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Actualités - Chronologie

Irak L’étrange campagne de Sami Istifo, candidat chrétien près de Mossoul

Sami Habib Istifo a prévu un remplaçant en cas de mort violente avant le 31 janvier. Cet Irakien de 49 ans est le candidat d’une liste chrétienne dans la très dangereuse province de Ninive, dans le nord de l’Irak. « Je n’exclus pas la possibilité d’être assassiné avant l’élection, et donc une personne a été désignée pour prendre ma place. En tant que candidat et chrétien, je suis doublement une cible », dit-il, un sourire triste aux lèvres. Fonctionnaire de mairie, il brigue le siège réservé à un chrétien au Conseil provincial, conformément à une loi sur les minorités en Irak. Les chrétiens représentent 3 % de la population irakienne. Avant de parler, l’homme de petite taille réajuste sa cravate de laine qui disparaît sous un pull en V complété par un pantalon à pattes d’éléphant. « Mes amis ont insisté pour que je me présente et ont fini par me convaincre. J’aurais préféré que ce soit un autre, mais on n’a pas toujours le choix. On ne dit pas non à ses amis », raconte-t-il d’une voix douce dans un bureau d’une chaîne de télévision locale, à Hamdaniyah, village chrétien à l’est de Mossoul. Quelques heures après l’interview, quatre personnes, dont le père d’un député sunnite, étaient tuées par un kamikaze à quelques dizaines de kilomètres plus au sud. Sami Habib Istifo mène une étrange campagne et s’il se présentait dans un pays occidental, il n’aurait aucune chance de gagner. À dix jours du scrutin, il évite ainsi soigneusement de se rendre à Mossoul, la 2e ville du pays, et ses millions d’habitants, « trop dangereuse », et n’a toujours pas fait coller ses affiches électorales. « Elles ne sont arrivées qu’hier de Bagdad. Et de toute façon, je n’en ai pas besoin pour me faire élire », affirme-t-il. Dans le village de Hamdaniyah, « chrétien à 97 % », les affiches de listes sunnites et kurdes recouvrent complètement les murs de béton posés aux barrages de contrôle. Jamal Daoud, du Mouvement démocratique assyrien, qui soutient la candidature Istifo, se veut optimiste : « Il n’y a que trois candidats chrétiens pour un poste réservé, donc Istifo a de grandes chances de gagner. » En un mois, le candidat n’a donné que trois « meetings » électoraux, en fait des conférences devant quelques centaines de personnes dans les villages chrétiens de l’est de Mossoul. Il a rencontré les « familles influentes » qui ont promu sa candidature auprès de l’électorat chaldéen, assyrien et syriaque. Après la mort d’une quinzaine de chrétiens en septembre à Mossoul et la campagne de violences antichrétiennes qui a suivi, des milliers d’Irakiens de cette confession avaient quitté Mossoul pour se réfugier dans ces villages ou à Hamdaniyah, une ville de 150 000 habitants. « 700 familles sont venues à Hamdaniyah. Ici, la police (constituée essentiellement de chrétiens) nous protège », assure-t-il. Hamdaniyah se trouve à 25 km de Mossoul. Une plaine semi-désertique en hiver, des champs de blé et d’orge en été. Les alentours de la ville sont balayés par un vent froid et piquant et jonchés de milliers de sacs plastique. « Nous n’avons eu que des incidents mineurs à Hamdaniyah », dit sans ironie M. Istifo avant d’en dresser la liste : trois enlèvements durant les deux derniers mois, un attentat à la voiture piégée visant une patrouille de soldats kurdes devant une église et un magasin d’alcool plastiqué, blessant légèrement ses deux employés. « La sécurité s’améliore », déclare-t-il très sérieusement.
Sami Habib Istifo a prévu un remplaçant en cas de mort violente avant le 31 janvier. Cet Irakien de 49 ans est le candidat d’une liste chrétienne dans la très dangereuse province de Ninive, dans le nord de l’Irak.
« Je n’exclus pas la possibilité d’être assassiné avant l’élection, et donc une personne a été désignée pour prendre ma place. En tant que candidat et chrétien, je suis doublement une cible », dit-il, un sourire triste aux lèvres.
Fonctionnaire de mairie, il brigue le siège réservé à un chrétien au Conseil provincial, conformément à une loi sur les minorités en Irak. Les chrétiens représentent 3 % de la population irakienne.
Avant de parler, l’homme de petite taille réajuste sa cravate de laine qui disparaît sous un pull en V complété par un pantalon à pattes d’éléphant.
« Mes...