La Chine a voulu frapper fort en annonçant hier trois condamnations à mort, dans l’affaire du lait contaminé à la mélamine qui a tué six enfants et rendu malade 300 000 autres. Sur les 21 accusés au total, trois autres personnes ont écopé de la prison à vie et les 15 autres de peines allant de 2 à 15 ans d’emprisonnement, a précisé la télévision nationale dans son journal du soir.
Zhang Yujun, qui a produit de la poudre contenant de la mélamine et en a écoulé 600 tonnes, a été condamné à mort pour avoir « mis en danger la sécurité publique ». Un autre trafiquant a été condamné à la peine de mort pour son implication dans ce scandale qui avait éclaté en septembre et provoqué une psychose en Chine, entraînant à travers le monde des retraits des produits chinois contenant du lait. Un 3e homme a écopé d’une condamnation à mort avec sursis qui sera probablement commuée en prison à vie.
L’ancienne patronne de Sanlu, Tian Wenhua, figure emblématique du groupe au cœur de cet énorme scandale et ancien cadre du Parti communiste (PCC), accusée d’avoir étouffé l’affaire, fait partie des trois personnes condamnées à la prison à perpétuité. Tian Wenhua était la plus haute personnalité jugée dans cette affaire qui avait coûté leur poste au chef du PCC de Shijiazhuang (Nord, siège de Sanlu) et au maire de la ville. Mme Tian avait pour coaccusés trois anciens cadres de Sanlu, qui ont écopé de cinq à 15 ans de prison. Sanlu, l’un des fleurons de l’industrie laitière chinoise désormais en quasi-faillite, s’est vu infliger une amende de 50 millions de yuans (5,6 millions d’euros) et son ex-directrice de 20 millions de yuans. Sanlu a été accusé d’avoir étouffé l’affaire pendant plusieurs mois avant d’avertir les autorités locales, lesquelles, à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, ont également tardé à réagir.
Mais aucun politique n’a eu de comptes à rendre devant la justice. Liu Donglin, père d’un enfant tombé malade, a regretté que ces responsables aient été épargnés. Des parents et avocats se sont demandé comment un scandale aussi massif impliquant 22 compagnies laitières pouvait se solder par le procès de seulement 21 accusés, qu’ils ont estimés être des boucs émissaires. L’enquête a permis de déterminer que ces sociétés avaient vendu du lait trafiqué avec la mélamine, produit destiné aux colles, aux résines ou aux engrais qui simule, lors des tests de contrôle, un apport en protéines.
Les 22 entreprises ayant mis sur le marché des produits frelatés ont, de leur côté, annoncé la création d’un fonds spécial d’indemnisation, doté de 160 millions de dollars. Mais les familles et avocats des victimes ont souligné que certains parents d’enfants tombés malades ne recevraient que 300 dollars et 200 familles, et ont saisi la Cour suprême pour de meilleures compensations.
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Zhang Yujun, qui a produit de la poudre contenant de la mélamine et en a écoulé 600 tonnes, a été condamné à mort pour avoir « mis en danger la sécurité publique ». Un autre trafiquant a été condamné à la peine de mort pour son implication dans ce scandale qui avait éclaté en septembre et provoqué une psychose en Chine, entraînant à travers le monde des retraits des produits chinois contenant du lait. Un 3e homme a...