi a été placée hors de l'équation du conflit, a-t-il aussi estimé. Depuis l'attaque contre Gaza, son infanterie a connu le même sort. Si Israël envoyait des unités au Liban, elles seraient détruites par les disciples de Imad Moghniyé, Ragheb Harb et Abbas Moussaoui. »
« Les Israéliens n'ont plus que leur aviation de guerre, a-t-il ajouté. Ils ont peur pour leur flotte aérienne et font circuler des informations selon lesquelles la Résistance posséderait des armes antiaériennes. Je n'infirme pas et je ne confirme pas ces informations. Nous agissons par surprise. La Résistance a le courage et la volonté suffisants pour utiliser ces armes. (...) Nous avons le droit d'acquérir et d'utiliser tout type d'arme, y compris les (missiles) antiaériens. »
« Certains affirment que la résistance à Gaza ou au Liban n'a pas pu protéger les femmes et les enfants, a-t-il en outre affirmé. La guerre n'est pas une manifestation. Dans tout conflit, il y a des victimes. L'essentiel est d'empêcher le retour de l'occupation. »
Et le chef du Hezbollah de souligner que « Imad Moghniyé continuera à hanter Israël pendant longtemps », avant de saluer « toute forme de rapprochement interarabe, notamment entre l'Arabie saoudite et la Syrie ».


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