Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1860, appelant à l’arrêt immédiat de l’attaque israélienne ; Rice juge « difficile » pour Israël de protéger les civils palestiniens.
Israël a décidé d’ignorer un appel du Conseil sécurité de l’ONU à un cessez-le-feu immédiat, poursuivant son offensive à Gaza. La résolution 1860 a été adoptée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité – les États-Unis s’abstenant – (voir texte ci-contre). La décision de poursuivre la guerre a été prise par le cabinet de sécurité israélien qui compte 12 ministres, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre sortant Ehud Olmert à Tel-Aviv. « L’État d’Israël a le droit de défendre ses citoyens et, à cette fin, l’armée continuera d’agir pour atteindre les objectifs de son opération, c’est-à-dire changer la situation sécuritaire dans le sud d’Israël », a indiqué le cabinet dans un communiqué. « Les opérations se poursuivront aussi pour empêcher la contrebande d’armes dans la bande de Gaza », ajoute le communiqué. Peu avant, M. Olmert avait souligné qu’Israël « n’a jamais accepté qu’une influence extérieure décide de son droit à défendre ses citoyens ». Par ailleurs, le ministre israélien de l’Intérieur, Meïr Sheetrit, membre du cabinet de sécurité, a critiqué hier le refus des États-Unis de mettre leur veto à la résolution 1860 du Conseil de sécurité. « Il y a eu des promesses de la part des Américains de mettre leur veto, qui n’ont malheureusement pas été tenues, sous la pression, apparemment, des pays arabes qui avaient envoyé leurs ministres des Affaires étrangères » aux États-Unis, a déploré M. Sheetrit à la télévision publique.
Le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, a affirmé qu’il ne s’estimait pas « concerné » par la résolution du Conseil de sécurité. Une délégation du Hamas doit se rendre au Caire aujourd’hui afin de discuter du plan égyptien pour un cessez-le-feu, a indiqué à l’AFP Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du bureau politique du mouvement, basé à Damas. Il a également déclaré que le Hamas n’acceptera pas d’accord de cessez-le-feu ne levant pas le blocus israélien imposé à Gaza. M. Abou Marzouk a déclaré que la délégation demanderait des éclaircissements sur le statut du terminal de Rafah, entre l’Égypte et le territoire palestinien. Le président égyptien Hosni Moubarak a proposé mardi un plan de sortie de crise prévoyant notamment « un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée », permettant l’établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l’Égypte d’œuvrer pour un cessez-le-feu « global et définitif ».
Hier, les bombardements de l’artillerie et de l’aviation israéliennes ont fait au moins 25 morts, selon des sources palestiniennes. Parmi les victimes figurent deux femmes et deux fillettes ainsi que six membres d’une même famille. Selon des témoins, l’armée a en outre arrêté quelque 300 Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza. Une centaine de cibles ont été touchées en 24 heures, selon des sources israéliennes.
Deux journalistes ont par ailleurs été légèrement blessés dans une attaque aérienne israélienne visant une tour abritant des studios de télévision dans la ville de Gaza, ont indiqué des journalistes. La tour, située dans le centre de Gaza, sert de studio à plusieurs télévisions arabes et à des chaînes iraniennes.
Dans le même temps, les combattants palestiniens ont encore tiré une trentaine de roquettes sur le sud d’Israël, selon l’armée. Ces tirs ont fait un blessé léger. Des roquettes de type Grad se sont abattues à Beersheba, à quelque 40 km du territoire palestinien, ainsi que dans la région d’Ashdod.
L’offensive israélienne, destinée à contraindre le Hamas à cesser ses tirs de roquettes, a coûté la vie à au moins 800 Palestiniens, dont 230 enfants et 92 femmes et des dizaines d’autres civils, et fait plus de 3 300 blessés depuis son lancement le 27 décembre, selon un dernier bilan de sources médicales à Gaza. Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués et 154 blessés pendant cette période, selon l’armée.
Un chef du Hamas, Moushir al-Masri, a affirmé que « la résistance n’a subi que peu de pertes dans sa bataille contre l’occupant ». La branche armée du Hamas a affirmé avoir tué hier huit soldats dans une embuscade dans le nord de la bande de Gaza.
Depuis Washington, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a jugé « difficile » pour Israël d’épargner les civils dans une zone à forte densité de population dans laquelle le Hamas utilise, selon elle, les habitants comme boucliers humains.
Par ailleurs, un porte-parole de la Maison-Blanche a assuré que l’administration sortante du président George W. Bush se préoccupait beaucoup de la « crise » humanitaire en cours dans la bande de Gaza, mais en a imputé la faute au Hamas et a exprimé sa confiance dans les assurances de son allié israélien.
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Israël a décidé d’ignorer un appel du Conseil sécurité de l’ONU à un cessez-le-feu immédiat, poursuivant son offensive à Gaza. La résolution 1860 a été adoptée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité – les États-Unis s’abstenant – (voir texte ci-contre). La décision de poursuivre la guerre a été prise par le cabinet de sécurité israélien qui compte 12 ministres, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre sortant Ehud Olmert à Tel-Aviv. « L’État d’Israël a le droit de défendre ses citoyens et, à cette fin, l’armée continuera d’agir pour atteindre les objectifs de son...