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La situation Une priorité pour le Liban : sauvegarder son unité interne Fady NOUN

OPINION
14/01/2009
Dans la valse des projets de sommets arabes et le ballet diplomatique en cours, pour mettre fin à l’holocauste de Gaza, le Liban est obligé de naviguer à vue, dans le souci de sauvegarder son unité interne. Une date s’est détachée hier dans cet enchevêtrement de projets, celle du vendredi 16 janvier, qui sera marquée par un sommet à Doha (Qatar), ou à ce qui en tient lieu. On apprenait en effet hier, à l’issue du Conseil des ministres, que le Liban pourrait assister à ce sommet en la personne du chef de l’État, le président Michel Sleiman. Le président du Conseil, Fouad Siniora, n’y assistera pas, dans ce qui semble être une distribution convenue des rôles. M. Siniora a toutefois précisé, à l’issue de la réunion : « Nous sommes d’accord sur le fait que le Liban n’a pas intérêt à être classé dans un quelconque axe arabe. » Et de préciser qu’à sa connaissance, seuls 8 pays ont confirmé leur présence à cette réunion, alors qu’un sommet arabe ne saurait être considéré comme tel, sans la présence de deux tiers au moins des membres de la Ligue arabe. Les réponses devraient normalement parvenir au secrétariat général de la Ligue arabe aujourd’hui même. On assure, de source informée, que le sommet convoqué par Doha n’a été examiné que très marginalement en Conseil des ministres, le chef de l’État s’étant montré soucieux de ne pas susciter de polémiques et s’étant dit prêt à assister à toute réunion qui répondrait aux règles de la Ligue arabe. La réunion de Qatar se tiendra parallèlement à une réunion ministérielle jeudi et vendredi à Koweït, en prévision d’un sommet économique convoqué de longue date pour les 19-20 janvier. Le Premier ministre, Fouad Siniora, et le ministre des AE, Faouzi Salloukh, assisteront à ce dernier sommet. Le chef de l’État, qui prend l’avion demain pour Doha, pourrait les y rejoindre et en profiter pour répondre à une visite officielle d’un jour au Koweït, qui lui a été adressée auparavant. Ces développements interviennent dans un climat de profondes divisions arabes sur le drame de Gaza et les moyens d’y mettre fin, souligne notre correspondant diplomatique, Khalil Fleyhane. Le Liban est particulièrement soucieux de préserver son unité interne et de ne pas paraître s’inscrire en faux contre la délicate partie diplomatique qui se joue au Caire, qui œuvre d’arrache-pied à obtenir un cessez-le-feu à Gaza avant la fin de la semaine. Il ne saurait non plus se positionner comme hostile à Doha, sachant le rôle joué par l’émirat dans la fin de la crise présidentielle au Liban, et qu’il souhaite sans doute rééditer avec une réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Sachant aussi qu’en fait de surenchère, personne ne saurait en faire au Qatar, à la Jordanie ou à l’Égypte, qui tous entretiennent des rapports diplomatiques avec Israël, et dont aucun n’a osé songer à une rupture unilatérale de ces relations, pour protester contre le spectacle de mort qui s’étale à Gaza. Une chose est sûre, le monde arabe portera longtemps encore, après qu’il se fut calmé, les stigmates de cet ouragan de violence. Et peut-être aussi celle de sa honte.

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