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Liban

L’islam interdit toute pratique apparentée à la sorcellerie

« Dans un jardin de Beyrouth, je vois une tête coupée qui ressemble à l'une de ces innombrables statues romaines. Elle était posée sur une table basse et reliée à des câbles électriques et à un haut-parleur. La statue me regarde et me confie m'avoir vu dans un programme télévisé. Puis elle s'adresse à l'homme qui était en ma compagnie et lui confie qu'elle cherchait en vain son ouvrage. Il lui était impossible de le trouver. Celui-ci sourit et lui dit : "Lorsque vous découvrirez la petite circulation sanguine, vous trouverez mon ouvrage". Ce rêve m'a intrigué. J'avais peur. Je n'arrivais pas à expliquer ce rêve, lorsque par hasard je tombe sur un article qui relate la vie d'Arius, un prêtre, théologien et ascète chrétien libyen berbère ayant vécu au IIIe siècle. Je découvre que parmi ses disciples figurait Michel Servet, un médecin théologien ayant vécu au XVIe siècle, qui a été brûlé et enterré dans un jardin, à cause de ses idées relatives à la Trinité. Une statue est érigée sur les lieux de son bûcher. La tête que j'ai vue dans mon rêve était celle de Servet. J'ai mené des recherches et j'ai appelé cet homme qui m'accompagnait dans le rêve. Son ouvrage qu'il avait publié récemment concernait un manuscrit écrit par al-Ghazali, philosophe d'origine perse, né en 1058. Dans cet ouvrage, il mentionnait la petite circulation sanguine, c'est-à-dire la manière dont le sang passe dans les poumons pour s'oxygéner, bien avant Michel Servet. J'ai aussi découvert que l'un des maîtres de Michel Servet possédait la langue arabe et avait traduit l'ouvrage d'al-Ghazali. La question que je me pose depuis est celle de savoir si, à travers ce rêve, Michel Servet a voulu que je fasse ces recherches pour que j'arrive à cette vérité concernant al-Ghazali, tout en sachant que ses ouvrages étaient brûlés avec lui et qu'un anonyme a pu sauver trois exemplaires. L'un d'entre eux est toujours visible à la Bibliothèque nationale de France. »
Ce rêve a été relaté au directeur général de Dar el-Fatwa, cheikh Mohammad Nokkari, par un fidèle venu le consulter à cet effet. « Je pense que certaines personnes ont cette faculté de faire des rêves prémonitoires, explique cheikh Nokkari. L'âme humaine ressemble à un film transparent. Plus il est sensible, mieux il capte. Il en est de même pour les hommes. S'ils ont un certain degré de sensibilité, ils peuvent capter certaines choses. C'est ce qui arrive dans les rêves. »

Les djinns
Sur le plan religieux toutefois, l'islam condamne les voyants et les personnes qui ont recours à leurs services. S'il croit au mauvais œil et à l'envie, il interdit la voyance mensongère qui est pour lui apparentée à la sorcellerie. L'islam interdit formellement le recours aux services des devins et des voyants « qui font un pacte avec des djinns ». « On ne doit pas non plus les croire », insiste cheikh Nokkari.
Même si certaines de leurs « prédictions » se réalisent ? « Oui, tranche-t-il. Il est important de savoir que ces paroles prises pour une vérité leur ont été dictées par des djinns ou s'inscrivent dans le cadre d'un ensemble de mensonges. Les devins ou les voyants perçoivent des faiblesses chez leurs interlocuteurs et devinent leurs attentes. Ils basent par conséquent leurs discours sur ces attentes décelées chez leurs clients. Parfois, ils prétendent faire appel aux djinns pour donner plus de poids à leurs paroles. Les personnes qui ont une vraie sensibilité ne prétendent pas être des voyants et n'en font pas non plus un commerce. »
Cheikh Nokkari explique par ailleurs que la « ktibé », ou le fait de jeter un mauvais sort à quelqu'un, est également un mensonge. « Le recours à des formules "magiques" ou à des formules qui ne figurent pas dans le Coran est une tricherie, note-t-il. Il s'agit de mensonges dans 90 % des cas. Dans des cas rarissimes, on a recours à la magie. Et c'est là que le danger se pose. Pour s'en débarrasser, il faudrait avoir recours à des personnes initiées qui possèdent une certaine science. La "ktibé" est alors déliée par la prière et non par la magie qui est "haram". Ces experts doivent aussi le faire gratuitement. La vraie "roqia" ou hijab est basée sur des versets coraniques. »
Et cheikh Nokkari de poursuivre : « Parfois le djinn prend possession du corps des personnes qui ont recours fréquemment aux services des voyants pour un oui ou pour un non. Et c'est grave. Dans ces cas également, il faut être vigilant et ne recourir qu'aux services des experts qui ont acquis une certaine science pour libérer leur corps de l'emprise du djinn. Dans le cas contraire, on peut nuire aux personnes possédées. Pour ce faire, ces experts récitent des versets spécifiques du Coran et ont recours à la science qu'ils ont acquise. Là aussi, le service rendu doit être gratuit. Il est important aussi de préciser que ces experts ne peuvent agir que lorsque la médecine, notamment la psychologie, se déclare incapable de traiter le cas qui se présente à elle. »

Influence sur le moral
L'islam croit-il en la science qu'est l'astrologie ? « Oui, répond cheikh Nokkari. Mais nous ne croyons pas que les mouvements des astres ont une influence quelconque sur la personnalité de l'homme ou sur son avenir, sinon l'homme ne serait plus libre, ce qui est contraire à la religion. À la mort de son enfant, le Prophète a nié que l'éclipse ait un quelconque rapport avec cette mort. Il avait alors dit : "Le soleil et la lune sont deux signes parmi les signes d'Allah. Il ne les éclipse pas pour le décès d'une personne ni pour sa naissance". Sur le plan scientifique, nous remarquons toutefois que les phénomènes astronomiques peuvent influencer l'état d'âme de certaines personnes. La pleine lune, à titre d'exemple, peut agir d'une manière négative sur le moral. »
« Dans un jardin de Beyrouth, je vois une tête coupée qui ressemble à l'une de ces innombrables statues romaines. Elle était posée sur une table basse et reliée à des câbles électriques et à un haut-parleur. La statue me regarde et me confie m'avoir vu dans un programme télévisé. Puis elle s'adresse à l'homme qui était en ma compagnie et lui confie qu'elle cherchait en vain son ouvrage. Il lui était impossible de le trouver. Celui-ci sourit et lui dit : "Lorsque vous découvrirez la petite circulation sanguine, vous trouverez mon ouvrage". Ce rêve m'a intrigué. J'avais peur. Je n'arrivais pas à expliquer ce rêve, lorsque par hasard je tombe sur un article qui relate la vie d'Arius,...
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