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Actualités - Analyse

La situation La tragédie de Gaza alimente la polémique électorale

Scarlett HADDAD À la troisième semaine de l’offensive israélienne, le Liban vit encore au rythme de Gaza. Tous les commentaires, toutes les déclarations ainsi que les réunions tournent autour de ce thème, certains révélant une réelle inquiétude, d’autres essayant d’en tirer profit pour des raisons électorales. Car au Liban comme en Israël, les considérations électorales ne sont jamais bien loin et la situation dramatique à Gaza a fourni un nouveau sujet de polémique au Liban. D’abord concernant les armes des Palestiniens, dans et hors des camps, et ensuite sur la possibilité que le Hezbollah réactive le front du Sud pour diminuer la pression sur le Hamas. Les propos des responsables du Hezbollah, du secrétaire général en passant par Naïm Kassem et Mohammad Raad, alimentent cette polémique, en répétant dans chacune de leurs déclarations que la Résistance est prête à toutes les éventualités, comprendre à la pire d’entre elles : une nouvelle guerre. À mesure donc que les images d’horreur en provenance de Gaza se multiplient, les passions s’exacerbent au Liban et la tension monte d’un cran. Les sources proches du Hezbollah affirment pourtant dans leurs cercles privés que ce parti n’a aucun intérêt à provoquer l’ouverture d’un front au Liban, car cela pourrait avoir des conséquences négatives pour lui sur le plan interne. La population du Sud ne s’est pas encore remise de la guerre de juillet 2006 et certains villages n’ont pas encore été reconstruits. De plus, les alliés du Hezbollah ne verraient pas d’un bon œil une nouvelle guerre au Liban, sans oublier le fait qu’une nouvelle crise aurait forcément des répercussions sur la tenue des prochaines élections législatives. En dépit des déclarations destinées à la consommation politique, l’éventualité d’une nouvelle guerre contre Israël ne serait donc pas à l’ordre du jour, du point de vue du Hezbollah. Pourtant, les incidents se multiplient et, même si jusqu’à présent, ils ne semblent pas sérieux, l’inquiétude n’en reste pas moins présente. Hier encore, un bâton de dynamite a été trouvé à bord du camion d’ordures dans une position de la Finul à Tebnine. Selon l’enquête, il s’agirait plutôt d’un conflit entre deux éboueurs que d’un projet d’attentat contre la force de l’ONU. Mais la vigilance reste de mise. L’élément nouveau toutefois dans l’affaire des roquettes du Sud est fourni par des sources de sécurité qui les attribuent à un petit groupe extrémiste, proche d’el-Qaëda et dépourvu aussi bien de gros moyens que d’une véritable infrastructure. Ce serait d’ailleurs la raison pour laquelle les autorités israéliennes se sont empressées de déclarer que le Hezbollah n’en est probablement pas responsable et elles se sont contentées de riposter par l’envoi de quelques obus. Visiblement donc, les deux parties ne veulent pas d’une grande escalade sur le front du Liban-Sud. Tout comme le ministre syrien des AE Walid Moallem a écarté hier l’éventualité de l’extension de l’offensive israélienne au Liban et à la Syrie. Dans le but d’ailleurs de mettre le Liban à l’abri de développements dramatiques, le président de la République Michel Sleiman et le Premier ministre Fouad Siniora ont entrepris hier des contacts avec des dirigeants arabes. Les dernières informations diplomatiques font état d’un mécanisme de solution qui consisterait dans l’installation d’un dispositif de surveillance allemand à Rafah pour empêcher le trafic d’armes entre l’Égypte et Gaza (un peu comme pour le Liban) et le déploiement de soldats turcs à la frontière pour contrôler les points de passage, sans toutefois entrer à Gaza. Mais de nombreux points restent encore en suspens, notamment le rôle de Mahmoud Abbas et celui du Hamas. Tout le monde s’accorde à dire que l’offensive israélienne ne peut pas se prolonger au-delà du 20 janvier, date de l’entrée en fonctions officielle du nouveau président américain Barack Obama. D’ici là, il reste encore une bonne semaine que l’on espère la moins meurtrière possible. En attendant, les manifestations d’appui à la population de Gaza se multiplient dans diverses régions du pays. Mais la classe politique, elle, ne perd pas de vue les prochaines législatives. Officiellement, la bataille n’a pas encore commencé, mais toutes les parties sont déjà en campagne et font feu électoral de tout bois. L’affaire des roquettes lancées à partir du Sud tombe donc à pic pour la majorité qui en profite pour poser de nouveau le problème des armes du Hezbollah et celles des organisations palestiniennes, alors que l’opposition voit, elle, dans la tragédie de Gaza la preuve qu’il faut adopter une stratégie de défense claire et totale contre Israël. Ce débat politique qui semble devoir occuper la scène pour les semaines à venir n’occulte pourtant pas les problèmes quotidiens, ni la crise économique. En principe, le gouvernement devrait se pencher cette semaine sur l’élaboration de la loi sur le budget et chaque ministre voudra tirer la couverture de son côté pour pouvoir exploiter au mieux l’argent de l’État en faveur de son camp politique. Comment, dans ce contexte de tiraillements permanents, les Libanais parviennent-ils à survivre ? La question reste sans réponse. * * * Fausse alerte à Tebnine Dimanche dans l’après-midi, alors que le camion d’ordures s’apprête à entrer au QG du contingent italien de la Finul à Tebnine, les chiens policiers flairent la présence d’explosifs. Le camion est aussitôt fouillé et un bâton de dynamite y est découvert. Il n’est pas muni d’un système de mise à feu, mais une enquête est aussitôt ouverte et le chauffeur interrogé. Selon une source de sécurité, ce dernier, qui vient de prendre ce job, ignorait la présence de l’explosif à bord de son camion. N’étant ni extrémiste ni affilié à un camp politique, il aurait révélé que son prédécesseur lui en voulait d’avoir pris sa place et il aurait bien pu placer le bâton de dynamite pour lui faire peur et le pousser à refuser le travail. Le prédécesseur est aussi interrogé et l’enquête se poursuit.
Scarlett HADDAD

À la troisième semaine de l’offensive israélienne, le Liban vit encore au rythme de Gaza. Tous les commentaires, toutes les déclarations ainsi que les réunions tournent autour de ce thème, certains révélant une réelle inquiétude, d’autres essayant d’en tirer profit pour des raisons électorales. Car au Liban comme en Israël, les considérations électorales ne sont jamais bien loin et la situation dramatique à Gaza a fourni un nouveau sujet de polémique au Liban. D’abord concernant les armes des Palestiniens, dans et hors des camps, et ensuite sur la possibilité que le Hezbollah réactive le front du Sud pour diminuer la pression sur le Hamas. Les propos des responsables du Hezbollah, du secrétaire général en passant par Naïm Kassem et Mohammad Raad, alimentent cette polémique, en répétant...