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Actualités - Chronologie

Crise sociale Risque de montée de la contestation en Russie

Les autorités russes se sont inquiétées hier d’une envolée de la criminalité des immigrés et des risques de montée de la contestation en Russie face à l’aggravation rapide de la crise économique dans le pays. Le vice-ministre de l’Intérieur, Mikhaïl Soukhodolski, a mis en garde contre un « mécontentement croissant de la population active en raison de salaires non payés, de menaces de licenciement et de mesures impopulaires prises dans le cadre de programmes anticrise ». En tête des inquiétudes du responsable, les immigrés, clandestins aussi bien que légaux, qui sont des millions à travailler en Russie, surtout dans le secteur du bâtiment, désormais dans une crise profonde en raison du manque de liquidités et de crédits. « Les immigrants illégaux constituent aussi une source particulière d’inquiétude de même que les travailleurs étrangers légaux dupés par leurs employeurs », a noté M. Soukhodolski. Il a relevé que la criminalité avait augmenté de 8 % sur les onze premiers mois de 2008 par rapport à l’année précédente, et que 90 % de ces crimes avaient été « commis par des citoyens de pays de la Communauté des États indépendants », l’ex-URSS, moins les États baltes et la Géorgie. Les ONG et les médias rapportent aussi depuis plusieurs semaines une hausse importante du nombre d’immigrés licenciés sans être payés, et mettent en garde contre une hausse de la criminalité, non sans relents xénophobes. Le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda titrait ainsi la semaine dernière: « Les immigrés, perdant leur travail, commencent à dépouiller les Moscovites ». Moscou compte, selon la mairie, deux millions de travailleurs étrangers, essentiellement originaires de pays pauvres d’ex-URSS et notamment du Tadjikistan, mais seuls 10 % y travaillent dans la légalité. « Depuis l’automne, il y a une multiplication des cas où les ouvriers ne sont tout simplement plus payés. Ils ont fini leur boulot et on les met dehors, surtout dans le bâtiment », explique Karomat Charipov, qui dirige l’Association des travailleurs immigrés tadjiks. « Ils se font voler, pas une fois mais plusieurs fois. Que leur reste-t-il à faire ? Voler. Ils sont poussés à faire ça », estime M. Charipov, ajoutant que les autorités s’inquiètent « bien moins des meurtres racistes qui se multiplient depuis dix ans ». Mais le « mécontentement » est aussi croissant parmi les Russes, pour qui les difficultés économiques des années 1990 semblaient oubliées. En tête du hit-parade des réformes décriées, l’annonce par le Premier ministre Vladimir Poutine d’une hausse des taxes sur les voitures étrangères, qui a donné lieu à une série de manifestations, notables dans un pays où l’opinion a l’habitude de se taire. À Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, la protestation a été sévèrement réprimée dimanche, alors que de nombreux habitants vivent de l’importation de voitures japonaises. Après cette mobilisation d’envergure, le chef de la branche locale du parti Russie unie, le parti de M. Poutine, qui avait soutenu les exigences des manifestants, a donné sans explication sa démission lundi. Autre inquiétude, la hausse de la pauvreté, d’autant que le gouvernement, qui promet le maintien de toutes les dépenses sociales, a dû reconnaître que son budget 2009 sera déficitaire. La Russie est sévèrement touchée par la crise économique mondiale, qui a provoqué notamment une chute des prix des hydrocarbures, principale ressource en devises pour le pays.
Les autorités russes se sont inquiétées hier d’une envolée de la criminalité des immigrés et des risques de montée de la contestation en Russie face à l’aggravation rapide de la crise économique dans le pays. Le vice-ministre de l’Intérieur, Mikhaïl Soukhodolski, a mis en garde contre un « mécontentement croissant de la population active en raison de salaires non payés, de menaces de licenciement et de mesures impopulaires prises dans le cadre de programmes anticrise ».
En tête des inquiétudes du responsable, les immigrés, clandestins aussi bien que légaux, qui sont des millions à travailler en Russie, surtout dans le secteur du bâtiment, désormais dans une crise profonde en raison du manque de liquidités et de crédits. « Les immigrants illégaux constituent aussi une source particulière d’inquiétude...