Reportage
L’Amérique noire acclame « son » président
le 21 janvier 2009 à 00h00
L’Amérique noire, joyeuse mais grave, a envahi les rues de Washington pour l’investiture de Barack Obama. Elle a participé hier à un moment d’histoire, lorsque le nouveau président a posé la main sur la Bible d’Abraham Lincoln.
Beaucoup d’Américains d’origine africaine mesurent l’évolution du pays, où des lois ségrégationnistes étaient encore en vigueur dans certains États du Sud il y a moins d’un demi-siècle.
« Je repense à ces quatre petites filles brûlées vives dans une église en Alabama en 1963 » lors d’un attentat raciste, confie Elizabeth Brooks. « Bientôt, il va y avoir deux petites filles entrant à leur place à la Maison-Blanche », ajoute-t-elle, les yeux remplis de larmes à l’évocation des filles du couple Obama, Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans. Le moment n’est cependant pas triste pour Mme Brooks. « Je ne fais que pleurer de joie depuis qu’Obama a décidé de devenir président », confie cette Washingtonienne.
De nombreuses familles noires sont venues de tout le pays. Renita King, une habitante de Houston (Texas), explique être venue en l’honneur de sa mère âgée de 73 ans.
« Elle n’aurait jamais imaginé voir de sa vie une chose pareille.
Je suis ici pour tous les planchers qu’elle a dû laver et cirer », ajoute-t-elle. « Je suis ici pour elle, et pour toutes les fois où elle s’est fait traiter de “négresse”.
C’est ainsi que je vois les choses, en tant qu’Américaine. » Mme King a demandé à son fils Arthur de prier pour le nouveau président. Beaucoup d’Afro-Américains redoutent un attentat contre M. Obama, qui a fait l’objet de menaces de groupes racistes.
Toutefois, selon un sondage Washington Post-ABC News publié lundi, jour férié annuel en mémoire du leader noir assassiné Martin Luther King, le racisme semble avoir reculé aux États-Unis au cours des 15 dernières années. Seul un quart des personnes interrogées considère le racisme comme « un gros problème », contre 54 % en 1996. Mais les Noirs paraissent nettement plus sensibles sur le sujet : 44 % d’entre eux considèrent que le racisme reste un problème, contre 22 % des Blancs. Ces derniers estiment à 75 % que l’égalité raciale existe dans le pays, alors que seule une moitié des Noirs est de cet avis.
Dans un entretien au Washington Post, M. Obama confie avoir pris la mesure de l’importance de son élection pour la communauté noire. « Toute une génération va grandir en tenant pour acquis que la plus haute fonction du pays est assurée par un Afro-Américain.
C’est un changement radical : cela change la vision que les enfants noirs ont d’eux-mêmes. Cela change aussi la vision que les enfants blancs ont des enfants noirs. Et il ne faudrait pas minimiser la portée de ce changement. »
L’Amérique noire, joyeuse mais grave, a envahi les rues de Washington pour l’investiture de Barack Obama. Elle a participé hier à un moment d’histoire, lorsque le nouveau président a posé la main sur la Bible d’Abraham Lincoln.
Beaucoup d’Américains d’origine africaine mesurent l’évolution du pays, où des lois ségrégationnistes étaient encore en vigueur dans certains États du Sud il y a moins d’un demi-siècle.
« Je repense à ces quatre petites filles brûlées vives dans une église en Alabama en 1963 » lors d’un attentat raciste, confie Elizabeth Brooks. « Bientôt, il va y avoir deux petites filles entrant à leur place à la Maison-Blanche », ajoute-t-elle, les yeux remplis de larmes à l’évocation des filles du couple Obama, Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans. Le moment n’est cependant...
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