Au milieu des glaces de l’océan Indien, les navigateurs du Vendée Globe, course autour du monde sans escale et sans assistance, racontent leur quotidien.
Question
En ce moment, que voyez-vous quand vous vous regardez dans la glace ?
Arnaud Boissières : Souvent, je m’y regarde pour savoir si je suis vraiment fatigué ou pas. Si oui, je calme le jeu : je me repose, je prends des vitamines. Souvent, j’ai vraiment une sale gueule. Parfois, j’ai même l’impression d’avoir changé. Sinon, tous les dimanches matin, je m’astreins à me raser afin de démarrer tout neuf le lundi.
Samantha Davies : Quelqu’un en train de changer. Dans cette aventure très intérieure, j’apprends et je réfléchis à plein de choses. Et parfois, je me trouve très très fatiguée.
Michel Desjoyeaux : Un mec pas rasé avec des coups de soleil sur le bout du nez, plutôt souriant, pas hagard du tout et qui n’a pas encore perdu son air malicieux. Donc, plutôt bon signe !
Roland Jourdain : Un type très barbu. Et si je me rase, je me reconnais au fur et à mesure : rassurant, non ?
Jean Le Cam : Si je me suis correctement rasé. Même là, je ne supporte pas laisser le moindre poil sur le menton. Ben oui, je suis la chochotte de l’océan Indien !
Armel Le Cléac’h : Une bonne tête de « vendéeglobiste », bien barbue et bien fatiguée !
Question
Et que voyez-vous quand vous regardez dans votre rétroviseur ?
A.B. : Tous mes milles parcourus. Et autant à parcourir ! Sinon, j’aimerais bien y voir Dee Caffari, encore et toujours devant moi. Depuis un moment, on bataille ensemble tout en s’écrivant beaucoup. Concurrents, nous sommes surtout très proches.
S.D. : Je n’ai pas de rétro à bord ! Avec une certaine fierté, je regarde tous mes milles parcourus. Un, je suis impressionnée. Deux, rassurée d’avoir déjà fait la moitié de mon tour du monde.
M.D. : Les copains, des camarades de jeu avec qui j’irais bien boire un coup. Régater avec des copains, c’est parfait.
R.J. : Les Sables-d’Olonne ! La course est tellement dense que j’ai plutôt l’impression d’être parti depuis une semaine plutôt que d’être en Australie.
J.L.C. : Le désastre ! À ce jour, il reste vraiment six bateaux en course sur 30 au départ.
A.L.C. : Vincent Riou. Depuis un moment maintenant, nous faisons route côte à côte. Sportivement, c’est très intéressant parce que nous pouvons comparer nos vitesses. Sinon, c’est aussi rassurant de savoir qu’il y a du monde pas loin.
Question
Quel est votre petit rayon de soleil de la journée ?
A.B. : L’arrivée d’e-mails de mes proches ou de mes copains me l’éclaire.
S.D. : Quand je me réveille d’une sieste profonde, je ne sais souvent pas où je suis. Puis soudain, je réalise être en train de faire le tour du monde. À cet instant, une énorme sensation de bonheur et de chaleur m’envahit parce que je suis en train de vivre mon rêve. À lui seul, il éclaire mes journées. J’ai trop de chance d’être en course.
M.D. : Quand un e-mail arrive ! S’il est drôle, s’il m’apporte des rigolotes brèves de comptoir, je me fends la gueule. Eh oui, nous sommes des petites âmes sensibles. Et quand nous avons les nerfs à fleur de peau, rigoler fait grand bien !
R.J. : D’abord, ma lampe frontale, indispensable dans ces rudes contrées. Ensuite, le regard de mes enfants au-dessus de ma table à cartes. Enfin, ma devise sur le bateau : « J’ai décidé d’être heureux, c’est bon pour la santé. »
J.L.C. : Une tasse de café, mon carburant !
A.L.C. : Le coup de téléphone à la maison, à ma femme et ma fille. Prendre de leurs nouvelles est un vrai rayon de soleil.
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Question
En ce moment, que voyez-vous quand vous vous regardez dans la glace ?
Arnaud Boissières : Souvent, je m’y regarde pour savoir si je suis vraiment fatigué ou pas. Si oui, je calme le jeu : je me repose, je prends des vitamines. Souvent, j’ai vraiment une sale gueule. Parfois, j’ai même l’impression d’avoir changé. Sinon, tous les dimanches matin, je m’astreins à me raser afin de démarrer tout neuf le lundi.
Samantha Davies : Quelqu’un en train de changer. Dans cette aventure très intérieure, j’apprends et je réfléchis à plein de choses. Et parfois, je me trouve très très fatiguée.
Michel Desjoyeaux : Un mec pas rasé avec des...