Rechercher
Rechercher

Actualités - Israël

Des législatives marquées par une poussée de l’extrême droite

Si la campagne pour le renouvellement anticipé de la Knesset a été terne, elle a néanmoins été marquée par la montée en puissance d'Avigdor Lieberman et ses virulentes attaques contre la communauté arabe israélienne.
Mardi prochain, les Israéliens seront appelés à renouveler la Knesset. Ce scrutin était originellement prévu pour 2010. Il a néanmoins dû être avancé en raison de l'incapacité de Tzipi Livni - nommée par Kadima pour remplacer le Premier ministre Ehud Olmert contraint à la démission en raison de son implication dans des affaires de corruption - à former un nouveau gouvernement en septembre dernier. La ministre des Affaires étrangères a échoué notamment en raison du refus du parti ultraorthodoxe Shass de soutenir son programme. Les législatives ont, en conséquence, été avancées au 10 février.
Longtemps, le Likoud de Benyamin Netanyahu a été largement en tête de la course électorale. Ce week-end, l'écart avec Kadima a néanmoins commencé à se réduire. Les derniers sondages octroyaient 25 à 27 sièges au Likoud contre 12 dans la Knesset sortante, 22 à 23 sièges au parti Kadima de Livni contre 29. En troisième position figurerait le parti Israël Beiteinou de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman (18 à 19 sièges contre 11), la surprise de ce scrutin, devant les travaillistes d'Ehud Barak, qui pourraient, mardi, réaliser le score le plus bas de leur histoire (14 à 17 sièges contre 19).
L'Israël politique qui sortira de ce scrutin reste encore flou. Surtout si, comme l'annonçaient les médias ce week-end, un accord pour la libération du soldat Shalit était conclu avant le scrutin. Dans l'état actuel des choses, Netanyahu a toutefois encore toutes les chances de devenir le prochain Premier ministre. Optera-t-il, alors, pour un cabinet d'union nationale comprenant Kadima et les travaillistes (une option qui satisferait Washington) ou choisira-t-il de barrer à droite toute ? Quelle que soit l'option retenue, Avigdor Lieberman devrait être le grand gagnant du scrutin, Netanyahu lui ayant déjà promis un ministère « important ».
 
Le phénomène Lieberman
Né en Moldavie, où il officia en tant que videur de boîte de nuit, Avigdor Lieberman, 50 ans, est arrivé en Israël à 20 ans. Sa carrière politique est marquée par un poste de chef de cabinet du Premier ministre Netanyahu entre 1996 et 1997, et un poste de ministre des Affaires stratégiques créé pour lui sous le gouvernement Olmert en octobre 2006. Gouvernement qu'il quitte en janvier 2008 pour protester contre le processus de paix d'Annapolis. Lieberman, héraut des émigrés russes, réside dans le colonie de Nokdim, près de Herodion.
Durant cette campagne, les Arabes israéliens ont été l'une des cibles privilégiée de cet homme au lourd accent russe et dont le slogan de campagne est : « Sans loyauté, il n'y a pas de citoyenneté ». Dans son programme politique, Lieberman propose le vote d'une loi qui contraindrait les Arabes israéliens à signer une déclaration de « loyauté » à Israël, « État juif et démocratique ». En cas de refus, l'intéressé serait privé de son droit de vote et de son droit d'être élu. « Israël est confronté à une double attaque terroriste, de l'intérieur et de l'extérieur », a-t-il affirmé lors de la campagne. « Et le terrorisme de l'intérieur est toujours plus dangereux que celui de l'extérieur ». Avant cette campagne, Lieberman a également appelé à l'échange de territoires peuplés d'Arabes israéliens contre des parties de Cisjordanie. En mai 2006, Lieberman avait aussi appelé à exécuter les députés arabes israéliens qui rencontrent des dirigeants du Hamas. « Les Arabes ont tous les droits, mais ils n'ont aucun droit sur la terre d'Israël », a-t-il également affirmé.
S'il a de nombreux partisans en quête d'un « homme fort », comme l'attestent les sondages, certains tirent la sonnette d'alarme, comme l'ancien député de gauche Yossi Sarid, qui se demandait : « Quelle est la différence entre mon parti et les partis fascistes en Europe? ».
Dans les colonnes du Haaretz, Israel Harel estime que si Avigdor Lieberman remporte la victoire que les sondages lui prédisent, les grands partis « qui ont ignoré la détresse et les peurs » des Israéliens « en seront responsables ». « Lieberman surfe sur la vague des trois crises chroniques que subit l'État : la crise du leadership politique, militaire et judiciaire ; la radicalisation des Arabes d'Israël qui en arrivent à rejeter le droit d'Israël à l'existence  (...) ; et la crise morale, qui se reflète dans l'arrogance, le manque d'intégrité et les doubles standards de la partie d'une certaine frange de l'intelligentsia israélienne », ajoute l'éditorialiste qui estime que s'il faut rejeter les idées toxiques de Lieberman, il faut également s'attaquer aux problèmes qu'il évoque.
 
Les Arabes israéliens
Les Arabes israéliens, cibles de Lieberman, comptent 1,2 million de personnes sur un total de 7 millions d'habitants. Pour cette communauté, la question centrale est celle de la participation ou non au scrutin.
Dans un premier temps, la participation des partis arabes israéliens avait été interdite par la commission électorale en raison de leur position jugée ambiguë par rapport à des mouvements comme le Hamas ou le Hezbollah. La Cour suprême israélienne a toutefois rejeté cette interdiction et a autorisé les partis arabes à participer au scrutin de mardi.
Pour ce scrutin, la plupart des partis arabes israéliens, Hadash (communiste), Balad (nationaliste) et Raam-Ta'al (islamiste modéré), n'appellent pas au boycott, contrairement aux scrutins précédents, et notamment à celui de 2001 qui était intervenu quatre mois après les émeutes d'octobre 2000. Ces émeutes avaient causé la mort de 13 manifestants arabes.
La question est de savoir si l'appel à la participation électorale sera entendu par les Arabes israéliens, toujours sous le choc de l'opération israélienne « Plomb durci » contre Gaza. Lors du dernier scrutin, le taux de participation des Arabes israéliens était de 56 %. Cette fois-ci, ce taux pourrait plonger. De l'ampleur de la plongée dépendra la présence, ou non, de certains partis arabes à la Knesset.
Mardi prochain, les Israéliens seront appelés à renouveler la Knesset. Ce scrutin était originellement prévu pour 2010. Il a néanmoins dû être avancé en raison de l'incapacité de Tzipi Livni - nommée par Kadima pour remplacer le Premier ministre Ehud Olmert contraint à la démission en raison de son implication dans des affaires de corruption - à former un nouveau gouvernement en septembre dernier. La ministre des Affaires étrangères a échoué notamment en raison du refus du parti ultraorthodoxe Shass de soutenir son programme. Les législatives ont, en conséquence, été avancées au 10 février. Longtemps, le Likoud de Benyamin Netanyahu a été largement en...