Bachir EL-KHOURY
À travers l’acquisition de la branche locale de la Unicredit Banca di Roma, la Byblos Bank, déjà en expansion à l’étranger, entend élargir davantage son réseau local.
Désormais, c’est la Phénicie qui remplace Rome, place de l’Étoile, au cœur du centre-ville de Beyrouth. La branche locale de la Unicredit Banca di Roma tire enfin sa révérence après 89 ans d’activité sur le sol libanais pour céder sa place à la Byblos Bank, dont l’arsenal local s’élève actuellement à 76 agences. Sa nouvelle branche, située en face du Parlement, a ouvert officiellement ses portes avant-hier après des négociations de plusieurs mois entre les deux banques. Selon Alain Wanna, directeur général adjoint du groupe Byblos, l’emplacement stratégique ainsi que l’ancienneté de la Unicredit Banca di Roma sont les principales raisons ayant dicté cette opération. « Cette longue histoire implique une large clientèle et des relations bancaires solides », a-t-il souligné. Fin 2007, la banque disposait d’un total d’actifs de 80 millions de dollars, des crédits de 25,5 millions de dollars et des dépôts de clientèle de 66 millions de dollars. Elle occupait ainsi la 40e position en termes d’actifs, et la 38e en termes de crédits et de dépôts bancaires. La Byblos Bank, qui entend réhabiliter le bâtiment de la banque, veillera en parallèle à préserver ces acquis. D’ailleurs, « la loi sur la fusion des sociétés (Merger Law) stipule que toute société rachetant une autre doit assurer la continuité au niveau des opérations ainsi qu’au niveau de la clientèle. Nous œuvrerons ainsi à renforcer les services déjà proposés par la banque tout en en offrant de nouveaux », a ainsi souligné Wanna. Le montant total de l’acquisition n’a toutefois pas été dévoilé. Le directeur général adjoint du groupe s’est contenté de signaler qu’il s’agit « d’une petite opération étant donné que la banque italienne avait commencé à liquider ses opérations au Liban, allant d’une batterie de 5 agences jusqu’à une seule ». Cette démarche entreprise par la troisième banque libanaise en termes d’actifs s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’expansion locale, régionale et internationale qu’elle avait amorcée il y a plusieurs années – une stratégie portant, entre autres, sur l’achat d’agences de banques étrangères au Liban. La récente acquisition est d’ailleurs loin d’être un cas isolé ; auparavant, ce sont, entre autres, la Bank of Nova Scotia, la Wedge Bank Middle East ainsi que la ABN Amro Bank, qui sont tombées dans l’escarcelle du groupe.
Parallèlement, la banque s’est implantée au cours des dernières années dans plusieurs pays, dont l’Arménie, le Nigeria, la Suisse et les Émirats arabes unis (EAU). Elle est présente aujourd’hui dans 11 pays. « D’ailleurs, d’ici à cinq ans, près de 45 % de nos actifs proviendront de l’étranger », souligne Wanna.
Fin septembre, les actifs de la Byblos Bank avaient totalisé 10,86 milliards de dollars, en hausse de 14,5 % en termes annuels. Sur les neuf premiers mois de l’année, la banque a enregistré des profits nets de 79,1 millions de dollars, en hausse de 30,5 % par rapport à la même période de l’an dernier.
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