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Bush et Obama pressent le Sénat de sauver les constructeurs automobiles

Le président sortant George W. Bush et son successeur Barack Obama ont joint leurs voix hier pour sauver les constructeurs automobiles de la faillite et convaincre une minorité de sénateurs de ne pas saborder un plan dont le sort incertain dépend entièrement d’eux. « En cette période de grandes difficultés pour notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre d’assister sans rien faire à l’effondrement de ce secteur », a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse à Chicago, le jour où étaient publiées de nouvelles données officielles record sur le chômage. Laisser les trois grands de Detroit (Ford, et surtout General Motors et Chrysler) faire faillite aurait un effet « dévastateur » sur l’économie, et l’État fédéral doit immédiatement leur apporter une aide financière à court terme, a-t-il dit. Une proposition de loi actuellement devant le Congrès constitue un « pas important », a-t-il estimé. Le texte vient d’être adopté par la Chambre des représentants. Son sort dépend désormais de l’autre Chambre, le Sénat, où son approbation est tout sauf acquise. L’administration de M. Bush, qui a négocié et qui soutient le texte, se démenait pour rallier une partie des républicains qui résistent. Les républicains sont minoritaires dans les deux Chambres, mais ils peuvent se servir de la procédure pour rejeter la proposition de loi. Pour ajouter à l’incertitude, certains démocrates ont eux aussi leurs objections. La porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino, a parlé de chance « réaliste » que la loi soit adoptée le jour même. M. Obama a dit espérer un accord cette semaine. Mais Mme Perino était bien forcée d’admettre que l’issue était incertaine : « Je ne sais pas ce qui va se passer (...) et nous savons que ce sera un vote difficile. » L’administration Bush et les démocrates, ses adversaires majoritaires au Congrès, essaient depuis plusieurs jours de faire adopter urgemment le plan sans lequel un géant de l’automobile comme General Motors dit qu’il pourrait ne plus être en mesure d’honorer ses créances d’ici à la fin de l’année. La proposition devant le Congrès prévoit d’accorder à General Motors et Chrysler une aide de 14 milliards de dollars pour se maintenir à flot jusqu’au 31 mars. Ford dit ne pas avoir un besoin aussi urgent de liquidités. Les constructeurs automobiles, avec toutes les parties intéressées (directions, syndicats, etc.), devraient élaborer d’ici au 31 mars des plans de restructuration garantissant leur retour à la viabilité à long terme. Le président nommerait dans les prochains jours un responsable (communément appelé « tsar de l’automobile ») ayant autorité sur le sauvetage. S’il estimait que les plans de restructuration n’assurent pas la viabilité à long terme, il devrait demander le remboursement par les constructeurs de l’aide publique déjà versée et soumettre son plan de restructuration, avec la possibilité de réclamer la mise en faillite. Cette nouvelle intervention gouvernementale dans le privé met à l’épreuve les principes, révérés aux États-Unis, de la libre entreprise. Certains sénateurs républicains disent que les constructeurs doivent assumer la loi du marché et leurs erreurs, et être mis en faillite, qu’ils s’en remettent ou non. D’autres, moins intransigeants, estiment que le « tsar de l’automobile » doit avoir des pouvoirs encore plus contraignants. Selon sa porte-parole, M. Bush et ses collaborateurs devaient passer la journée à essayer de convaincre les récalcitrants. Ils devaient faire valoir que le « tsar de l’automobile » avait des pouvoirs étendus, que le plan ne laissait qu’une alternative aux constructeurs (la restructuration ou la faillite) et que le contribuable rentrerait dans son argent. Ils devaient aussi faire valoir un argument massue, le jour où le département du Travail annonçait que le nombre des Américains demandant pour la première fois des indemnités chômage avait atteint son plus haut depuis 26 ans. « Nous pensons que l’économie est tellement affaiblie en ce moment qu’ajouter la perte possible d’un million d’emplois est quelque chose que notre économie ne pourrait pas supporter », a dit Mme Perino.
Le président sortant George W. Bush et son successeur Barack Obama ont joint leurs voix hier pour sauver les constructeurs automobiles de la faillite et convaincre une minorité de sénateurs de ne pas saborder un plan dont le sort incertain dépend entièrement d’eux.
« En cette période de grandes difficultés pour notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre d’assister sans rien faire à l’effondrement de ce secteur », a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse à Chicago, le jour où étaient publiées de nouvelles données officielles record sur le chômage.
Laisser les trois grands de Detroit (Ford, et surtout General Motors et Chrysler) faire faillite aurait un effet « dévastateur » sur l’économie, et l’État fédéral doit immédiatement leur apporter une aide financière à court terme,...