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Actualités - Chronologie

Le dossier des disparus, matière à polémique entre Aoun et Geagea

Une polémique a éclaté ce week-end entre le député Michel Aoun, chef du Bloc du changement et de la réforme, et le président du conseil exécutif des Forces libanaises (FL), Samir Geagea : le premier a accusé les FL d’être responsables d’une grande partie des disparitions, et le second l’a accusé en retour d’être « l’avocat de la Syrie ». C’est au cours d’une intervention devant des étudiants de l’Université antonine et de l’AUB que le général Aoun, et en réponse à une question portant sur le dossier des disparus, a lancé samedi une série d’accusations à l’encontre des Forces libanaises (FL). « Un grand nombre de ces disparus ont été enlevés à l’intérieur du territoire libanais et pas en Syrie, par des partis bien connus qui ont prétendu que les disparus sont arrivés en Syrie », a déclaré le général Aoun. À la question de savoir s’il pensait que les parents de détenus et de disparus lui tenaient rigueur pour sa visite à Damas, il a répondu : « Veulent-ils rester en guerre ? Il faut trancher. J’étais de ceux qui ont le plus pleuré, ressenti de la peine, connu l’exil et les souffrances, mais la guerre produit des victimes et des martyrs. Et cette guerre est finie. » Abordant la question de sa visite en Syrie, il a estimé que « ceux qui ont le plus critiqué cette visite sont ceux-là mêmes qui ont tué les martyrs ». « Qui a exécuté les officiers à bout portant ? a-t-il poursuivi. Qui a bombardé Yarzé, le ministère de la Défense et Baabda le 13 octobre (1990) ? Qui a bombardé l’ambassade de France et Mar Takla ? Qui a demandé aux Syriens d’entrer au Liban ? N’était-ce pas le gouvernement libanais ? L’opération du 13 octobre n’était-elle pas couverte par des partis, des religieux, des hommes politiques et les FL ? » Le général Aoun a également abordé le sujet des élections deux jours plus tôt, au Parlement, de cinq membres du Conseil constitutionnel. « Ce conseil a été politisé avant même d’être élu, a-t-il accusé. L’élection s’est transformée en tromperie. Il y avait une entente autour de certains noms qui commandent le respect. Il est vrai que beaucoup de juges candidats sont très respectables, mais il y avait une entente sur des noms particuliers. Et quand est venu le temps de voter, les choses ont pris une autre tournure. » Le député du Kesrouan a traité longuement du sujet des élections législatives, fustigeant ce qu’il a appelé la « culture du mensonge » et les habitudes de corruption comme l’achat de voix, se demandant comment il était possible de renouveler le mandat d’un député qui n’honore pas ses promesses. « Nous travaillons en équipe, et il faut que nous obtenions la majorité au Parlement afin que vous puissiez demain nous demander des comptes », a-t-il souligné. Geagea : « Aoun, premier défenseur de la Syrie » La réponse de Samir Geagea n’a pas tardé. S’exprimant à la Voix du Liban libre, il s’est demandé pourquoi « le général Aoun, qui a déclaré vouloir tourner la page avec la Syrie malgré le contentieux chargé qui les opposait, insiste à ouvrir les pages du passé avec les FL, et à y inscrire ce qui lui convient, ignorant les faits et les vérités ». Et de poursuivre : « Si le général Aoun est dérangé des critiques sur sa visite en Syrie, cela ne signifie pas qu’il doit s’en prendre aux FL par une série de mensonges et de déformations des faits, comme s’il complétait les tentatives syriennes de commettre des exactions à l’encontre des FL, de les accuser et de les juger, qui ont duré de 1993 à 2005. Je me demande comment le général Aoun se permet de dire que ce sont les FL qui ont bombardé Baabda et Yarzé le 13 octobre, et sur quelles bases il lance ces accusations vides de sens, oubliant que c’est l’armée syrienne qui a mené contre lui une vaste offensive, utilisant l’aviation. » « Que le général Aoun dise ce qu’il veut, a ajouté M. Geagea. Il n’arrête pas d’évoquer des officiers qui auraient été arrêtés et exécutés, mais qu’il précise qui sont ces officiers, quand ils ont été tués et dans quel cadre, sachant que, à cette époque-là, c’était lui qui avait déclaré une guerre visant à éliminer les FL complètement. » Sur la déclaration du député concernant les disparus et le fait qu’ils ne seraient pas arrivés en Syrie, le chef des FL a rappelé qu’il s’agissait de Libanais arrêtés par les Syriens et visités par leurs parents là-bas. « C’est comme si le général Aoun est devenu le premier défenseur de la Syrie et celui qui préserve le mieux ses intérêts au Liban », a-t-il constaté. Concernant les réserves émises par le général Aoun sur l’élection des membres du Conseil constitutionnel au Parlement, M. Geagea a exprimé son étonnement, se demandant « quelle est cette entente dont parle le groupe du 8 Mars », et « comment une élection peut être menée autrement suivant la Constitution et la loi ».
Une polémique a éclaté ce week-end entre le député Michel Aoun, chef du Bloc du changement et de la réforme, et le président du conseil exécutif des Forces libanaises (FL), Samir Geagea : le premier a accusé les FL d’être responsables d’une grande partie des disparitions, et le second l’a accusé en retour d’être « l’avocat de la Syrie ».
C’est au cours d’une intervention devant des étudiants de l’Université antonine et de l’AUB que le général Aoun, et en réponse à une question portant sur le dossier des disparus, a lancé samedi une série d’accusations à l’encontre des Forces libanaises (FL).
« Un grand nombre de ces disparus ont été enlevés à l’intérieur du territoire libanais et pas en Syrie, par des partis bien connus qui ont prétendu que les disparus sont arrivés en Syrie »,...