Déplorant le niveau atteint par le discours et les pratiques politiques dans le pays, M. Geagea a déclaré : « Chaque année en cette période, au début du mois de février, les médias du 8 Mars s'emploient à rappeler à l'opinion publique l'affaire de ce qu'ils qualifient d'invasion d'Achrafieh, soulignant à ce propos la position des Forces libanaises et mon attitude à moi, personnellement (M. Geagea, rappelle-t-on, avait alors appelé les habitants d'Achrafieh à la retenue afin d'éviter des heurts confessionnels). Ceux qui ont fait preuve de sagesse à l'époque sont accusés aujourd'hui de soumission. Ils voulaient que j'appelle les habitants d'Achrafieh à prendre les armes de manière à provoquer une bataille. Si ces médias (du 8 Mars) veulent parler de l'invasion d'Achrafieh, il faudrait alors ouvrir le dossier des invasions en général. »
Stigmatisant vivement les événements du 5 février 2006 « que nul ne pourrait tolérer », le leader des FL a accusé les médias du 8 Mars de « déformer la réalité sur ce plan en prétendant que des groupes liés au Courant du futur, au 14 Mars et aux Forces libanaises ont lancé une agression contre Achrafieh, alors qu'en réalité, ce sont certains fondamentalistes venus de Tripoli, de la Békaa et d'autres régions qui ont organisé une manifestation devant l'ambassade du Danemark (à Achrafieh) pour protester contre les caricatures portant atteinte à l'islam ». « Il y a eu des débordements, comme c'est souvent le cas dans ce genre de manifestation, a souligné M. Geagea. Il est déplorable de constater que ces médias (du 8 Mars) incitent à la haine confessionnelle, comme s'ils voulaient pousser les habitants d'Achrafieh à se venger des sunnites. Une telle incitation à la haine est-elle concevable, sachant que 250 personnes ont été arrêtées à la suite de cet incident et ont été soumises à des interrogatoires, sans compter le fait que le Haut Comité de secours a indemnisé ceux qui ont subi des dégâts dans leurs biens ? »
Et le leader des FL d'ajouter à ce propos : « Combien de personnes ont-elles été soumises à une enquête à la suite des invasions successives de Aïn el-Remmaneh et Chiyah, sans compter l'agression de mai (l'occupation de Beyrouth-Ouest par le Hezbollah, le 7 mai 2008) qui avait fait des dizaines de victimes à Beyrouth, à Bayssour, à Aley, à Khaldé et à Aramoun ? Y a-t-il eu des arrestations à la suite de ces événements ? »
M. Geagea a, d'autre part, affirmé que « depuis cinq mois, environ, l'autre partie a commencé à perdre espoir en une victoire aux prochaines élections législatives, d'où le fait qu'ils ont recours aux menaces, à la polémique et à la falsification de la réalité ».
Appui à la position de Joumblatt
Par ailleurs, le leader des FL a appuyé les observations formulées par le leader du PSP, Walid Joumblatt, concernant le comportement de certains officiers supérieurs de l'armée, dont notamment le commandant de l'armée, le général Jean Kawhagi, soulignant que « tout responsable a le droit d'exprimer ses appréhensions et ses observations au sujet de n'importe quelle administration de l'État ». Se déclarant surpris par la réaction du 8 Mars à la position de Walid Joumblatt à ce sujet, M. Geagea a déclaré : « Ils se sont souvenus qu'il existe une institution militaire uniquement lorsque le leader d'un parti et chef d'un grand bloc parlementaire a soulevé certaines interrogations. Ils ignorent, par contre, cette institution militaire lorsqu'il s'agit d'évoquer le problème des armes qui échappent au contrôle de l'armée ou des armes déployées en dehors des camps de réfugiés, ou aussi lorsqu'il s'agit de la décision de guerre et de paix. Celui qui se montre soucieux de l'institution militaire devrait œuvrer afin de rassembler les armes qui échappent au contrôle de l'armée et de faire en sorte que la décision de guerre et de paix soit du seul ressort du gouvernement libanais. »
Sur un tout autre plan, M. Geagea a réaffirmé que le ministre des Télécoms, Gebran Bassil, a tenté d'entraver la mission de la commission internationale d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri en s'abstenant de fournir à la commission des informations qu'elle réclamait. Le leader des FL a précisé à cet égard qu'il a fallu que le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, adresse une lettre écrite officielle à son homologue des Télécoms, de même qu'il a fallu les interventions du président de la République et du Premier ministre pour que la commission d'enquête obtienne les informations qu'elle réclamait.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine