Les pays membres de l’OPEP pourraient annoncer demain la plus importante réduction de production de l’histoire du cartel, pour tenter de soutenir un prix du baril plombé par la baisse de la demande et l’accumulation des stocks. Plusieurs d’entre eux plaident pour une réduction des quotas globaux pouvant aller jusqu’à deux millions de barils par jour (bpj), afin de mettre fin à la chute des cours qui a amputé le prix du baril de plus de 100 dollars depuis juillet.
« Nous devons agir, nous envisageons une réduction de taille », a déclaré le secrétaire général du cartel, Abdullah al-Badri, à son arrivée en Algérie hier.
Le président de l’OPEP, Chakib Khelil, a approuvé.
« Tout le monde est favorable à une réduction, je n’ai aucun doute à ce sujet », a-t-il dit.
Le pétrole brut léger américain, principale référence du marché, gagnait près de quatre dollars le baril après ces déclarations, juste en dessous de 50 dollars. Mais malgré cette hausse marquée, il est très loin du seuil des 75 dollars considéré désormais par l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial, comme le « juste prix ».
L’OPEP a pourtant déjà réduit ses quotas de production de deux millions de barils par jour, soit 7,3 %, au total au cours de ses deux dernières réunions. Mais elle semble déterminée à doubler la mise cette semaine.
L’Arabie saoudite n’a pas encore dévoilé sa position officiellement, mais selon Khelil, Riyad a déjà diminué ses pompages, anticipant ainsi sur la décision de la réunion d’Oran.
« Les Saoudiens ont déjà pris une décision en avance sur la réunion, comme vous le savez, ils ont réduit leur offre au marché de 8 %, ce qui a eu un effet sur le marché », a-t-il dit aux journalistes.
La Russie mise à contribution
La priorité pour l’OPEP – qui regroupe plus d’un tiers de la production mondiale – est de fixer un plancher au prix du baril, qui a failli tomber sous 40 dollars il y a quelques jours.
L’organisation pourrait ainsi donner tort aux analystes spécialisés de grandes banques qui ont prédit récemment un brut à 30 dollars, voire en dessous, au premier trimestre 2009.
L’Iran, deuxième producteur de l’organisation, a annoncé qu’il proposerait à Oran une réduction de la production de 1,5 à deux millions de bpj. Les économistes estiment que Téhéran a besoin d’un baril proche de 80 dollars pour éviter une diminution trop forte des recettes pétrolières qui mettrait en péril son budget.
« Je crois que 2009 sera une année très difficile, a dit Khelil. Nous sommes très pessimistes pour la demande. » Celle-ci représente actuellement quelque 86 millions de bpj.
Le président de l’OPEP a reconnu qu’il faudrait plus de six mois pour résorber l’excédent d’offre si l’OPEP réduisait ses quotas de deux millions de bpj.
Dans ses efforts, l’OPEP espère pouvoir compter sur des soutiens extérieurs : « Nous n’avons demandé de réduire (la production) à personne d’autre, mais j’espère qu’ils agiront et qu’ils soutiendront le marché », a dit Badri.
Jusqu’à présent, les tentatives de coopération avec les producteurs hors OPEP n’ont pas donné de résultats très convaincants. Mais cette année, la rapidité et l’ampleur de la chute des cours pourraient modifier la donne. Notamment en ce qui concerne la Russie, le plus gros producteur extérieur à l’OPEP, qui a dépêché en Algérie les principaux responsables politiques du secteur de l’énergie et des dirigeants de plusieurs compagnies publiques.
Selon le PDG de Loukoil, l’OPEP attend de la Russie qu’elle propose une réduction de sa production de 300 000 bpj.
En 2001, l’OPEP avait réduit ses quotas de cinq millions de bpj en quatre étapes, soit une diminution de 19 %, enclenchant une hausse des cours qui a duré six ans et porté le baril de brut américain à plus de 147 dollars.
La réunion ministérielle d’Oran débutera officiellement demain. Auparavant, le comité ministériel de surveillance, chargé de suivre les statistiques du marché, se réunit aujourd’hui.
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« Nous devons agir, nous envisageons une réduction de taille », a déclaré le secrétaire général du cartel, Abdullah al-Badri, à son arrivée en Algérie hier.
Le président de l’OPEP, Chakib Khelil, a approuvé.
« Tout le monde est favorable à une réduction, je n’ai aucun doute à ce sujet », a-t-il dit.
Le pétrole brut léger...