Dans une déclaration à la presse, le « Amid » du Bloc national, Carlos Eddé, a établi un parallèle entre les événements à Gaza et la guerre de juillet 2006, soulignant toutefois qu’il existe une différence fondamentale entre le cas du Liban et celui de Gaza. Nous reproduisons ci-dessous la déclaration de M. Eddé :
« Les bombardements de Gaza par les Israéliens nous rappellent la guerre de juillet 2006, lorsque l’État hébreu a déversé sa puissance militaire sur le Liban. Certes. Mais il faut faire cependant une claire distinction entre les deux situations et être absolument conscient des différences entre le cas palestinien et le cas libanais.
« L’ennemi est le même, les moyens qu’il utilise pour détruire et essayer de soumettre les deux peuples par la violence et par la terreur sont similaires, et, dans les deux cas, il essaie d’utiliser les mêmes instruments de propagande et de désinformation pour transformer son rôle d’agresseur en celui de victime. La similitude entre le Liban et Gaza s’arrête là. Face à l’intransigeance des Israéliens, les Palestiniens doivent se battre, contre la suppression de leur patrie, contre le vol de leurs propriétés, contre la destruction de leurs maisons familiales, pour le droit à la nationalité, à la libre circulation et autres droits fondamentaux que chaque peuple considère pour acquis. Par contre, les Libanais en 2006 ont subi la guerre et la destruction parce que sayyed Nasrallah en a décidé ainsi.
« La thèse du Hezbollah est que les armes de sa milice sont nécessaires pour défendre le Liban contre les attaques d’Israël – et le parti refuse de perdre le pouvoir de déclencher des opérations militaires contre l’État hébreu. Or cet argument est contredit par le fait qu’il existe trois autres pays limitrophes d’Israël qui n’ont pas connu d’agressions israéliennes, dont la Syrie, refuge de toutes les organisations extrémistes antisionistes. Il est donc possible d’assurer la paix et la protection du Liban de diverses manières.
« Mais comment le faire lorsque le Hezbollah, organisation entièrement financée par l’Iran et dont les chefs déclarent leur allégeance à la révolution iranienne – sayyed Nasrallah lui-même déclarait il y a peu qu’il était fier d’être membre du parti du wilayet el-faqih –, transforme le Liban en base de missiles dirigés vers Israël, sans tenir compte de la volonté des Libanais ? Sous prétexte de vouloir libérer les fermes de Chebaa, la Résistance islamique a commencé, une fois le Liban-Sud libéré, un harcèlement militaire qui a coûté la vie à plusieurs soldats israéliens. Quand les Libanais ont manifesté leur volonté de vouloir résoudre la question de Chebaa par les voies diplomatiques, le Hezbollah a changé d’arguments et a déclaré qu’il maintiendrait sa milice armée même si les problèmes entre Israël et le Liban étaient résolus. En fait, de même qu’Israël a besoin du Hamas et du Hezbollah pour continuer à justifier sa politique d’expansion, le Hezbollah a besoin de la politique de violence agressive d’Israël pour exister, et maintenir ses armes pour contrôler le Liban et les Libanais.
« D’un point de vue israélien, les fusées, l’attitude du Hezbollah et sa subordination totale à l’Iran sont conçues comme des menaces réelles et constantes, et les dirigeants libanais consentants ou impuissants. Pour nous, les Libanais non assujettis aux Iraniens, une guerre entre le Hezbollah et Israël serait un conflit entre l’État hébreu, l’Iran et ses militants libanais sur notre territoire. Un conflit où, contrairement aux Palestiniens, les Libanais ont tout à perdre et rien à gagner. Le Hezbollah, l’Iran et la Syrie gagneraient à nos frais et avec notre souffrance. En fait, cette guerre entre le Hamas et Israël tombe à point pour le Hezbollah qui veut nous en faire tirer les fausses conclusions pour refuser de négocier la remise de ses armes à l’État libanais.
« Mais sommes-nous tous exempts de responsabilités en cas de conflit ? Non, nous aurions tous, à des degrés différents, une part de responsabilité si la guerre reprenait comme en 2006. Car outre la responsabilité active du Hezbollah, il y a celle de ses alliés qui, par leur appui, ont facilité son armement et la transformation du Liban-Sud en une base de missiles. Il y a aussi la responsabilité de ceux qui, durant la période de confrontation politique entre le 14 et le 8 Mars, ont voulu se tenir à l’écart sans tenir compte du fait que leur silence affaiblissait l’édification d’un État libanais et renforçait celui du Hezbollah. Et il y a enfin l’impuissance des forces souverainistes qui n’ont pu, durant trois ans et demi, transformer la volonté populaire d’indépendance et de souveraineté en résultats politiques, alors que les occasions n’ont pas manqué.
« Si sayyed Nasrallah souhaite encore prendre n’importe quelle nouvelle initiative militaire, elle ne sera sûrement pas discutée et décidée en Conseil des ministres, mais ses retombées toucheront tous les Libanais. Et nous serons tous solidaires dans nos malheurs, car, après tout, aux yeux de la communauté internationale, le gouvernement d’union nationale compte dans ses rangs des ministres du 8 et du 14 Mars, et a reconnu le rôle de la Résistance dans sa déclaration ministérielle !
« Le fait est qu’à présent, le risque d’une confrontation existe ; et s’il y a une déflagration, nous, Libanais, allons en payer le prix en accusant quelqu’un d’autre de la responsabilité de la guerre. Mais nous oublierons que pour éviter la guerre, il aurait suffi d’avoir le courage d’être plus ferme vis-à-vis d’une faction libanaise qui se croit au-dessus de tout et de tous, et qui peut à n’importe quel moment nous emporter tous dans une aventure pour le compte de tiers. De peur de courir des risques aujourd’hui ou par crainte de perdre un quelconque avantage politique, on multiplie compromissions et concessions alors que la crise exige de la fermeté. Certes, il y a un prix à payer ; mais ne vaut-il pas mieux courir le risque d’une politique saine et courageuse que de se résigner constamment au chantage et subir la volonté de ceux qui agissent sans scrupules ?
« Les événements qui ont conduit à la révolution du Cèdre et au 14 mars 2005 ont montré que ce qui semblait impossible pouvait être accompli avec du courage, des risques pris et de la détermination. L’objectif était de rendre au peuple libanais le pouvoir de décider de son avenir. Mais la volonté du peuple traduite par des élections, par une majorité parlementaire, est illusoire car, à entendre le secrétaire général du Hezbollah, la paix et l’avenir du Liban peuvent très bien dépendre uniquement de son bon vouloir ! Donc, aujourd’hui, le plus important est que les Libanais décident, une fois pour toutes, d’ici aux élections, s’ils veulent être tous les otages permanents des armes du Hezbollah et vivre sous la crainte permanente d’une guerre décidée par son leadership, ou s’ils veulent accéder finalement à la souveraineté en rendant au peuple libanais le pouvoir de décider de son sort. »
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« Les bombardements de Gaza par les Israéliens nous rappellent la guerre de juillet 2006, lorsque l’État hébreu a déversé sa puissance militaire sur le Liban. Certes. Mais il faut faire cependant une claire distinction entre les deux situations et être absolument conscient des différences entre le cas palestinien et le cas libanais.
« L’ennemi est le même, les moyens qu’il utilise pour détruire et essayer de soumettre les deux peuples par la violence et par la terreur sont similaires, et,...