Les avaries qui ont déjà contraint sept skippeurs à l’abandon, dont Loïck Peyron mercredi, ne surprennent pas les ténors du Vendée Globe, qui admettent que jamais un tour du monde à la voile ne s’était couru sur un tel rythme, épuisant les hommes et les bateaux.
« On savait qu’il allait y avoir de la casse », commentait hier Vincent Riou (PRB), en réponse à une question sur le démâtage de Loïck Peyron (Gitana Eighty), « statistiquement, on sait que 40 % des bateaux ne finissent pas le Vendée Globe, donc les accidents comme ceux que l’on a vécus font partie du jeu ».
Vainqueur de la précédente édition en 2005, Riou pointait hier à 91 milles du premier, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), mais n’avait pas l’intention d’accélérer.
« Les vitesses moyennes des leaders ne sont pas déraisonnables car nos bateaux peuvent atteindre et se maintenir à ces allures sans problème, expliquait-il. Par contre, ce qui me semble dangereux, c’est de les mener à cette allure dans les conditions de mer que nous avons actuellement. »
Plus gouailleur, bougon et provocateur que Riou, Jean Le Cam (VM Matériaux), deuxième du Vendée Globe 2004-2005, peste depuis un mois : « On bourrine ! Jamais, il y a quatre ans, je n’aurais accepté de naviguer comme ça ! »
D’abord soucieux de la bonne santé de son navire, Le Cam passe de sales moments et avoue : « Quand on sait que le bateau souffre, on est plus que jamais en éveil, à l’affût du craquement plus suspect que les autres, de l’insolite qui signifiera qu’on est allé trop loin. »
Même si, pour lui, l’accident mécanique est chose normale en compétition : « On veut toujours faire des mâts plus hauts et des mâts plus légers, donc le démâtage est quelque chose qui fait partie de l’univers de la course à la voile. Nul n’est à l’abri de ce genre de truc. »
Formule 1 des mers
Tous s’attendent à ce que d’autres leaders soient victimes d’avaries dans ce tour du monde transformé en régate, où hommes et bateaux luttent quasiment au rythme d’une Solitaire du Figaro.
Paradoxalement, la tête de flotte est un peu en retard sur les temps de passage de l’édition précédente. Mais la tempête du départ dans le golfe de Gascogne et des conditions de vent plus difficiles dans l’Atlantique Sud rendent les deux parcours difficilement comparables.
Après le démâtage de Gitana Eighty, la question de la solidité des navires est de nouveau posée. Et la réponse reste la même : les bateaux qui visent la « gagne » sont de véritables formule 1 des mers, merveilles de technologie et de légèreté poussées au maximum de leurs possibilités. Donc vulnérables.
« On le sait très bien, après, chacun fait comme il le sent », insiste Riou. Pour lui, malmener le bateau pour gagner des milles « est toujours un pari sur l’avenir, et c’est à l’arrivée qu’on comptera les points ».
Le risque est d’autant plus assumé par les skippeurs qu’ils ont l’impression que leur vie n’est pas en jeu. Les bateaux de nouvelle génération ont été fortement améliorés sur le plan de la sécurité. Malgré sept abandons, aucun marin n’a encore été sérieusement blessé ou mis en danger depuis le départ.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les avaries qui ont déjà contraint sept skippeurs à l’abandon, dont Loïck Peyron mercredi, ne surprennent pas les ténors du Vendée Globe, qui admettent que jamais un tour du monde à la voile ne s’était couru sur un tel rythme, épuisant les hommes et les bateaux.
« On savait qu’il allait y avoir de la casse », commentait hier Vincent Riou (PRB), en réponse à une question sur le démâtage de Loïck Peyron (Gitana Eighty), « statistiquement, on sait que 40 % des bateaux ne finissent pas le Vendée Globe, donc les accidents comme ceux que l’on a vécus font partie du jeu ».
Vainqueur de la précédente édition en 2005, Riou pointait hier à 91 milles du premier, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), mais n’avait pas l’intention d’accélérer.
« Les vitesses moyennes des leaders ne sont pas...