Son vétéran Didier Cuche, sacré en super G, a manqué pour 4/100es en descente un doublé que seuls l'Autrichien Hermann Maier et l'Américain Bode Miller ont déjà réussi par le passé. Surtout, avec l'impassible Carlo Janka, 22 ans, et Lara Gut, l'insolente petite bombe de 17 ans et demi, l'équipe suisse dispose de deux talents à faire pâlir ses voisines de jalousie. Les deux jeunes flèches n'étaient pas en stage d'observation pour leurs premiers Mondiaux : le premier repart avec l'or du géant et le bronze de la descente, la seconde avec deux médailles d'argent en descente et supercombiné.
Lindsey Vonn la star
L'Américaine, 24 ans, n'a pas réussi à égaler les trois médailles d'or de la Suédoise Anja Päerson en 2007, mais elle est la fusée 2009 avec son doublé super G/descente. La meilleure skieuse de la saison passée a non seulement montré pourquoi elle dominait encore cette année la Coupe du monde, elle a aussi assuré l'animation hors des pistes. En fêtant sa victoire au champagne lundi, elle s'est entaillé le pouce droit, et les cinq jours suivants, les Mondiaux sont restés suspendus à son doigt meurtri. L'ex-Miss Kildow, qui a fait un aller-retour à Innsbruck (Autriche) pour se faire opérer, a dû renoncer au géant, mais c'est surtout en slalom samedi que son attelle l'a handicapée. Du coup, l'Américaine a fini ses Mondiaux le derrière dans la neige.
La Face de Bellevarde, déjà un mythe
Elle n'avait que peu d'histoire mis à part son épisode olympique des JO 1992, mais Bellevarde a su se construire une belle légende en 15 jours. Son mur de glace à l'épreuve des balles, luisant la nuit sous les projecteurs, a rappelé aux novices que le ski alpin peut être un sport de trompe-la-mort. Seuls 38 messieurs se sont risqués à la descendre à fond. L'Autrichien Michael Walchhofer s'est attiré une mention spéciale avec ses deux descentes en moins d'une heure. Dommage pour lui, son second essai compta pour du beurre. Le public a aussi répondu présent, avec un total de 250 000 spectateurs pour dix épreuves. Reste à être un peu plus enthousiaste.
L'Autriche à « Val M'Isère »
La Wunderteam peut-elle encore mériter son nom ? L'équipe autrichienne, habituée à monopoliser les podiums, a passé deux semaines tête baissée. Elle doit à la discrète Kathrin Zettel son seul titre chez les dames, en supercombiné, et Manfred Pranger a sauvé in extremis avec l'or en slalom l'honneur des messieurs, qui ont fait un beau zéro pointé en vitesse.
Bode Miller, pâle cow-boy
Le quadruple champion du monde a été certes de tous les skieurs le plus pénalisé par la purée de pois sévissant sur les hauteurs de Bellevarde lors de la descente (8e). Mais c'est pendant tous les Mondiaux que l'Américain a donné l'impression d'être dans le brouillard. Le lauréat du grand globe de cristal avait pourtant l'or à porter des spatules en supercombiné au terme d'une spectaculaire descente où il avait joué une nouvelle fois l'équilibriste. Mais il est sorti après deux portes dans la manche de slalom, puis en géant et dans le slalom de clôture. Après sa triste prestation savoyarde, Bode Miller commence même à songer à la retraite.
La France honorable
L'équipe de France attendait son leader Jean-Baptiste Grange, en course pour trois médailles. Mais c'est Julien Lizeroux qui a répondu présent. Le skieur de La Plagne (Savoie), sur un nuage depuis sa victoire à Kitzbühel (Autriche), s'est paré deux fois d'argent en supercombiné et slalom, suivant la voie ouverte par Marie Marchand-Arvier en super G. C'est le meilleur bilan français depuis les Mondiaux de Sankt-Anton (Autriche) en 2001.

