David LaChapelle, 45 ans, s'est fait connaître ces 25 dernières années en publiant dans les plus grands magazines des clichés aux couleurs vives et à la mise en scène d'un onirisme souvent kitsch, représentant des mannequins anonymes ou célèbres comme Naomi Campbell, et des célébrités du cinéma, de la musique ou de la jet-set, comme Uma Thurman, Angelina Jolie, Madonna, Elton John, David Bowie, Courtney Love, Paris Hilton, Pamela Anderson.
Cet artiste très marqué par sa rencontre avec Andy Warhol dans les années 80 a aussi réalisé des clips (pour Amy Winehouse, Britney Spears, Norah Jones...), des publicités (H&M, Burger King, Desperate Housewives) et des films documentaires.
« J'ai essayé d'utiliser tout ce que j'ai appris » en travaillant pour la mode et les célébrités pour l' « appliquer maintenant à mes propres idées », a expliqué David LaChapelle à la presse.
L'exposition à la Monnaie de Paris, la plus complète jamais organisée en France, donne à voir près de 200 œuvres de l'artiste : ses clichés les plus connus, mais aussi ses œuvres les plus récentes qui n'avaient pas encore été exposées.
Le public pourra ainsi découvrir la série Déluge, inspirée à David LaChapelle par les fresques de Michel-Ange à la chapelle Sixtine, et sa dernière réalisation, Présages
d'innocence.
Déluge met en scène des hommes et des femmes nus, au milieu de flots déchaînés dans lesquels ont sombré des symboles de la société de consommation (enseignes d'une chaîne de fast-food et d'une marque de prêt-à-porter de luxe, palace de Las Vegas, chariot de supermarché...).
« C'est une œuvre fondamentale dans la carrière de David LaChapelle », souligne Gianni Mercurio, commissaire de l'exposition, devant la presse. Il a réussi à introduire dans la photographie « le grand émoi de la fresque ».
Dans l'ensemble de son œuvre, David LaChapelle « nous a habitués à faire des incursions dans l'histoire de l'art et on peut reconnaître dans ses photos des citations évidentes », outre Michel-Ange, de peintres comme Jérôme Bosch, Magritte, Max Ernst, explique le commissaire.
Parmi les dernières œuvres du photographe figurent des « tableaux » en 3D, à la manière des livres pour enfants dont le décor se déploie en relief lorsqu'on les ouvre. Des voitures fracassées composent The Crash (l'accident), un autre « tableau » illustre la « décadence » de la société de consommation en mêlant gros gâteaux crémeux, cochons dorés en train de forniquer, une Vierge à l'enfant, un crâne en diamants.

