La priorité des uns et des autres
Le pays est clivé. C’est un fait. Ce n’est pas la vérité de La Palisse. Mais si l’on ne devait s’en tenir qu’aux médias, il y a tout de même des maladresses cocasses, pour ne pas dire choquantes. Tenez, ceci par exemple. Après une semaine astreignante que les bouchons assommants de la ville ont contribué à exacerber, j’ai opté pour un cocooning, le dimanche venu. Donc forcément, surfing sur le net et zapping sur TV. Vers 13 heures, deux événements sociopolitiques assez importants se déroulaient simultanément et donc étaient retransmis en live, chacune selon son camp, par nos chaînes locales et aussi par la TV syrienne. Nous en arrivons à ce qui m’a glacé les sangs. Quand vous avez la commémoration du meurtre d’un François el-Hajj, foudroyé à la fleur de l’âge, et tous les discours pour saluer son courage, notamment celui de son fils qui aurait fait pleurer la pierre, certains canaux de couleur bien connue trouvent le moyen de zapper cette retransmission chargée d’émotion et de patriotisme, lui préférant l’accueil, les éloges et l’encensement (ça tombe bien puisque cela se passait dans une église) de l’archevêque Youssef Anis Abi Aad adressés à Michel Aoun et son épouse à Alep.
C’est un détail, me diriez-vous. Mais qui devient de taille au moment où vous réalisez qu’il résume l’esprit de tout un pays, hélas sclérosé.
Lina SINNO
Charme chocolat et élégance libanaise
On se sera demandé jusqu’au bout, pendant l élection de Miss France, si le charme chocolat allait, à l’instar de l’élection du président Obama, jouer chez les reines de beauté. Et bien, les Français ont suivi et ont laissé tomber les mèches blondes !
Et quid de la haute couture française, me direz-vous, en admirant toutes ces miss habillées par un créateur libanais ? La France et les Français nous étonneront toujours.
Dolly TALHAMÉ
Rouler à Beyrouth
Il y a quelques jours, en un mardi pluvieux, les deux pneus de ma voiture fussent déchiquetés à cause d’une mare en nid-de-poule. Je me suis demandé donc ce que pourrait servir ma contribution annuelle au service de la Mécanique... Et aussi à quoi pourrait servir la ceinture de sécurité. Chez les Gaulois, le comble aurait été que le ciel leur tombe sur la tête, mais en voiture, il ne pourrait servir que d’éviter de tomber par la porte, surtout en comptant une heure et demie pour un trajet ou un tronçon de moins de deux kilomètres. Mais moi, je suis un fan de la chanson « En voiture, en voiture, attachez vos ceintures... ». Un citoyen normal qui aurait renversé ou tué quelqu’un aurait pourri quelque temps en prison,avec une police d’assurance obligatoire bidon qui couvre pourtant les accidents corporels survenus aux tiers ainsi que les conséquences financières y relatives, même si le conducteur roulait en sens interdit.
Je me rappelle de l’affaire Boulin, évoquée dans le livre Affaires d’ un septennat aux temps de Giscard d’Estaing. Il s’agissait, on s’en souvient, de ce ministre français qui s’était suicidé. La raison ? La veille, un collégien avait péri lors d’une manifestation.
Que Dieu nous préserve des imprévus, des coups de feu en signe de réjouissance et des accidents de la voie publique.
Amal DAMIEN
Couleuvres à avaler
D’abord on est parti avec Abou Adass, qui serait derrière l’assassinat de Rafic Hariri (et qui ne sait pas qui est Abou Adass ?...). Ensuite, c’est la bande à Chaker el-Absi (et qui ne sait pas qui est Chaker el-Absi ?), subventionnée – veut-on nous faire croire – par Saad Hariri, qui serait l’instigateur de l’attentat de Damas.
Non mais, c’est bien des couleuvres qu’ils essayent de nous faire avaler.
Je me reprends :
1/ C’est un radical sunnite qui a assassiné Hariri – c’est bien ça, non ?
2/ Ce même courant sunnite radical serait subventionné par Hariri fils !
Non, tout cela me dépasse!
Diala EL-YAFI
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