L’Église orthodoxe russe, en plein essor depuis la fin du régime soviétique, s’est réunie hier en concile pour choisir un nouveau chef après la mort en décembre d’Alexis II, avec en toile de fond l’évolution de son rôle dans la société et ses rapports avec l’État.
Le métropolite Kirill de Smolensk et de Kaliningrad, 62 ans, a été hier patriarche de Moscou et de toutes les Russies, prenant ainsi la tête de l’Église orthodoxe russe, principal courant de cette confession chrétienne, a annoncé le concile. « J’accepte et je vous remercie », a déclaré Kirill tout juste après l’annonce des résultats.
Il a obtenu les voix de 508 des quelque 700 membres du concile de l’Église orthodoxe réuni à Moscou pour choisir le successeur du patriarche Alexis II. Son seul concurrent, le métropolite Kliment de Kalouga et Borovsk, a eu 169 voix. En début de journée, le métropolite de Minsk et de Sloutsk, Filaret, 73 ans, arrivé en troisième position des sélections à la fin de la semaine dernière à bulletins secrets par quelque 200 hiérarques, avait annoncé qu’il s’était finalement retiré de la course et avait appelé ses partisans à « donner leurs voix » à Kirill.
Kirill a dirigé la diplomatie de l’Église et est jugé plus ouvert sur le monde, ses détracteurs lui reprochant à cet égard d’avoir des sympathies pour les catholiques. Il a fait une sorte de mise au point hier en déclarant devant ses pairs : « Aujourd’hui, on peut dire sans crainte que notre peuple a résisté avec succès à la forte pression du prosélytisme venu de l’étranger », sous-entendu, entre autres, du Vatican. Le métropolite a également dénoncé pêle-mêle « la pression agressive d’un sécularisme sans Dieu, qui domine la société occidentale », et les « tentatives d’une série de groupes protestants radicaux qui revoient les leçons chrétiennes et la morale des Évangiles ». Tout en insistant sur la nécessité du « dialogue avec les autres religions ».
Dans la journée, le président russe Dmitri Medvedev a souhaité « une poursuite du développement de la coopération fructueuse entre l’Église orthodoxe russe et l’État » dans un message lu en son nom devant le concile, alors que les médias s’interrogeaient surtout sur ce qui pourrait changer dans la vie de l’Église en Russie, où trois habitants sur quatre se disent orthodoxes, contre un quart en 1990. « Avec Kirill à sa tête, (elle) pourra enfin avoir une chance d’être un acteur indépendant sur la scène politique, au lieu de rester l’objet de manipulations de l’État », avait prédit l’hebdomadaire Vlast. On verra si le nouveau chef de l’Église « sera capable d’être un médiateur entre le pouvoir » et les Russes, quand la société civile « est étouffée par l’État ou simplement n’existe pas », a noté le quotidien Vedomosti.
Les cloches des églises de Moscou ont retenti dès l’annonce de l’élection de Kirill. Ce dernier, qui sera intronisé dimanche, a célébré une messe dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, où le concile siégeait depuis hier midi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Église orthodoxe russe, en plein essor depuis la fin du régime soviétique, s’est réunie hier en concile pour choisir un nouveau chef après la mort en décembre d’Alexis II, avec en toile de fond l’évolution de son rôle dans la société et ses rapports avec l’État.
Le métropolite Kirill de Smolensk et de Kaliningrad, 62 ans, a été hier patriarche de Moscou et de toutes les Russies, prenant ainsi la tête de l’Église orthodoxe russe, principal courant de cette confession chrétienne, a annoncé le concile. « J’accepte et je vous remercie », a déclaré Kirill tout juste après l’annonce des résultats.
Il a obtenu les voix de 508 des quelque 700 membres du concile de l’Église orthodoxe réuni à Moscou pour choisir le successeur du patriarche Alexis II. Son seul concurrent, le métropolite Kliment de...